La sélection nationale de tennis de table se lance pour les JIOI un véritable défi. Celui d’effacer la performance de 2015 des mémoires et se rappeler les bons moments de 2003, où elle avait remporté cinq des sept médailles d’or en jeu.

Avec la présence d’adversaires de taille, la mission s’annonce un peu plus compliquée que prévu, même si les espoirs sont permis. Longtemps optimiste, Cédric Rouleau, le DTN, a revu ses ambitions légèrement à la baisse. S’il a parlé dans un premier temps de son objectif de réaliser un carton plein, il a changé son fusil d’épaule. Il y a de quoi, les adversaires étant désormais des binationaux évoluant tous en Europe.

« Ce sera vraiment difficile d’aller chercher une médaille », avait-il dit, évoquant au passage les cas des deux Franco-Malgaches Vony-Ange Randriantsoa et Hanitra Raharimanana. La première, relativement jeune, a disputé au moins deux tournois sous les couleurs de la France. Elle a en effet participé, l’année dernière, à l’Open de France et à l’Open de Tunisie, deux épreuves du World Junior Circuit. Ce qui invalide du même coup sa participation aux Jeux, puisque les règlements de la Fédération internationale (ITTF) stipulent que toute demande de changement de nationalité doit s’accompagner d’un moratoire de trois ans.

« C’est une bonne nouvelle pour nous », dit Rajessen Desscann, responsable des relations internationales de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT). La pongiste était pressentie pour remporter, dans l’absolu, quatre des sept médailles d’or en jeu. Mais concrètement, que représente cette inéligibilité ? Maurice possède du coup plus de chances de médailles. « Elle est si forte qu’elle a battu Sarah Hanffou (ndlr : ancienne championne d’Afrique) lors d’un tournoi en France », analyse encore Rajessen Desscann.

La menace est-elle écartée pour autant ? « Cela nous laisse définitivement de meilleures chances », disait Cédric Rouleau dimanche à l’issue du Mauritius Open. Difficile toutefois de dire où elles se situent. La Malgache Vony-Ange valait à elle seule son pesant d’or. Mais son absence pourrait toutefois ne pas servir les desseins de Maurice pendant les Jeux. « Il y a d’autres adversaires qu’il ne faut pas négliger. » Chez les messieurs, Kilomo Vitta, si sa présence est confirmée, fait figure d’épouvantail. « Il a évolué au plus haut niveau en Europe. »

Mais après la période de doute, place aux certitudes. Dimanche pendant l’Open, les garçons comme les filles ont démontré des signes intéressants. « On est dans une bonne dynamique. Ce groupe est le meilleur du moment », lance Cédric Rouleau. Les petits bobos sont donc réglés, semble-t-il. Pratna Jalim, victime d’une blessure au coude, a retrouvé la pleine mesure de ses moyens. Widaad Gukhool, leader de la sélection féminine, a elle aussi retrouvé ses automatismes. Rhikesh Taucoory, incertain en début d’année, a lui aussi convaincu. « Je suis d’ailleurs surpris de son niveau. Rhikesh est devenu un cadre de la sélection, au même titre que Brian Chan Yook Fo », poursuit le technicien français.

Rhikesh Taucoory apportera son expérience à cette journée

La préparation, elle, a vu les pongistes se transformer en globe-trotters de la petite balle blanche, posant leurs valises à Budapest pour les Mondiaux, après un passage au Nigeria, jusqu’à la consécration de Pratna Jalim à l’Open du Ghana. C’est d’ailleurs fort de l’expérience acquise que la jeune n°1 du tennis de table local se lancera dans les Jeux. Outre les compétitions à l’étranger, l’AMTT a sollicité l’aide de sparring-partners. Et pas des moindres ! On retrouve entre autres le numéro un Gabonais Andy Bringeau, l’Algérienne Sanah Lagsir, n°3 au classement de la CATT, et l’aide de l’ancien DTN Huang Ming.

« Il reste maintenant à mettre en place les détails techniques et tactiques pour les Jeux afin de réaliser la meilleure entame possible », dit Cédric Rouleau. La meilleure entame en fait serait de remporter les deux tournois par équipes. Ce qui lancerait idéalement la campagne des Mauriciens. « C’est la meilleure façon de nous affirmer. Je vois que l’effectif tourne bien en ce moment. » La venue de Julien Girard, expert de l’ITTF, a permis d’apporter une nouvelle touche à la préparation. À quelques jours du coup d’envoi des hostilités, le DTN veut passer à des séances individuelles. « On a vu ce qu’il manquait. Mais c’est rassurant que tout le monde joue bien en ce moment. »

La sélection
Hommes : Allan Arnachellum, Brian Chan Yook Fo, Ryan Desscann, Zayyan SheikHossen, Akhilen Yogarajah, Rhikesh Taucoory

Dames : Caroline Ramasawmy, Pratna Jalim, Widaad Gukhool, Oumehani Hosenally, Ivana Desscann, Ruqayyah Kinoo