Lancement au Sapin, samedi dernier, du projet collectif de To-Tem pour exposer la world music mauricienne. Une entrée en matière intéressante, qui propose une alternative sonore.
Du jazz, un peu de tango dans la sauce du seggae, une dose d’africanisme dans l’expression orale du créole : To-Tem est un brassage de sons pour sonner world. Dans ce processus, le trio Zanzak, Denis Fricot et Saya a su mettre en lumière cette volonté. Avec un discours cohérent et un jeu plaisant, l’introduction de ce projet a été bien accueillie.
Sur le plan de la prestation, on a senti Zanzak à l’aise. Il était dans son élément. Cela a été un peu plus difficile pour Saya, mais les frères de son ont pu s’en sortir dans l’ensemble. Denis Fricot est resté fidèle à son jeu, toujours en finesse, avec des textes habilement enchaînés, mais l’homme a été un peu timide par moments, évitant des prises de risque. La présence du tabla ne fut pas très convaincante dans la musique de Fricot, manquant de présence et de diversité. En revanche, Fabien Thomas, le neveu du trompettiste national Philippe Thomas, a fait preuve d’aisance et de vivacité dans son jeu.
Ce trio qui s’avance dans la voie vers une sonorité universelle par la musique actuelle, propose une partition musicale bien élaborée, avec ici et là quelques flottements. Zanzak s’en sort bien, car il arrive à imprégner ce style et à symboliser l’état d’esprit de ce genre de son. Saya manque encore de rigueur et de tenue pour titiller l’univers world. Mais, comme il le souligne, ce n’est que le début de l’histoire.
To-Tem est sorti de l’ombre : il lui faut du temps pour s’adapter à la lumière du jour.