Alors que la sélection de tennis de table pour les championnats d’Afrique cadets et juniors vient d’être nommée, une voix discordante se fait entendre. Devant cet état de choses, le comité exécutif a souhaité se défendre, et surtout dénoncer ce qu’il appelle des « ingérences ». De plus, des incidents, qui seraient survenus dimanche dans l’enceinte du Centre national de tennis de table à Beau-Bassin, auraient eu pour effet de mettre le feu à une situation calme, selon les dires des membres.
D’ordinaire discret en ce qu’il s’agit des affaires de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT), Philippe Hao Thyn Voon a tenu un long réquisitoire pour expliquer la situation qui prévaut actuellement au sein de cette discipline. « Il règne depuis trop longtemps déjà une atmosphère malsaine. Depuis la démission forcée de Rajessen Desscann, le tennis de table est agité par des soubresauts provoqués par des gens de l’extérieur », affirme d’entrée Philippe Hao Thyn Von, qui intervenait « non pas en tant que président du COM, mais en tant que PRO de l’AMTT. »
Il a cité, pour l’exemple, les récentes accusations dont les entraîneurs ont été l’objet. « Nous avons toujours travaillé en honnêteté et dans la transparence. Nos entraîneurs n’ont jamais fait de discrimination », martèle-t-il.
Dans son long discours, il est revenu sur ce qu’il appelle l’affaire Desscann, quand l’entraîneur national avait été forcé de démissionner de son poste de coach du Mauritius Sports Council (MSC). « Ils ont voulu nous déstabiliser en retirant nos entraîneurs. Mais trouvez-vous normal qu’on demande et oblige un Directeur technique fédéral (ndlr : Patrick Sahajasein) d’entraîner des jeunes dans une région ? » s’intérroge Philippe Hao Thyn Voon.
Il est encore revenu sur la série de lettres anonymes reçues l’année dernière. Des lettres qui dépassaient largement le cadre sportif, selon Philippe Hao Thyn Voon. « Ces lettres anonymes attaquaient nos familles et créaient la zizanie. Mais nous avons su rester solidaires et fermes dans nos actions », a déclaré le PRO, avant de dire que le comité a été élu « pour quatre ans et qu’il compte aller au bout de son mandat. »
Selon lui, les récents évènements — attaques et menaces envers les techniciens (affaire référée à la police, selon Philippe Hao Thyn Voon) — aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « Nous n’en pouvons plus. On ne peut pas laisser cette situation continuer. »
L’entraîneur national, Rajessen Desscann, a lui aussi parlé des menaces qui ont plané sur sa famille. « Mon enfant était menacé avant même sa naissance », soutient le coach. Or, il a remarqué que les attaques venaient au moment des sélections. « Dès qu’un joueur n’est pas retenu en sélection, on reçoit des attaques. Ce n’est pas normal, d’autant qu’elles n’ont aucun lien, de près ou de loin, avec le monde du sport. »
Or, les récents évènements laissent penser que certaines personnes veulent faire disparaître la famille Desscann du sport. « Mais nous sommes là parce qu’on aime ce sport. Nos parents ont aimé cette discipline et nous avons suivi leurs pas. » L’événement de dimanche, « avec des gens à l’allure louche dans l’enceinte du gymnase », le conforte dans sa position. « Je crains pour mon collègue et moi. »
Selon lui, tout a commencé avec l’annonce de la sélection en vue des championnats d’Afrique. « Je répète, ce n’est pas Rajessen Desscann qui fait la sélection. Il y a des critères que nous avons instaurés et qu’il faut respecter. Ce n’est pas juste d’être absent des entraînements et vouloir être en sélection alors qu’il y a des joueurs qui s’entraînent dur pour avoir leur place », soutient-il.