C’est sans la moindre surprise que le Malgache Jacob Rasolondrazana a enlevé son premier trophée à Maurice, samedi, en finale du simple hommes du Mauritius Union Group Open de tennis. Le champion en titre des Jeux des îles (Tana 2007) a écrasé de tous son poids ce match en s’imposant en moins d’une heure 6-1, 6-0 face à Kenny Wong. Non moins expéditive fut la finale du simple dames, qui consacra après presque le même délai Shannon Wong (6-0, 6-1) contre Julie Dutos.
De duel il n’en a pas eu tant la finale du simple hommes a été à sens unique. Fraîchement démarqué, le Malgache, 28 ans, n’aura pour ainsi dire pas fait une entrée discrète dans le giron. D’autant qu’il rafle la prime de Rs 16 000 promise au vainqueur, contre Rs 10 000 au finaliste.
S’il a raté l’entrée du premier set, un peu gêné par son adversaire qui se défendait, il a par la suite expédié des missiles au service et ses six breaks laissèrent son vis-à-vis sans réaction. « Ce bougre n’est pas un humain… », lâchait Kenny Wong, visiblement dépité avant le dernier jeu du second set qu’il allait malheureusement lourdement concéder sur son tour de service.
Jacob Rasolondrazana conclut en effet le set et le match en 55 minutes. Trouvera-t-il ici un adversaire à sa taille, s’il parvient à garder son niveau de jeu ? « À moins qu’il ne régresse, je ne vois personne capable de le mater. Il est bien trop fort et définitivement d’un autre niveau. Même si j’étais dans mon meilleur jour, je n’aurais pas pu. J’ai tenu les échanges jusqu’à 1-2 pour lui dans le premier set… Il est vraiment au-dessus de nous tous. Mais je suis satisfait d’avoir atteint la finale. C’était un bon tournoi », confia Kenny Wong après cette finale.
Physiquement impressionnant, le Malgache a rapidement dicté le jeu. Il avait vaincu en finale des Jeux des îles 2007 à Tana son compatriote Tony Rajoabelina et avait alors 23 ans. Entre-temps, il a gagné en maturité et expérience — comme il l’avoue lui-même — à travers sa participation à la Coupe Davis et plus récemment aux Jeux d’Afrique de Maputo où il avait décroché le bronze en 2011. Il a aussi déjà été classé -30 en France, estime-t-on. Mais il ne joue pas pour autant les vedettes.
« C’est en effet la première fois que je joue à Maurice. Cela fait plaisir de voir qu’il y a du monde. J’ai été bien accueilli… », dira-t-il. S’agissant du match, il estime que c’est son service et son physique qui ont été déterminants. « Cela s’est joué assez rapidement… Pour la prime, c’est très motivant. Il faut davantage de tournois comme ça. Il faut demander aux sponsors de soutenir plus de tournois pour motiver les joueurs », laisse-t-il entendre. Il a atterri au club de Rose-Hill où il est coach pour une année renouvelable. On devrait le revoir à l’oeuvre dans le prochain Open, le Emcar Sports, qui débute le 1er juin à Tennis Nord, Mapou.