Malgré une élimination dès le premier tour du simple hommes, le Mauricien Enzo Couacaud a pu se frayer un passage pour se retrouver dans le carré d’as du double hommes avec son partenaire, le Français Alexandre Favrot, dans le tournoi juniors de Roland Garros.
Hier, le duo Couacaud-Favrot a causé une énorme surprise en quarts de finale en venant à bout des grandissimes favoris du tableau, les Britanniques Liam Broady et Joshua Ward-Hibbert 3-6, 6-3, (10-8). Ils affrontent aujourd’hui pour une place en finale les Australiens Andrew Harris et Nick Kyrgios, non-classés du tableau.
C’est pour le moins un sacré tour de force qu’a réussi le tandem Couacaud-Favrot sur la terre battue de Roland Garros. Pour Enzo Couacaud, qui a intégré l’année dernière l’équipe de France U16, c’est déjà un bel exploit, car aucun Mauricien avant lui ne l’avait fait. Le suspense aura donc duré jusqu’au super tie-break dans ce quart de finale où Couacaud et Favrot ont été les plus réalistes, convertissant 50 % de balles de break.
Leurs adversaires du jour auront assuré leur place dans le dernier carré en sortant au super tie-break le tandem composé de l’Indien Arjun Kadhe et le Péruvien Jorge Brian 6-2, 5-7, (11-9).
L’autre demi-finale met aux prises la paire n°7 composée des Tchèques Adam Pavlasek et Vaclav Safranek à l’équipe alignant le Brésilien Thiago Monteiro et l’Italien Gianluigui Quinzi. Ces derniers ont comblé le déficit d’un set pour s’imposer 5-7, 6-1, (11-9) contre Lucas Gomez (Mex)-Thia-Son Kwiatkowski (E-Unis). Par contre, les Tchèques ont bouté, au super tie-break toujours, la deuxième meilleure paire du tournoi composée du Serbe Nikola Milojevic et de l’Italien Frédérico Frerreira Silva 6-3, 6-7 (2), (10-8). Les demi-finales sont donc l’affaire des outsiders.
S’agissant d’Enzo Couacaud, 17 ans depuis mars, il n’a pu surmonter le premier tour du simple hommes, s’inclinant en trois sets 5-7, 6-2, 5-7 face à Juan Ignacio Galarza, un Argentin de 18 ans déjà classé 21e junior mondial ITF le 28 mai dernier. Mais en double hommes, son partenaire et lui ont écarté d’entrée 6-3, 6-2, Anton Desyyatnik (Rus)-Markos Kalovélonis (Gre), puis Lasio Djere (Srb)-Pietro Licciardi (Ita) 6-3, 6-2 au 2e tour.
Enzo Couacaud était déjà en 2010 l’un des grands espoirs du tennis français de sa catégorie (U14) après avoir été l’année précédente demi-finaliste à Tarbes (France) et aux Petits As, tournoi reconnu comme le plus grand et le plus relevé en Europe en 13-14 ans. N°1 européen du simple hommes en U16 en octobre 2011 et alors 63e junior mondial ITF, le n°1 français de la catégorie distançait Favrot de quinze places au classement européen.
Au 28 mai dernier, Enzo Couacaud se trouvait au 49e rang mondial juniors après avoir occupé la 18e place au 23 janvier dernier. Il a débarqué à la Porte d’Auteuil pas forcément dans les meilleures dispositions. Car à l’inverse de l’Argentin Galarza qui avait atteint les quarts de finale du simple hommes au tournoi belge d’Astrid Bowl Charleroi (grade 1), il avait lui dans la semaine du 28 mai-2 juin échoué au 2e tour 5-7, 7-6 contre le Brésilien Hugo César Dojas.
Avant cela, il avait concédé deux autres défaites au 2e tour toujours, la première en Espagne lors des championnats internationaux juniors à Valence (24-28 avril) face au Portugais Romain Barbosa 3-6, 5-7, puis à Milan lors du 53e Trofeo Bonfiglio, tournoi de grade A (21-27 mai) contre le Serbe Krstin Pedja 2-6, 6-7 (4). Roland Garros Juniors était le 15e tournoi qu’il enchaînait sur le circuit ITF depuis juin 2011. Face à des adversaires plus aguerris en U18, une percée s’avère logiquement plus laborieuse.
Avant Valence (17-22 avril), il remporta son premier titre de l’année en Slovaquie au bout de quatre tours, dont un bye d’entrée, pour s’imposer 6-2, 6-7 (4), 6-4 face au Tchèque Vaclav Safranek. L’an dernier, il avait franchi deux tours qualificatifs avant d’échouer au 1er tour à Wimbledon Juniors (juin-juillet 2011). Début septembre, il surmonta trois tours qualificatifs à l’US Open avant de céder également au 1er tour.
Aujourd’hui associé à Alexandre Favrot, il se retrouve aux portes d’une finale à Roland Garros.