Les résultats des joueurs mauriciens dans les deux récentes manches du circuit ITF juniors jouées à Petit Camp ont une fois de plus révélé les limites de ces derniers par rapport aux adversaires venus d’ailleurs.
Si Emmanuelle de Beer reste la seule à s’être démarquée du lot en remportant un titre et une place de demi-finalistes, les autres ont tous échoué en tombant sur plus forts qu’eux dès les premiers tours. Le coach Jean-Marc Randriamanalina, responsable de l’équipe technique fédérale, en tire des enseignements.
Revenu à la barre après le départ du Franco-Argentin Marcello Wowk de la direction technique de la Fédération mauricienne de tennis le 18 août, le Malgache estime que c’était d’abord une bonne chose que d’exposer les joueurs locaux à des matches plus relevés.
« Cela a permis aux plus jeunes de voir où ils en sont par rapport à l’opposition et de mettre en pratique ce qu’ils font à l’entraînement. Pour les plus grands, ils ne sont vraiment pas loin. Et ce n’est pas si mal. Dans le premier tournoi, Dylan Foo Kune a perdu de peu au 2e tour contre l’Indien Abhishek Alla. Julien Min Fa n’a pas non plus démérité contre le Tunisien Mehdi Abid au 1er tour. Ils sont un cran en dessous. Il faut qu’ils travaillent encore plus pour arriver à se surpasser. Il y a de petits trucs à régler pour obtenir de meilleurs résultats », explique-t-il.
Il estime que les joueurs mauriciens qui ont en moyenne 15-16 ans ont encore une marge de progression à accomplir avant d’être plus compétitifs en U 18. Mais il sait aussi qu’il y avait parmi les meilleurs joueurs étrangers du lot quelques-uns n’ayant que 13, 14 ou 15 ans, à l’image des Indiennes et du Russe Andrey Rublev.
« Ce sont des exceptions, car ils ont l’avantage d’avoir joué plus de matches à ce niveau. Ici, les jeunes sont limités. Ces qualités ne sont pas si faciles à acquérir. Mais on va essayer de jouer avec les armes qu’on a en faisant venir des jeunes étrangers ici », dira-t-il.
Reste que seule la Mauricienne Emmanuelle de Beer a pu relever le défi en remportant la finale du simple dames de la première étape du tournoi (Mauritius ITF Open) avant d’atteindre les demi-finales de l’étape suivante. Comment explique-t-il ceci ?
« Elle a eu plus de frottements à l’étranger que les autres. Et cela lui permet d’avoir l’attitude qu’il faut sur le court. On retrouve chez elle les traits de caractère et cette attitude qu’il lui faut pour aborder de grands tournois. Elle a aussi un coach personnel tel Mary Pierce avec qui elle a toujours des séances individuelles tandis que les autres ont plus d’entraînements collectifs », soutient Jean-Marc Randriamanalina.
En définitive, quelles sont les mesures qu’il préconise pour rehausser le niveau en général ? « D’abord, il faut que les jeunes participent plus souvent aux tournois adultes ici. Ensuite, il faut les envoyer plus souvent faire des tournois de leur âge et des tournois Open à l’étranger, par exemple à La Réunion. Enfin, il faut aussi disposer de plus de moyens financiers pour concrétiser au mieux ces ambitions. Et cela ne dépend que de la politique sportive de Maurice et de la FMT. »