Dans le cadre de la Journée mondiale des Droits des Consommateurs, aujourd’hui, la Consumer Advocacy Platform (CAP), nouvelle plateforme pour la défense des droits des consommateurs, exhorte l’Information Communications and Telecommunications Authority (ICTA) à rendre effective la portabilité à Maurice « dans les plus brefs délais ».
Changer d’opérateur tout en conservant son numéro de téléphone mobile : c’est ce qu’il faut entendre par portabilité. Les objectifs de cette démarche sont notamment de « permettre aux consommateurs de disposer d’une liberté de mouvement et de bénéficier de meilleurs tarifs et d’un service de meilleure qualité ». Le recours à cette fonctionnalité devrait permettre « plus de concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile ».
Par ailleurs, « le consommateur ne sera plus un client captif d’un opérateur du fait de son numéro qui est comme une “carte d’identité”. La portabilité de numéro permet de supprimer les entraves au libre choix des consommateurs et donc de garantir le développement d’une concurrence effective dans le secteur de la téléphonie mobile ».
L’une des principales propositions que fera la CAP à l’ICTA la semaine prochaine est la possibilité de changer d’opérateurs sans changer de numéro de téléphone.
Mosadeq Sahebdin de la CAP souligne que la question de portabilité a été évoquée depuis 2003 et a ensuite été mentionnée à nouveau lors des discussions autour de la migration à 8 chiffres. Toutefois, elle n’aurait jamais fait l’objet de discussions sérieuses. La CAP regrette « l’absence de consultations concrètes avec les organisations de consommateurs ces dernières années ».
Pour la CAP, dans une perspective plus citoyenne, « la portabilité devrait permettre à l’État de répondre à l’attente des citoyens qui est l’égalité devant le service public quelle que soit sa localisation dans l’espace géographique du pays d’une part et l’accessibilité financière aux télécommunications pour les consommateurs défavorisés, d’autre part ».
La portabilité permettrait ainsi de participer à la lutte contre la pauvreté vu « le fort taux de pénétration du téléphone mobile dans le pays et son utilisation qui s’est “démocratisée” pour des besoins économiques par les acteurs de divers secteurs ».
La CAP souligne que pour essayer de contourner le problème de non-portabilité, « les consommateurs recourent à divers procédés dont l’achat de plusieurs portables, de puces des différents opérateurs qu’ils utilisent à tour de rôle sur le même téléphone selon leur avantage ; l’achat de portable pouvant porter une double puce et le changement d’opérateur vers le plus avantageux ».
Malgré tout cela, estime la CAP, les consommateurs rencontrent divers obstacles les empêchant de profiter pleinement des avantages offerts par les opérateurs concurrents. Parmi, « la peur de perdre son numéro par lequel leurs contacts les connaissent en changeant d’opérateur pour un autre, plus avantageux. Il y a aussi la cherté du portable avec la double puce ou l’achat de plusieurs portables et l’inconfort d’avoir avec soi plusieurs portables et les risques de les perdre ».
Pour la CAP, une campagne d’information des consommateurs est nécessaire car « très peu connaissent la portabilité ».
La CAP demande par ailleurs la mise en place d’une instance, au sein de l’ICTA, spécialement dédiée à la protection des droits des consommateurs car elle doute « que l’ICTA dispose d’un mécanisme efficace pour régler les doléances des consommateurs ».
La portabilité existe dans de nombreux pays. Elle a même fait une entrée fulgurante en Afrique ces dernières années. En France, la portabilité est effective depuis le 7 novembre 2011. Au Luxembourg, elle est effective depuis 2006 et aux États-Unis, depuis 2003.