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Le tennis de table mauricien a connu une drôle d’année 2019. Avec une performance en demi-teinte aux JIOI, en juillet dernier, puis un bon tournoi aux Jeux d’Afrique, la sélection mauricienne aura quelque peu marqué les esprits. Utilisant la prestation indianocéanique pour préparer les onnats du monde senior, qui se tiendront cette année à Séoul, en Corée du Sud.

Compliquée, cette année ? « Pas forcément », lâche Cédric Rouleau, le DTN de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT). Certes, les pongistes n’ont pas produit les résultats escomptés : une seule médaille d’or sur les sept en jeu aux JIOI. « Ce n’est vraiment pas ce qu’on espérait. Mais c’est une façon de voir », explique-t-il.

D’abord, Maurice a terminé à la deuxième place au classement des nations en tennis de table. « Quand on voit que Madagascar n’est que troisième et que La Réunion termine quatrième, on doit se dire que les choses ont vraiment changé. »
La désillusion est venue par les Maldiviennes, qui sont arrivées armées d’un titre de vice-championne du monde jeunes et d’une grinta à toute épreuve. « Elles évoluent hors du continent africain. Donc, elles n’ont pas une grande visibilité. »

Par contre, le tournoi masculin n’a pas non plus souri aux garçons, dépassés par des adversaires qui évoluaient parfois plusieurs crans au-dessus. Il n’empêche que les choses n’ont pas vraiment tourné à l’avantage des pongistes mauriciens. « Kilomo Vitta, par exemple, a été une donnée qu’on n’a pas pu contrôler. Mais dans l’ensemble, je dirais que le niveau de nos pongises était très bon. »

Il a aussi fallu aller tenter quelque chose aux Jeux d’Afrique, au Maroc. Là, les Mauriciennes arrivent à terminer cinquièmes, synonymes d’une qualification pour les Mondiaux par équipes (22-29 mars prochain) à Séoul. « C’est un gros rendez-vous pour nous cette année. Il nous faudra donc nous y préparer. »

Dans la capitale sud-coréenne, les Mauriciennes se retrouveront en division 2 mondiale, aux côtés de pays tels que la France. « C’est inouï. Il y a deux ans, en Malaysie, nous étions en cinquième division, aux alentours de la 140e place mondiale », ajoute Cédric Rouleau.

Aujourd’hui, Maurice gravite autour de la 48e place mondiale, avec la possibilité de faire une entrée dans le Top 30 aux Mondiaux, « avec l’absence de certains pays », selon le DTN.

« Cela nous fera des matches de haut niveau. La préparation devra donc être à la hauteur de ce que nous attendons là-bas. Il faut comprendre que ce classement comporte quelques 225 pays », précise-t-il. Après les Mondiaux, il faudra aussi préparer les championnats d’Afrique cadets et juniors, que Madagascar abritera en avril prochain. « Nous avons toujours été présents sur un podium. Rien que l’année dernière, nous avons pu enlever deux médailles de bronze. Nous allons tout faire pour remonter sur le podium cette année encore. »

Il se pourrait aussi qu’une pongiste mauricienne fasse le déplacement à Tokyo dans le cadre des Jeux Olympiques. « Cela fait exactement 20 ans que Maurice n’a pas été représentée aux JO », rappelle encore Cédric Rouleau.
La préparation pour ce rendez-vous va donc prendre une tournure spéciale à l’approche des JO. « Il faut comprendre que seulement 64 places sont allouées pour les JO. Toute la préparation aura un impact sur l’avenir de cette pongiste. »

Pour la petite histoire, Patrick Sahajasein a été le seul pongiste à avoir décroché un ticket pour les JO. C’était en l’an 2000, à Sydney.

Se tourner vers le handisport

L’AMTT veut aussi se lancer dans le handisport. C’est dans cette optique que deux écoles ont été approchées pour la mise sur pied d’une structure pouvant accueillir des handisportifs souhaitant s’adonner au tennis de table. « Nous sommes en relation avec deux établissements spécialisés », précise Cédric Rouleau.
Par ailleurs, l’ouverture de deux centres de formation, dans le Nord et à Mahebourg, est aussi au programme pour l’année 2020.