Le Malgache Jacob Rasolondrazana a été expéditif samedi après-midi en finale du simple hommes du tournoi de tennis Vital. Il n’a fait qu’une bouchée de Ryan Wong, s’imposant 6-0, 6-2 en un peu plus d’une heure. Par contre, c’est la désillusion qu’a connue Shannon Wong face à Zara Lennon dans la finale féminine. Celle-ci, 14 ans seulement, s’est approprié 4-6, 6-0, 6-0 son premier titre dans un tournoi adulte. Les gagnants se sont partagé Rs 5 000 chacun, contre Rs 2 500 aux finalistes.
Autant la victoire de Rasolondrazana était attendue, autant la défaite de Wong est inexplicable. Un black-out… Après avoir enlevé le premier set 6-4, la tête de série n°2 a sombré, incapable de contenir les assauts de sa plus jeune rivale. Elle est passée complètement à côté de sa finale. « Tout allait bien dans le premier set jusqu’aux 2e et 3e sets. J’étais absente. Elle en a profité », a-t-elle vainement tenté d’expliquer. Sans conviction. Elle s’est mystérieusement effondrée. « Physiquement ça n’allait plus ».
En tout cas, tout l’honneur est revenu à Zara Lennon, qui a également pu maîtriser toutes ses émotions. Sa première victoire face à Shannon Wong la met en confiance et lui donne assurément « l’envie d’aller plus loin », clame-t-elle avec un sourire rayonnant. « C’est sûr que c’est une victoire inattendue. C’est aussi mon premier titre Open ». Contrée dans le premier set, elle avoue qu’elle a réussi graduellement à s’adapter au jeu de son adversaire avant de renverser complètement le match. « Au début, je n’étais pas trop réveillée, mais après je suis revenue dans la partie en commettant moins de fautes et en jouant avec plus de confiance ».
Souvent trahie par ses émotions, Zara Lennon a cette fois bien retenu les conseils de ses coaches Matteo Zinno et Fabien Sauvage. « Ils m’ont aidée à surmonter tout cela pour devenir un roc. Et puis, je crois que les 56 matches que j’ai joués pendant un mois de tournée que j’ai effectuée en France récemment ont servi à quelque chose. Cela m’a aidée à mieux gérer mes matches ». Zara Lennon confie qu’elle a également opté pour la filière sport-études depuis la rentrée scolaire effectuée fin août. Élève au Lycée du Nord, elle a chosi de poursuivre ses études à distance, mais tout en bénéficiant d’un dispositif de suivi mis en place par l’établissement, explique-t-elle.
Quant à la finale du simple hommes, elle a été à sens unique en faveur du Malgache. Expéditif durant le premier set, il a un peu relâché dans le suivant, concédant deux jeux à son adversaire, mais gérant tout de même le match. « Je savais qu’il n’avait pas les armes pour me faire mal et il fallait le prendre à la gorge dès le début sans le laisser le temps de s’organiser », résume simplement le gaucher, dont c’est le troisième titre en quatre finales disputées cette année. Il avait notamment remporté le Mauritius Union Open et le Rose-Hill Open, mais fut finaliste du Emcar Open.
Samedi, Ryan Wong n’a pu que limiter les dégâts. « C’est dur de perdre sur un score aussi lourd. J’ai commis trop de fautes et Jacob a plus d’expérience. Il y a eu pas mal de balles à 40-40, mis c’est toujours lui qui mettait le point. Je n’étais pas dans un bon jour », dira-t-il. Il a remercié le TFES, ses parents et les coaches de la fédération de leur appui.
Reste que Jacob Rasolondrazana affiche toujours ses prétentions au titre du simple hommes l’année prochaine aux 9es Jeux des îles. Tenant du trophée, il avoue qu’il est très « motivé à l’idée de le conserver. » « Il me reste à garder le rythme et le physique, même si le niveau n’est pas trop facile à gérer ». Il compte d’ailleurs rentrer à Tana dans deux semaines pour y disputer l’Open International de Madagascar, sponsorisé par Air France. Un tournoi très relevé qui regroupera, entre autres, quelques joueurs français et d’Argentine. « Je vais essayer d’amener quelques jeunes Mauriciens également s’ils ne sont pas pris par les études », laisse-t-il entendre. Après, il va rentrer à Maurice fin octobre avant de décider s’il pourra s’aligner au Challenge de $ 50 000 (?Rs 1,5M) prévu début novembre à La Réunion. À moins d’être pourvu d’une wild card, il devra autrement passer par la phase qualificative.
Enfin, dans la finale U18 hommes qui était aussi à l’affiche samedi après-midi, Amaury de Beer a réussi à retourner le match en sa faveur pour l’emporter 1-6, 7-6, 6-1 face à Hemanshu Rambojun.