Les plus naïfs chercheront à mettre cela sur le compte des astres. Soyons plus réalistes et attribuons les trop nombreux scandales qui bouleversent le pays depuis quelques mois à une manière de gérer catastrophique au sein d’un système qui a perdu les pédales. Inondations meurtrières, scandales autour du ministre Baichoo, révélations dans l’affaire Varmagate, grèves de la CNT, go-slow de la Cargo Handling Corporation, bouleversements au niveau du law & order : voilà quelques exemples édifiants, alors que le pays souffre des effets de la crise. Autant de choses qui contribuent à l’émergence de sentiments négatifs chez les citoyens, dont le mood est au plus bas cet hiver.
“Les politiciens nous prennent pour des imbéciles. De plus en plus, nous avons l’impression de vivre dans un pays où la démocratie est morte, et que ce sont le pouvoir et l’argent qui dictent l’attitude des gens”, lance Kishore Gokulsing, 51 ans. François, 42 ans, note “un effondrement du système. Maurice va droit au mur; les politiciens font ce qu’ils veulent.”
Ce sentiment de ras le bol touche également les jeunes. “Mais où allons-nous ? Chaque semaine comporte son lot de scandales. Les personnes qui sont censées bien se tenir et montrer l’exemple font le contraire de ce qui leur est demandé. Je ne sais plus si je dois être fière de mon pays”, réagit Jennifer.