Maurice a encore remporté une médaille d’or. Le double mixte est revenu à la paire Widaad Gukhool-Rhikesh Taucoory, qui a battu lors de l’ultime rencontre le tandem Cédric Agathe-Murielle Rivière 3-1. Une rencontre où les Mauriciens ont souffert avant de réussir à s’imposer, et surtout marquée par la combativité des Réunionnais. Maurice occupe du coup seule la tête du tableau des médailles.
Une fois le dernier point marqué, l’émotion est à son comble. Widaad Gukhool et Rhikesh Taucoory se félicitent longuement. Ils ont raison. Ils reviennent de loin. Car les deux Réunionnais s’étaient promis de leur faire vivre un enfer.
Ce sont les Réunionnais qui lancent les hostilités. Mais ils sont vite contrés par la paire Gukhool-Taucoory, qui semble complémentaire. « Ce qu’on voulait faire, c’est leur rentrer dedans, les forcer à faire des fautes. Mais ça n’a pas marché », lâchait un Cédric Agathe dépité après la rencontre.
Les Mauriciens prendront le premier jeu 11-8. Alors, les Réunionnais se décident à enfin allumer les contre-feux. Mais ce ne sera qu’un feu de paille, puisque les choses seront encore mauriciennes, avec un deuxième set arraché, mais avec plus de douleur cette fois (11-9).
Troisième jeu. Les Mauriciens ont la balle de match en main. À 11-10, ils sont sûrs de pouvoir terminer. Mais de fautes bêtes en fautes bêtes, ils se relâchent. Et Cédric Agathe et Murielle Rivière l’emportent 11-13.
Tout est donc à refaire. Tout ou presque. « Je savais qu’Agathe serait un sacré client. Lui, c’est le type qui ne lâche jamais rien, qui est très difficile à jouer. Alors, j’ai pris le match comme il venait », raconte Rhikesh Taucoory.
Le quatrième set tournera à l’avantage des Mauriciens (13-11). Mais les Réunionnais ont le mérite d’avoir toujours cru en une victoire. « C’est rageant de jouer trois finales et de ne rien remporter. Mais là, on se reconcentre et on pense au simple qui arrive », avance Cédric Agathe.
Et Widaad Gukhool dans tout ça ? Elle est tout simplement émue. Cette victoire, elle a été la chercher avec ses tripes. « Est-ce que c’était facile ? Oui et non. Oui, parce qu’avec Rhikesh on avait une certaine complicité. Non, parce que les Réunionnais, en face, ne nous ont pas fait de cadeaux. »
Mais il y a surtout une autre personne qui peut savourer ce moment : le Team Manager Patrick Sahajasein. Cette victoire, c’est un peu la sienne aussi. Non pas qu’il n’a jamais connu les honneurs aux JIOI. Mais parce que les deux joueurs ont commencé presque sous sa férule. « Depuis lundi, c’est un peu le rêve éveillé. Mais ça ne veut pas dire que nous avons le droit de nous relâcher. Au contraire, on sera encore plus vigilant pour la suite » ¸admet-il.
Mais cela veut aussi dire que les Mauriciens seront les premières cibles, lors des épreuves du simple homme et dames, qui ont commencé ce matin. « Nous savons tous ce que nous avons à faire. Il nous faut rester concentrés et ne rien laisser filer. »
Dans tous les cas de figure, la folle semaine mauricienne pourrait se prolonger. Tout le monde est optimiste. « C’est un fait que nous sommes sur une bonne dynamique. Il faudra tout gérer, l’excès de confiance, les petits bobos. Sinon, on ne rentrera jamais dans les matches », déclare Patrick Sahajasein.
A-t-il un pronostic ? « Non. » Pourquoi ? « C’est le simple. Tout peut arriver. » À croire que les médailles d’or sont des oiseaux qui s’envoleront au moindre souffle de vent…