« Conviction, obstination et perfection ». Ce sont les trois caractéristiques incarnées par Mgr Amédée Nagapen aux yeux de son neveu, Jean-Laval Nagapen. Dimanche, lors des obsèques du prolifique écrivain du Diocèse de Port-Louis, il a rendu hommage à « l’historien, au journaliste, au prêtre, à l’oncle, au parrain et à l’homme » qu’a été Amédée Nagapen.
« Il s’est intéressé à mon éducation personnelle », devait confier Jean Laval Nagapen dans son témoignage. Il garde en mémoire « ses encouragements » et « son caractère enjoué ». C’est cet oncle, se souvient-il, qui lui offrit son premier ticket de cinéma. Selon le neveu, si Amédée Nagapen a connu une aussi belle carrière d’historien « dès le collège (NdlR : Collège Royal de Port-Louis), c’est qu’il écrivait des nouvelles ». Dans la famille, devait-il ajouter, la mère ainsi que d’autres membres avaient emprunté un parcours similaire. « Son amour de la langue française m’a subjugué », se souvient-il encore. Au nom de la famille, Jean Laval Nagapen a remercié tous ceux qui sont venus rendre un témoignage de reconnaissance à son oncle.
Pour sa part, Allan Driver, de l’imprimerie Alfran qui a imprimé nombre de ses publications, garde le bon souvenir de « quelqu’un de très méticuleux. On a beaucoup appris avec lui ».
M.A, de l’Indo Mauritian Catholic Association (IMCA), a 80 ans. Le Mauricien l’a rencontré le jour des funérailles à la Cathédrale Saint-Louis. Depuis son accident en février dernier — survenu le jour même où il fut invité chez les Chowriamah, également de l’IMCA, à un déjeuner en l’honneur de Mgr Nagapen — c’est la première fois qu’il sort de chez lui. « J’ai tenu à assister à ses obsèques. J’ai connu Amédée Nagapen alors qu’il était élève à l’école primaire Saint Jean Baptiste. Il venait y suivre des cours de catéchisme dispensés par des frères des écoles chrétiennes. Je l’ai toujours connu comme une personne très affable, très humble, ayant beaucoup d’empathie, de rigueur morale et intellectuelle. Il avait aussi une grande foi. C’était un travailleur infatigable, servant l’Église avec beaucoup de dévouement ».
Les époux Marcel et Marceline Chowriamah ont également assisté aux obsèques. Marceline témoigne en larmes : « Il est venu chez nous récemment, en février. J’avais organisé pour lui un déjeuner et il a béni notre maison. » Marcel Chowriamah ajoute : « Il a célébré notre mariage en 1979. Nous avons eu beaucoup d’échanges à travers les diverses activités de l’IMCA. Lorsque l’association avait fait venir le haut commissaire de l’Inde en 1977, Mgr Nagapen avait représenté l’évêque catholique d’alors, le cardinal Margéot, qui était absent du pays. » Le couple se dit heureux d’avoir « beaucoup appris sur l’Histoire des chrétiens d’origine indienne à Maurice » grâce à Mgr Nagapen. Ils retiennent du défunt prêtre « une grande simplicité » en dépit de la « grande connaissance qu’il avait sur l’Histoire des catholiques à Maurice ».