Premier médecin à avoir lancé la télémédecine à l’hôpital où il travaille à Londres, le Dr Dominique Ahkye, médecin interne, spécialiste en maladies respiratoires, se dit prêt à mettre son expertise au service de son pays natal. Suite à la fascination suscitée par cette merveille technologique, au cours d’une présentation qu’il a faite l’an dernier à Maurice, le médecin est de retour au pays pour sensibiliser davantage aux avantages du Visio RT. Une rencontre « très positive » a eu lieu lundi au ministère de la Santé. Le médecin et son équipe ont ainsi eu le feu vert pour sensibiliser le personnel soignant des hôpitaux. Présenté comme un outil moderne et efficace, le Visio RT permet « la réduction substantielle du coût de la Santé pour l’Etat et une meilleure qualité de vie pour les patients ». Des rencontres avec des cliniques et compagnies d’assurances sont également au programme.
Fort de ses vingt années d’expérience en médecine interne en Angleterre, le Dr Dominique Ahkye veut faire profiter son pays de cet outil « simple, efficace et rentable » pour les patients souffrant de maladies chroniques. Porté par le patient, le moniteur Visio RT, sans fil, de la compagnie Virtual Health Ltd dirigée par le Dr Ahkye, offre au patient la liberté de se déplacer. Les patients séjournant à l’hôpital ou à la clinique, peuvent ainsi être plus « autonomes et aller aux toilettes sans avoir à demander aux infirmiers de débrancher des fils, ce qui leur donne plus de dignité et de liberté. Les observations sont effectuées par le système en permanence et envoyées au poste de soins des infirmiers ».
Le moniteur détecte une série de signes vitaux ainsi que d’autres données telles la fréquence cardiaque, l’ECG, la température, l’activité respiratoire, la température de la peau, le coeur et la position du corps (assis/debout/chute). Il est en effet possible de détecter une chute au cas où la patient serait seul chez lui. Des capteurs y sont connectés pour permettre la prise du pouls et pour mesurer le taux de glycémie entre autres. Les données, selon le Dr Ahkye, sont fiables et précises, et depuis son lancement, aucun élément négatif n’a été soulevé. Des capteurs supplémentaires avec connexion sans fil peuvent y être reliés. « Toutes ces données sont transmises soit à un réseau de surveillance à la clinique ou à l’hôpital ».
Le Visio RT, on l’aura compris, permet au patient d’être suivi à distance par son médecin ou par des infirmiers. « Le médecin, même lorsqu’il n’est pas à l’hôpital ou chez le patient, peut à distance, à partir d’une tablette tactile par exemple, suivre en direct les données du patient et voir si tout va bien. Si j’ai deux patients à Maurice, je peux faire leur suivi de Londres… » explique le Dr Ahkye. Cela évite d’autre part à l’infirmier ou l’infirmière d’avoir, à chaque fois, à se déplacer pour faire un relevé des signes vitaux du patient. « Tout est fait automatiquement ». De plus, « souvent, l’infirmier est occupé avec le patient et entretemps, personne ne voit pas s’il y a quelque chose d’anormal sur l’écran ». Avec le Visio RT, « il y a un suivi des signes vitaux du patient en temps réel qui sont envoyés en direct au médecin. Et, une mémoire dans le système maintient ces données pour le besoin d’analyses futures. It’s simple to use, log, transmit and export data ».
La productivité dans le milieu hospitalier est ainsi augmentée et les éventuelles erreurs humaines évitées. Le moniteur Visio RT aide le patient à gérer sa propre maladie. Il n’est plus nécessaire pour lui de se faire admettre à l’hôpital pour un suivi. « C’est du temps gagné et le coût pour le patient est moindre ! ».
Cette méthode révolutionnaire peut profiter notamment aux patients souffrant de diabète – première maladie affectant les Mauriciens et qui de surcroît engendre nombre d’autres complications ; de maladies cardiaques ; d’accident vasculaire cérébral ; de maladies respiratoires chroniques telles la bronchite et aux personnes âgées.
Sensibilisant une compagnie d’assurances hier, le Dr Ahkye devait mettre en avant : « Si cet outil permet de réduire les séjours du patient en hôpital, cela sera bien entendu plus économique pour la compagnie. Et, si le patient arrive à vivre plus longtemps parce qu’il a une meilleure qualité de vie en n’ayant pas à se rendre fréquemment à l’hôpital où il peut contracter d’autres maladies, il contribuera davantage à l’assurance ».