Faire revivre et promouvoir le Qipao ou le Cheongsam — robe classique de la femme chinoise — né sous la dernière dynastie impériale Qing (1614-1912) et qui s’est développée au fil des années. C’est l’objectif de la Shanghai Cheongsam Cultural Association qui compte une centaine de membres, toutes des femmes matures de Shanghai. Après la Hollande, l’Italie et Hong Kong, une trentaine de dames du club étaient chez nous dans le cadre des 45 ans des relations diplomatiques entre la République de Chine et Maurice pour présenter un défilé de mode présentant l’évolution du Cheongsam à travers les décennies. À travers des numéros de chants, de danse, de rituels de thé ou de calligraphie, cette tenue traditionnelle chinoise était dévoilée sous différents thèmes. Le spectacle organisé par l’IP Man Wing Chun Association en collaboration avec le China Cultural Centre (CCC) et le Dragon & Lion Dance Federation comprenait aussi des démonstrations d’arts martiaux.
Allure gracieuse, grandes coiffes en forme d’éventail, brodées de motifs floraux et de franges, chaussures surélevées pour compléter le style de la Dynastie Qing, ces femmes venues de Shanghai, toutes dans la quarantaine, dévoileront d’abord aux spectateurs les traditionnels qipao de la cour impériale, celles qui sont amples et longues. Ces robes aux manches longues portées avec des chaussures caractéristiques appelées « shoe pot » par les femmes aristocrates ou les femmes mandchoues présentent des ornements le long des cols et des ourlets. À l’ère de la dernière dynastie, avec ces qipao qui étaient conçues pour dissimuler les courbes des femmes et pour ne révéler que les mains, la tête et les orteils, les dames de la Cité interdite pour qui la mode était une restriction rayonnaient littéralement de la tête aux pieds. L’évolution du Qipao est racontée par la présidente du club ainsi que la présentatrice de la soirée, Alexandra Ng.
C’est à Shanghai, au début du 20e siècle, que le Qipao a pris sa nouvelle forme. Quand les vêtements moulants occidentaux ont commencé à apparaître dans les rues de Shanghai, les Shanghaïennes commencèrent à modifier la coupe de leur robe traditionnelle. Répandue d’abord parmi les étudiantes d’université, le Qipao représentait le symbole de la Chinoise moderne et ouverte.
Dans les années 30-50, cette nouvelle robe plus courte et plus cintrée est devenue une vraie mode en Chine. La réputation de la ville de Shanghaï permettant de développer le Cheongsam dans tout le reste de la Chine. Avec son col élevé et serré, sa poitrine ample, sa taille ajustée ainsi que ses fentes qui attirent le regard, il constitue l’un des costumes les plus portés en Chine et met en valeur l’élégance, incarne la modestie, la beauté et la douceur des femmes. Avec le temps, les qipao sont devenus plus étroits avec des manches plus courtes. Il est même décliné dans des robes de soirée aux influences occidentales avec des matières somptueuses.
Sur la scène de l’auditorium Octave Wiehe, cette tenue traditionnelle est aussi transformée en uniforme avec des motifs à carreaux. Et plus stylée aujourd’hui: tout en soie et en mouvement fluide, les mannequins dévoilent ce symbole de la culture chinoise, qui peut alors être long ou court, posséder des manches longues, moyennes, courtes ou ne pas en avoir du tout, ceci dans le but de s’adapter aux différentes situations. Durant cette soirée, les Shanghaïennes ont aussi combiné leur art, mettant en scène des chorégraphies et des compositions musicales. Pour accompagner ce défilé, la Ip Man Wing Chun Association, organisatrice de l’événement, a aussi invité des praticiens d’arts martiaux à donner des démonstrations sur scène.