MCCI : « Une indication que la croissance ne décollera pas cette année »
L’indicateur synthétique du climat des affaires, aussi connu comme le “Baromètre MCCI”, a subi un nouveau repli (-2,1 points) au cours du troisième trimestre 2014 pour s’établir à 77,5 points, soit le plus bas niveau depuis son lancement, début 2010. Pour la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), cette tendance baissière depuis le début de l’année est une indication que la croissance économique du pays « ne décollera pas en 2014 ».
Lors d’une conférence de presse ce matin, les dirigeants de la MCCI ont analysé les récents mouvements du baromètre ainsi que les facteurs qui ont affecté la confiance des chefs d’entreprise pendant la période juillet-septembre 2014. Ils dénombrent 11 facteurs ayant eu une incidence négative sur la performance des entreprises. Il y a eu d’abord une faiblesse de la demande constatée par 60% des dirigeants d’entreprises sondés. « Depuis 2009, nous constatons une vive décélération du taux de croissance de la consommation à Maurice, qui est passé de 6,5% en moyenne sur la période d’avant crise, de 2004 à 2008, à 2,5% en moyenne sur la période post-crise, de 2009 à 2013 », indique la MCCI. Celle-ci est d’avis que le niveau de croissance économique sur la période récente n’a pas permis de déclencher une véritable dynamique de la demande, affectant ainsi la performance des entreprises.
Les « retards de paiement » constituent le deuxième facteur noté. En raison de la mauvaise conjoncture, les entreprises sont en effet de plus en plus nombreuses à ne pas respecter les délais de règlement des transactions, faisant ainsi grimper les créances post-facturation. Avec ces retards de paiement, les créditeurs se retrouvent donc devant un assèchement de leur trésorerie et encourent des risques de défaillance. La « compétition féroce » sur le marché local est un autre facteur relevé par la MCCI. Plusieurs opérateurs économiques se voient dans l’obligation de réduire leurs marges en vue de maximiser leurs chiffres d’affaires. « Cela a une incidence sur leurs capacités financières, en particulier sur les dépenses d’investissements », ajoute la MCCI.
Les données recueillies par la MCCI en sondant les chefs d’entreprise indiquent que les facteurs suivants ont eu un impact négatif sur l’indicateur synthétique : le manque récurrent de main-d’oeuvre qualifiée, l’imprévisibilité sur les coûts relatifs à la conduite des affaires, un taux de change défavorable et non-compétitif pour les biens et services, la rotation du personnel, le manque de soutien des autorités, le coût du capital, les variations dans les taux d’imposition effective des sociétés et les difficultés à l’emprunt. Cependant, souligne la Chambre, des éléments ont facilité les affaires au cours du 3e trimestre 2014 : des perspectives favorables dans certains marchés, dont les marchés émergents, l’amélioration de la logistique et de la connectivité.
La MCCI observe que l’évolution de l’indicateur du climat des affaires n’est pas homogène selon les secteurs d’activités. « Les indicateurs pour les secteurs du commerce et des services continuent de se dégrader tandis que celui du secteur manufacturier remonte de nouveau », fait-elle ressortir. En outre, elle remarque qu’en dépit de la période de basse conjoncture, les anticipations des entrepreneurs sur l’évolution future des entreprises restent positives. « Les chefs d’entreprise croient dans leurs capacités à rebondir à court et moyen termes, car le dernier trimestre de l’année est généralement marqué par un certain dynamisme économique dû aux fêtes de fin d’année », annonce la MCCI.
Les dirigeants de la Chambre soutiennent que l’anticipation positive de l’évolution des affaires pour le dernier trimestre 2014 pourrait générer un impact positif sur l’emploi et l’investissement. Les moyennes des évaluations des chefs d’entreprise sur ces deux variables sont favorables. On relève que 22% des sondés ont annoncé qu’ils augmenteront le niveau de leurs investissements au cours des 12 prochains mois par rapport au 12 mois précédents. Ceux qui comptent réduire leurs investissements sont au nombre de 15%. Pour ce qui est de l’emploi, le solde des opinions des entrepreneurs sur les perspectives d’embauche est positif à hauteur de 4%, et ce après qu’on ait constaté des soldes négatifs lors des deux précédentes enquêtes.
S’agissant les prix, les données recueillies indiquent que la tendance est à la stabilité. Selon la grande majorité des sondés, les prix de ventes ou des prestations de services ont été maintenus, voir baissés. « Au vu de la stabilité observée depuis le début de l’année et des éléments de réponses de la part des entrepreneurs consultés pour le prochain trimestre, nous pouvons prévoir que l’inflation, qui a été contenue en 2013, sera maintenue à un niveau raisonnable en 2014, toutes choses égales par ailleurs », indique la MCCI.