Le Directeur Technique National (DTN) de tennis, le Kenyan George Oyoo (39 ans), à Maurice depuis un an maintenant, se livre dans les colonnes de Week-End sur la performance des joueurs de tennis mauriciens. Sérieux, discret et franc, il espère que le tennis local continuera à se développer.
Nombreux sont les jeunes joueurs de tennis à s’être distingués lors de l’année écoulée. Les noms ne manquent pas. Que ce soit Emmanuelle de Beer, Amélie Boy, Ryan Wong, Julien Min Fa, Shannon Wong, Hemanshu Rambojun ou autre Dylan Foo Kune. Le DTN national se dit très satisfait de la performance de ces derniers qui ne cessent de progresser. « C’est très bon pour le tennis mauricien car il ne faut pas oublier que c’est très important pour les joueurs de participer à de nombreuses compétitions pour s’améliorer. Ils ont réalisé de très belles performances et ils seront encore à surveiller cette année », souligne l’expert kenyan.
Il est à noter qu’Amélie Boy et Hemanshu Rambojun avaient été nominés lors du MSC National Sports Award dans la catégorie ‘Most Promising Sportswoman of the Year’. Pour George Oyoo, c’est très motivant. « C’est très encourageant car ils l’ont tous les deux mérité. C’est aussi très bon pour la discipline. Amélie Boy est en constante progression tout comme Hemanshu Rambojun qui a franchi un palier la saison dernière. Ce sont des joueurs d’avenir qui feront très certainement parler d’eux. Mais ils ont encore tout à prouver et le chemin est encore long. Il faut laisser le temps faire les choses et procéder étape par étape. Je constate que les joueurs mauriciens ont beaucoup évolué. Ils commencent à acquérir une certaine maturité, que ce soit dans le jeu ou mentalement. Techniquement, ils ont encore beaucoup de travail à faire mais c’est en s’entraînant qu’ils progresseront », fait-il ressortir.
Pour en revenir à la prochaine compétition, les jeunes seront en action du 11 au 24 mars prochain au Kenya lors de l’African Junior Championship des -16 ans. Trois joueurs participeront à cette compétition, à savoir Jason Ah Chuen, Amélie Boy et Zara Lennon. « Ils devront sortir le grand jeu. Personnellement, ce sont des joueurs très talentueux avec un gros potentiel. Je suis sûr et certain qu’ils arriveront à tirer leur épingle du jeu. Il faudra rester concentré » mentionne George Oyoo. Celui-ci soutient toutefois que l’apport des joueurs seniors est très important pour le développement des jeunes. « Kamil Patel et Adam Ramasawmy participent régulièrement à des compétitions locales. Ils apportent leurs expériences et c’est très bon pour le sport. Les entraîneurs malgaches, Jean-Marc Randriamanalina et Jean-Richard Randriamanantosoa sont présents pour superviser les joueurs et ils participent aussi régulièrement aux tournois pour faire progresser les jeunes ».
Responsable de l’entraînement de l’équipe nationale et de la sélection, le DTN n’oublie pas pour autant le volet de la formation et de détection qu’il doit également prendre en charge. « Des opérations détections seront menées dans différentes régions de l’île. Ce n’est un secret pour personne que la formation doit commencer à un très jeune âge. Nous allons encourager les clubs à avoir des open days. Les jeunes pourront de ce fait toucher à la raquette et se familiariser avec la discipline. Il faut également qu’il y ait plus d’entraîneurs à Maurice. Un ITF Coaches Education Programme aura également lieu pour  ainsi les former », soutient notre interlocuteur. À titre d’information, les joueurs du Trust Fund For Excellence In Sports (TFES) s’entraîne matin et après-midi à Petit Camp sous la tutelle du DTN.
Head coach de l’équipe kenyane de Coupe Davis en 2010 au Maroc, George Oyoo avait aussi tenu le même rôle aux Jeux du Commonwealth à New Delhi en octobre 2010 et aux Jeux d’Afrique en 2007 à Alger. Les meilleurs joueurs qu’il a entraînés jusqu’ici sont Yesha Lakhani, Gilbert Kibet et Dennis Ochieng qui ont été déjà classés 330e, 475e et 517e juniors mondiaux ITF respectivement. Oyoo est au service du tennis kenyan depuis 2002. C’est en 2005 qu’il a été reçu à ses examens d’entraîneurs au niveau 3 qu’il avait passés en Espagne après trois mois à la Tennis Teveal Academy où s’entraîne aussi l’Espagnol David Ferrer, un grand des tournois ATP.
Il avait aussi été désigné capitaine de l’équipe de Coupe Davis de son pays en 2006. Avant d’arriver à Maurice, il n’avait jamais travaillé dans un pays francophone. S’il est déjà allé au Burundi, il avoue avoir passé plus ou moins ces dix dernières années au Kenya au poste d’entraîneur de l’équipe nationale de tennis.