« Maurice est le seul pays au monde où le gouvernement s’engage pour la promotion des langues. C’est pour vous dire combien nous aimons notre population », a soutenu le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee. C’était lors d’une conférence de presse à son bureau ce matin, dans le cadre de la célébration de la journée internationale du télégou, prévue pour ce vendredi. L’invité d’honneur à cette journée est le professeur Veturi Anandamurthy de l’État d’Andhra Pradesh.
Mookhesswur Choonee a précisé qu’avec les douze Speaking unions créées, le gouvernement fait tout pour que chaque composante de la population se sente à l’aise. Revenant sur la promotion de la langue télégou, il souligne qu’il y a une chaîne de télévision qui y est consacrée de même que de nombreuses activités dont le Telegou drama festival. Le gagnant décroche un voyage dans l’Andra Pradesh. M. Choonee soutient que lorsque les Mauriciens font le déplacement pour la Grande Péninsule pour le Ramanaya chanting, les Indiens sont agréablement surpris de constater leur niveau de langue et de connaissance, s’interrogeant même sur ce qui a été fait dans l’île pour la préservation de la langue et de la culture indienne.
Mookhesswur Choonee a remercié le professeur Veturi Anandamurthy pour sa contribution à la consolidation et à la dissémination de la langue télégou à Maurice.
Bien que le gouvernement fasse beaucoup pour préserver les langues ancestrales, il a lancé un appel à M. Anandamurthy pour qu’il continue à soutenir le travail effectué en ce qui concerne le télégou pour le consolider. « We need input and ressource person from your country », a déclaré M. Choonee.
Le ministre de l’Environnement, Deva Virahsawmy, a quant à lui rappelé que M. Anandamurthy est venu à Maurice pour la première fois en 1966 sous la Colombo Convention. Il indique que c’est lui qui a aidé à développer le programme de formation des enseignants de télégou et le programme d’enseignement dans les établissements scolaires de Maurice.
Le professeur Anandamurthy devait faire un long discours en télégou avant de préciser le contexte dans lequel évolue cette langue à Maurice, soit dans une situation de multilinguisme, plus particulièrement aux côtés du créole. Selon lui, si le créole est la langue maternelle de la grosse majorité des Mauriciens, cela n’empêche pas le télégou d’avoir sa place. Ainsi, il estime que dans le contexte familial, les parents peuvent enseigner le télégou et surtout le pratiquer avec les enfants. C’est une des manières de le garder vivant, dit-il, en insistant qu’une langue est un outil de communication.
Prenant la parole à son tour, Ramsamy Appadoo, président de la Telegu Speaking Union, a donné des détails sur les activités qui ont lieu dans le cadre de la journée internationale du télégou, observée à Maurice pour la quatrième année consécutive. Le président du Mauritius Telegu Cultural Centre Trust (MTCCT), Ramdass Ellayal, devait quant à lui se prononcer sur un changement de stratégie en ce qui concerne l’enseignement de la langue. Outre les cours bien structurés qui existent déjà, il souligne que cela peut se faire dans les temples, à travers les chants dévotionnels, car ceux qui chantent le font en télégou et ce même s’ils n’ont pas appris la langue sur les bancs de l’école, ou en y incluant des mots télégous dans la langue créole.
Les activités dans le cadre de cette journée démarre demain, jeudi 28 août.