Le coach malgache Jean-Richard Randriamanantsoa a mis fin à plus de deux heures de suspense pour enlever 6-2, 3-6, 6-4, sa deuxième finale du simple hommes face au Polonais Lukasz Skowronski, samedi au centre national à Petit Camp lors du Mauritius Union Group Open de tennis. En féminin, Shannon Wong s’est offert une revanche 4-6, 6-2, 7-5 contre la championne et n°1 nationale, Astrid Tixier, mettant ainsi fin à une série de quatre défaites subies en finale l’année dernière contre celle-ci.
« Je suis soulagée et très contente d’avoir pu gagner cette fois. Je m’attendais à une partie difficile. En quatre finales que nous avons jouées, elle a toujours eu le dessus. Mais j’étais décidée à me battre jusqu’au bout quoi qu’il arrive », a réagi Shannon Wong après sa victoire survenue au bout de 2h15 de jeu. « J’espère maintenant continuer sur cette nouvelle lancée pour les autres tournois après notre premier duel de l’année. »
Le score est donc de 4-1 pour Tixier dont la dernière victoire contre Wong remonte à décembre dernier dans l’UBP Open (6-3, 6-2) après l’Emcar Open, l’Open Banque des Mascareignes et le tournoi Appleby.
Samedi, Shannon Wong a eu fort à faire pour contenir son adversaire. Elle menait 4-1 dans le premier set avant de concéder cinq jeux d’affilée, perdant le set 4-6. Elle parvint néanmoins à rétablir l’équilibre dans la manche suivante après avoir mené 4-1, puis 5-2 et à remporter le set 6-2.
Elle remporta la manche décisive après s’être fait de grosses frayeurs. Menée 0-3, elle reviendra à 3-3, mais ne parviendra à prendre le dessus qu’au 11e jeu à 6-5 avant de conclure 7-5. « J’ai essayé d’avancer point par point, toujours en mouvement, avec un jeu porté plus vers l’attaque. Et finalement mes balles entraient », pouvait-elle constater.
Pour sa part, Astrid Tixier se remettait tant bien que mal de sa déception. À court de condition physique et de ressources, elle n’est pas passée bien loin. « Je ne pouvais plus tenir. Elle était la plus forte. Moi, je ne m’entraîne plus comme il faut et je ne peux m’attendre à gagner. Je n’en dirai pas plus… », laissera-t-elle entendre. L’an dernier, Tixier avait été vainçue en finale par Emmanuelle de Beer 6-4, 7-6 (4).
Meilleur service
La finale du simple hommes ne fut également pas à sens unique. Lukasz Skowronski aura pourtant tout essayé pour venir à bout de son farouche adversaire. Mais le Malgache lui arrachera une deuxième victoire en autant de finales.
« C’était censé être notre duel décisif. Mais ce n’est pas que je ne sois pas capable de le battre, car je l’avais fait en demi-finale sur terre battue 7-5, 7-5 au Club de Rose-Hill (Anglo Mauritius). Mais je dois juste être mieux préparé et puis ici sur cette surface qui n’est pas forcément ce qui me convient le mieux, il faut davantage travailler pour gagner », dira le Polonais, plus frustré que déçu.
Skowronski tenta de faire valoir son jeu de service-volée dans le premier set. Mais sans résultat. « C’était une mauvaise stratégie, car il (Randriamanantsoa) me piégeait avec ses passing-shots au filet », pouvait-il constater. Il rectifia dans le set suivant en construisant autrement son jeu. Avec pour résultat qu’il égalisa à un jeu partout (6-3).
« En enlevant le set, c’était un nouveau match qui commençait pour moi. Et tout restait possible. » Mais grande fut sa déception lorsqu’il rata au début du 3e set une balle de break pour mener 2-1 sur service adverse. « Je crois que c’est là le tournant du match. Et comme il a un bon service, c’était difficile de le distancer alors qu’on était arrivés à 4-4. »
Plus réaliste, Jean-Richard Randriamanantsoa, 30 ans mercredi dernier, avoue avoir perdu confiance au 2e set. « J’ai trop pensé au 1er set qui est allé vite pour croire que ça allait se passer de la même façon au 2e set… Mais je me suis reconcentré au 3e set pour m’imposer. Il (Skowronski) a le gabarit et est bien revenu au 2e set. Il ne fallait pas le sous-estimer. Il me fallait aussi donner le meilleur de moi-même pour que les jeunes qui sont là puissent à leur tour en tirer profit au plan de la technique et la tactique du jeu », confia le coach fédéral. Il succède à son homologue Jean-Marc Randriamanalina au palmarès.
Les vainqueurs et les finalistes du simple hommes et dames ont empoché chacun Rs 10 000 et Rs 6 000. Jean-Richard Randriamanantsoa a aussi remporté le double hommes et le double mixte, alors que Shannon Wong a également remporté la palme du double mixte et celle réservée aux U18 face à Charlotte Bardet.