Un mineur de 17 ans aurait été violemment agressé le dimanche 27 novembre au centre national de tennis à Petit Camp. La victime, un collégien habitant Beau-Bassin, souffrant de dystrophie, avait accompagné son ami et joueur Mark-Daniel Pillai quand il aurait été agressé par nul autre que le président de la Fédération mauricienne de tennis, Mike Wong Pin Young.
Tout aurait commencé le jeudi 24 novembre à Petit Camp, où il s’était rendu avec son cousin. « Mon cousin demanda de l’eau à boire à Ryan Wong (le fils du président de la FMT), mais celui-ci l’aurait regardé de travers. À la fin, quand on partait, j’ai tendu la main à Ryan Wong. Mais lorsqu’il m’a tendu la sienne, j’ai enlevé la mienne en lui faisant une plaisanterie. J’ai simplement passé le doigt sous mon nez, un geste que bien des enfants aiment faire, avant de m’en aller », raconte la victime présumée.
Mais il était très loin de se douter de la suite. L’agression serait survenue le dimanche 27 novembre lorsqu’il accompagne Mark-Daniel Pillai à Petit Camp pour un tournoi. « Je me trouvais dans les gradins situés entre deux courts avec deux copines quand j’ai vu cinq hommes venant dans ma direction. Ils ont dit à mes copines de s’en aller, après m’ont encerclé. Le président Mike Wong a posé sa mains sur mon épaule et m’a dit : To rod sikann ek mo garson ?! Puis il m’a étranglé, soulevé et appuyé contre le grillage. Un des messieurs qui étaient avec lui a alors touché son épaule pour lui dire d’arrêter. C’était Clément Wong, le père de Shannon Wong. Lui aussi m’a menacé. Mike Wong m’a lancé des jurons et m’a dit : (…) Mo federasyon sa, pa met lipye isi ! Dimann pardon mo garson ! Puis, il m’a pris par la nuque et m’a projeté au sol et après m’a asséné deux coups de pied aux côtes. Mark-Daniel Pillai, qui jouait à proximité sur un court, est alors venu à ma rescousse. Mais Mike Wong l’a repoussé et lui disant : Twa, pa rant ladan, to pou gagn bate to osi. Il est revenu vers moi pour me taper. Mais une dame qui était là, c’était la femme de Mike Wong, l’a sommé d’arrêter. »
Quand il était à terre, il se rappelle que « le frère de Ryan Wong, en l’occurrence, Bryan Wong, m’a également menacé en me proférant des jurons. » « Après, les cinq messieurs se sont éloignés. Moi, je suis resté assis dans les gradins. Puis, une personne est venue me dire de partir de Petit Camp. Je suis sorti du centre et suis resté dehors devant l’entrée. »
L’adolescent et Mark-Daniel Pillai avaient été déposés à Petit Camp par le père de ce dernier. Après une demi-heure, celui-ci y retourna, ne se doutant de rien. On lui fit part que le président Mike Wong voulait lui parler. « Il m’a dit que mon fils était l’ami de l’adolescent et que celui-ci s’était précipité sur lui lorsqu’il a voulu lui parler. À un certain moment, il ne sait comment, le garçon s’est retrouvé au sol. J’ai senti quelque chose de louche. J’ai interrogé mon fils après son match. Il m’a tout raconté. Un parent qui était là au moment de faits m’a confirmé tout ce qui s’était passé », confie le Dr Keser Pillai. Cette agression s’est déroulée en présence de témoins oculaires.
La mère de l’adolescent a fait parvenir dimanche une lettre à la FMT pour dire qu’elle exigeait des excuses verbales et en écrit. La famille compte porter plainte à la police. « Je n’ai jamais été agressé avant, Je suis resté chez moi pendant trois jours, j’avais peur de sortir », déclare l’adolescent. Voilà un cas qui devrait aussi interpeller l’Ombudsperson for Children.