Après la démolition de leurs longères érigées illégalement sur les terres de l’Éat et leur relogement “temporaire” de deux ans dans l’ancienne usine de thé de leur localité, les ex-squatters de Dubreuil reçoivent aujourd’hui les clés de leur nouvelle demeure des mains du Premier ministre Navin Ramgoolam et du ministre de l’Intégration sociale Suren Dayal en présence de diverses personnalités. La cérémonie se tient à Résidence Dubreuil cet après-midi à partir de 16 h 30.
Une vingtaine de maisonnettes seront livrées cet après-midi aux ex-squatters de Dubreuil dont les maisonnettes ont été détruites le 27 juillet 2010. La cérémonie de remise de clés sera marquée par la présence de Navin Ramgoolam, Premier ministre, Suren Dayal, ministre de l’Intégration sociale, Michaël Sik Yuen, ministre du Tourisme, Abu Kasenally, ministre des Terres et du Logement, entre autres.
Relogées dans l’ancienne usine de thé durant deux ans, les familles de squatters ont longtemps attendu pour avoir un logis leur appartenant. En juillet 2010, lors d’une opération de démolition, leurs maisonnettes sont démolies sur un site de l’État. Quarante-sept longères sont alors inoccupées alors que les 23 familles restantes procèdent elles-mêmes à la démolition des structures. Une centaine de personnes, dont des femmes enceintes et des personnes âgées, se retrouvent à la rue. Elles élisent domicile dans l’enceinte du centre communautaire et après une semaine passée sous une tente de fortune, sont relogées temporairement à l’ancienne usine de thé de la localité. Par la suite, une enquête sera initiée par les officiers du ministère des Terres et du Logement pour établir les « genuine cases ». C’est à partir des données combinées que la construction des maisonnettes pour les familles a débuté. Bien que les promesses pour les nouvelles maisons indiquaient qu’elles seraient disponibles en février de cette année, ce n’est que cet après-midi que les ex-squatters feront acquisition de leur nouvelle demeure. Ces derniers, qui travaillent dans le secteur agricole, contribueront Rs 400 annuellement pour le terrain d’une superficie de 4 à 5 perches et Rs 500 mensuellement pour leur nouvelle maison de trois pièces. Notons que cinq familles qui touchaient un revenu supérieur à Rs 5 000 n’ont pas été incluses dans le projet. Elles seront appelées à entreprendre elles-mêmes la construction de leur maison sur le terrain qui leur a été offert.
L’occupation « illégale » des terres de l’État dans cette région par une dizaine de familles avait déjà été signalée en 1999. Menacées d’éviction en vertu de l’article 22 de la State Land Act, ces familles avaient reçu le soutien de Clarel Malherbes, alors député de la circonscription N°17 (Curepipe/Midlands). À cette époque, une soixantaine de familles avaient érigé des longères dans cette région.
Six années après, soit en 2005, la régularisation de la situation des squatters de Dubreuil se faisait toujours attendre. « Le cas des squatters de Dubreuil donne à réfléchir sur les conditions nécessaires pour obtenir une maison auprès des autorités compétentes. Le gouvernement devra revoir les critères d’éligibilité en fonction des grilles de salaire », laisse entendre un travailleur social.