Les pongistes mauriciens ont tout à gagner. Deux générations après les Rajessen Desscann, Patrick Sahajasein et autre Sharon Knubley, la nouvelle vague sera en action lors des Jeux, histoire d’essayer de marcher sur les traces de leurs glorieux prédécesseurs. Quels sont leurs chances ?
À valeur du jour, on peut s’attendre à quelques médailles d’or. Où ? Dans quels exercices ? L’or en simple hommes, après celle de Rajessen Desscann en 2007, pourrait sembler hors de portée. Tout dépendra du tirage au sort. « C’est le classement mondial qui détermine les têtes de série », expliquait Rajessen Desscann il y a quelque temps.
Malgré ça, les porte-drapeau mauriciens seront confrontés à un tout autre niveau. Car les adversaires n’ont pas chômé durant ces trois dernières années. La n°1 seychelloise, Anissa Benstrong, s’est installée en Chine depuis deux ans. Les Malgaches ont fait appel à quelques-uns de leurs expatriés. Le dernier en date est le Malgache Jonathan Nativel. Il se chuchote que l’autre homme fort du ping malgache, épouvantail des Jeux de 2007, Arivony, pourrait faire son retour aux Seychelles.
Alors, qu’attendre des Mauriciens ? « Nous partons tous avec des chances égales. Les Malgaches ont peut-être un point d’avance sur nous. Ils ont fait appel à leurs expatriés. Mais rien ne dit que nous partons battus d’avance », avance le Directteur technique fédéral, Patrick Sahajasein.
De l’épopée glorieuse de 2003, il ne reste que trois éléments masculins : Jean-Michel Appasamy, Rhikesh Taucoory et Bryan Chan Yook Fo. De l’aventure de 2007, on retrouve quatre joueurs et deux joueuses : Jean-Michel Appasamy, Rhikesh Taucoory, Bryan et Billy Chan Yook Fo, ainsi que Sheetul Goodhur et Widaad Gukhool. La moitié fera son baptême du feu du niveau des Jeux aux Seychelles. « Il n’y a pas d’appréhensions, surtout que les jeunes ont souvent été confrontés à des compétitions de niveau supérieur », souligne Patrick Sahajasein.
Référence est faite ici aux Jeux du Commonwealth en 2010, aux Jeux d’Afrique jeunes, aux JO Jeunes et aux championnats d’Afrique, entre autres. « Nous avons privilégié ces compétitions pour qu’ils aient l’expérience du haut niveau. De plus, nous avons aussi fait appel à des sparring-partners de haut niveau pour qu’ils ne soient pas surpris du niveau qu’ils rencontreront aux Seychelles. »
On note que l’équipe a pris un sacré coup de jeune. Ils ne sont que trois ou quatre à avoir plus de 20 ans, et seul Jean-Michel Appasamy est âgé de plus de 30 ans. « Mais cette nouvelle génération a aussi des qualités. Nous avons toutes les chances de décrocher des médailles d’or », affirme Patrick Sahajasein.
Alors, sur quoi vont miser les joueurs pour remporter des victoires ? « Sur notre effectif. Nous pourrons donc jouer nos chances sur tous les tableaux. C’est d’ailleurs une analyse optimiste. Je crois dans le groupe », confirme l’ancien pongiste, lui-même médaillé d’argent en simple hommes JIOI en 2003.
Qui seront les adversaires des Mauriciens ? « Tout le monde. On devra s’attendre à des adversaires de tous les pays », soutient Patrick Sahajasein. Mais les Malgaches pèsent le plus lourd dans la balance. « Ils se sont toujours démarqués par leurs joueurs expatriés. C’est leur plus grande force », affirme le coach.
Ce dernier veut aussi tabler sur certaines lacunes de ses adversaires pour que ses poulains puissent s’illustrer. « Par exemple, Jonathan Nativel sera certainement l’homme fort du tournoi par équipes. S’il gagne ses deux matches et que nous arrivons à gagner les trois autres matches, alors, oui, la médaille d’or est possible. »
Depuis l’année dernière, plusieurs stages et compétitions ont été organisés pour les pongistes. Championnats d’Afrique, Jeux du Commonwealth, Jeux Olympiques jeunes, tout y est passé. « C’était le genre de compétition dont nos pongistes avaient besoin pour pouvoir relever leur niveau de jeu. Valeur du jour, ils sont prêts pour les Jeux, même si certains découvriront les JIOI pour la première fois. »
D’ici aux JIOI, les pongistes auront droit à l’aide de sparring-partners chinois, venus spécialement grâce à l’intervention de Huang Ming, le DTN chinois. « C’est la dernière touche de notre préparation. Nous sommes prêts pour les Jeux », martèle Patrick Sahajasein. Il croit dur comme fer que ses protégés marcheront sur les pas de la génération précédente. Les pongistes aussi…