Les pongistes mauriciens sont rentrés bredouilles d’Algérie, où ils disputaient les championnats d’Afrique cadets et juniors. Aucune médaille, une compétition tronquée et des regrets que les six pongistes peuvent nourrir. Mais au-delà de tout cela, est-ce l’occasion de tirer la sonnette d’alarme ?
C’est bien la première fois depuis cinq ans que Maurice rentre bredouille des championnats d’Afrique jeunes. « La dernière fois où on est rentré bredouille, c’était en 2008. Cependant, Widaad avait obtenu un ticket pour les World Cadet Championships au Japon », se souvient l’entraîneur national, Rajessen Desscann.
Pour revenir à l’édition 2012, Maurice peut nourrir des regrets. Le podium échappe à la sélection dans le tournoi par équipes chez les juniors filles. « Il nous a manqué un petit brin de réussite », explique le coach. Cependant, il constate une hausse de la participation, et par la même occasion du niveau de jeu. « L’année dernière, il n’y avait que cinq nations. Cette année, il y avait plus du double. »
Et pour couronner le tout, les pays du Maghreb ont répondu présent. « Quand on sait que ces pays jouent souvent les premiers rôles sur le continent, il ne faut pas trop s’étonner que les joueurs se soient fait submerger. »
Mais la plus grande leçon à retenir est celle-ci : Maurice a fait des erreurs. « Ils sont encore jeunes. Sur les six qui ont été en Algérie, quatre participaient pour la première fois à une compétition de cette envergure », fait ressortir Rajessen Desscann. « Les enjeux, à ce moment, étaient énormes. » Beaucoup de pays avaient en effet délégué leurs représentants, dans l’espoir de décrocher un ticket pour la Coupe du Monde en décembre prochain. « C’est ce qui fait que le niveau soit aussi élevé. »
Dans ce cas précis, Maurice peut en effet nourrir des regrets. Parce que, en double mixte, Widaad Gukool et son frère Wassim ont tenu le bon bout. « Ils ont sorti un grand match contre la paire tunisienne en quarts de finale. Mais malheureusement, nous n’avons pu faire mieux. »
Mais même sans médailles, il y a malgré tout des motifs de satisfaction : le classement parmi les dix premiers des deux cadets. « En simple garçons, ils se débrouillent pas trop mal », explique l’entraîneur.
Omar Ahmed finira septième et Wassim Gukhool sera neuvième au classement final. « Tous les pongistes ont fait ce qu’il fallait. Ils ont joué du bon tennis de table. » Mais pas assez bon pour arriver à décrocher une médaille et faire mieux que la cinquième place dans le tournoi par équipes. « Avec 13 nations en lice, aller à la Coupe du Monde en décembre était presque une utopie. Mais les joueurs ont fait le maximum. »
Maintenant les déceptions passées, les regrets effacés et les leçons apprises, l’équipe a le regard tourné vers d’autres objectifs. « Nous avons une équipe jeune. Omar Ahmed sera toujours cadet l’année prochaine. Isabelle Chowree restera en juniors. Je pense que nous pourrons espérer mieux l’année prochaine. »
L’année prochaine, il faudra reconquérir une place sur le podium. « Nous avons trouvé nos failles. Nous savons ce qu’il nous reste à faire. Les jeunes ont acquis de l’expérience. Ça leur servira pour la suite », conclut Rajessen Desscann.