La séance urgente du conseil de Port-Louis convoqué par le Lord maire Mamade Kodabaccus hier après-midi n’a pas permis de trouver une solution au problème des marchands ambulants, actuellement interdit d’opération par les forces de l’ordre uniquement dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. La raison : seuls neuf conseillers étaient présents à cette séance spéciale. Pour les marchands ambulants, malgré l’engagement de la mairie visant à trouver une solution adéquate à ce problème, « c’est un retour à la case départ ».
Les marchands ambulants ont envahi jeudi soir la Place des droits humains, située devant la municipalité de Port-Louis, afin de faire entendre leurs griefs au Lord maire Mamade Kodabaccus et exiger qu’une décision soit prise le plus vite possible en leur faveur. Mais « la mairie ne peut aller à l’encontre de la décision juridique », a soutenu le Lord maire hier après-midi à la presse, après que la séance urgente du conseil municipal a été reportée à une date ultérieure faute de quorum. Cette séance avait été programmée pour prendre une décision concernant l’emplacement « temporaire » des marchands depuis que leurs opérations ont été interdites dans un rayon de 500 mètres du Marché central. Le Lord maire explique l’absence de certains conseillers à cette séance spéciale par le fait qu’elle a été convoquée à la dernière minute ; seuls neuf sur treize membres du conseil étaient présents. Il faut maintenant attendre la semaine prochaine, dit le Lord maire, qui ajoute que c’est le ministère des Infrastructures publiques qui emet les regulations. « J’avais pris l’engagement avec les marchands ambulants de trouver une solution à cette situation hier (ndlr : jeudi soir) mais selon le Legal Adviser ce serait aller à l’encontre de la loi ». Répondant aux questions de la presse, le Lord maire a affirmé que la police est appelée à faire son travail et faire respecter la loi. « Nous ne souhaitons pas de confrontation avec les marchands ambulants. Nous tentons de régler le problème le plus vite possible. Mais les contrevenants seront sanctionnés ».
« Nou finn tap laport tou dimounn. Nou finn atann enn reaksion. Nou finn atann ki lord maire rant dan pei pou ki nou kapav koz ek li ek se seki nou finn fer yer », explique Hyder Raman, président de la Street Vendors Association. Soutenant que la loi régissant les marchands ambulants est « archaïque et complètement dépassée », il propose que les marchands ambulants soient reconnus en tant que Street Traders. « Koumsa nou sitiasion li regilarise, nou pou aret persekite ek nou pou donn nou kontribision la meri », dit-il, expliquant que le Street Trader sera appelé à payer un loyer à la municipalité et un licence fee annuel. « Vini ek bann amandman », demande-t-il aux autorités compétentes.
Plan de relogement
En attendant qu’une solution soit trouvée, la question d’une temporary hawkers zone dans les rues de la capitale, avant même que le site soit choisi, exaspère les commerçants. « Temporaire oui mais pour combien de temps ? » s’interrogent-ils. « À Maurice, tout est possible. Même lorsque vous êtes dans l’illégalité. Alors que les forces de l’ordre font leur travail en appliquant la loi, les perturbateurs n’ont qu’à manifester devant la municipalité pour que le Lord maire fléchisse », affirment certains. Pour le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice (FCCIM), qui dénonce le laxisme de la municipalité, « li kler ki bizin respekte enn lord lakour. La police ena bann moyin neseser pou fer respekte lord ». Concernant la possibilité qu’une temporary hawkers zone soit décrétée (hors du rayon de 500 mètres du Marché central), son président, Raj Appadu, affirme qu’une telle décision ne l’ennuie pas « tant que les marchands ne sont pas relogés devant les magasins ». Au cas contraire, la mairie aura à traiter une autre protestation : celle des commerçants de Port-Louis.
Hyder Raman soutient pour sa part que les marchands accueillent favorablement les solutions de relogement soutenues par la mairie. Trois sites possibles ont été identifiés : l’ancien bâtiment de la National Transport Authority (NTA), la rue Moneron et la place de l’Immigration à côté de la gare du Nord. « Il ne faut pas oublier qu’il s’agit là du gagne-pain de 2 000 personnes. »
Du côté de la mairie, on indique que la balle est désormais dans le camp du gouvernement. « Le relogement temporaire des marchands ambulants dans d’autres zones de la capitale est souhaitable en attendant que les projets de la mairie soient agréés par le gouvernement. Donn nou bann later-la pou ki nou mett anplas nou bann proze. » Par ailleurs, dans un communiqué datant du 7 septembre, la police a demandé aux marchands ambulants opérant dans cette zone « to comply to the judgment of the supreme court delivered on 16th August 2012 ». Et de réclamer aux protagonistes « to refrain from engaging in any street action, such as illegal demonstration, unlawful assembly that is likely to jeopardize the public order and public safety ».
Notons qu’aucun marchand ambulant n’était présent devant la mairie hier et le président de la SVA n’était pas présent non plus pour la réunion du conseil.