George Oyoo Oketch Kunya a débarqué à Maurice hier matin tout droit du Kenya. Il est arrivé à Petit Camp peu avant midi accompagné du secrétaire administratif de la Fédération mauricienne de tennis, Kris Napaul. Le nouveau Directeur technique national (DTN) fédéral a l’air de savoir ce qu’il est venu chercher après avoir passé ces dix dernières années à la tête de l’équipe nationale kenyane.
Le Kenyan, 38 ans, a l’air sérieux, discret et franc surtout. « Qu’est-ce que je connais du tennis mauricien ? Pas vraiment grand-chose, à part le fait d’avoir déjà vu quelques jeunes sur le circuit africain. Mais j’étais à Maurice en 2005 avec l’équipe kenyane à l’occasion des championnats d’Afrique juniors. L’année derrière aussi, j’ai vu certains à New Delhi lors des Jeux du Commonwealth lorsque j’avais accompagné notre équipe nationale », répond-il simplement en anglais.
Et le français ? « Je ne connais pas bien, mais je comprends les mots les plus élémentaires. Par exemple, je sais dire merci beaucoup, bonsoir, bonjour, etc. », lance-t-il tout sourire avec un accent British. Modeste, il poursuit : « En fait, je comprends le français mais je suis plus à l’aise avec l’anglais. Toutefois, ici, je pense que je vais vite m’adapter. I will cope easily with the players who speak mainly French. There’s no problem », rassure-t-il.
Avant d’arriver à Maurice, George Oyoo Oketch Kunya n’avait jamais travaillé dans un pays francophone. S’il est déjà allé au Burundi, il avoue avoir passé plus ou moins ces dix dernières années au Kenya au poste d’entraîneur de l’équipe nationale de tennis. C’est en 2005 qu’il a été reçu à ses examens d’entraîneurs de niveau 3 qu’il avait passés en Espagne après trois mois à la Tennis Teveal Academy où s’entraîne aussi, précise-t-il, l’Espagnol David Ferrère, un grand des tournois ATP.
George Oyoo Oketch Kunya a coaché des jeunes qui ont déjà figuré dans le top 500 mondial. Mais ces derniers ont maintenant plus de 18 ans et ont décroché des bourses d’études aux Etats-Unis. Il cite Dennis Ochieng qui a déjà été 517e junior mondial et qui évolue maintenant à l’Université de Charleston dans l’ouest de la Virginie, puis Christian Vituly que les jeunes Mauriciens ont connu dans un passé récent et qui étudie à l’Université de Georgie. Il cite aussi Yesha Lakhani, qui a été classé 330e junior mondial.
Le nouveau DTN sait que c’est un avantage appréciable pour lui de disposer d’un centre d’entraînement tel que celui de Petit Camp pour démarrer ses opérations. « It’s a good way of doing things like to have a centre », constate-t-il. « Nous pouvons déjà commencer à travailler en collaboration avec le ministère des Sports pour envisager où cela peut nous mener. Mais c’est un travail d’équipe qui requiert la participation de tout le monde pour le succès de tous. »
Enfin, George Oyoo Oketch Kunya estime que, fondamentalement, il n’existe aucune différence entre l’école française et l’école anglaise de tennis. Dans la pratique et l’enseignement, les deux méthodes sont les mêmes que ce qui est décrit dans les livres. Par contre, le jeu et la tactique peuvent être différentes dépendant de la qualité de la surface, soutient-il.
Et quelle est la tactique qu’il compte prôner à Petit Camp ? « J’aime favoriser toutes les tactiques possibles, soit d’être un all-rounder très performant. C’est plus facile de s’adapter que lorsqu’on apprend à faire les choses d’une seule façon. »
Le Kenyan ne devrait pas tarder à faire connaissance avec les membres du comité de la FMT et le ministre de la Jeunesse et des Sportss, Devanand Ritoo.