C’est la « septième fois » que Le Petit Morne Ltée, qui a comme directrice Agathe Desvaux de Marigny, poursuit en justice des familles résidant sur un terrain à l’arrière du village du Morne, a regretté Yoni Auguste du Kolektif Vilaz Morne.

« Mme Desvaux de Marigny dit que les habitants ne comprennent pas, qu’ils sont violents, que nous ne savons pas vivre… Li pe denigre nou », a-t-il dénoncé le mercredi 10 juillet.

Un bras de fer oppose des familles du Morne à Agathe Desvaux de Marigny, propriétaire d’un terrain de 43 arpents dans ce village du Sud. Yoni Auguste a fait état des « persécutions de la police » envers des familles qui revendiquent une portion de terre qu’occupaient leurs ancêtres esclaves.

Epaulé par Rezistans ek Alternativ, Yoni Auguste a déploré la précarité et le manque de logement dans cette région de l’île.

« Lazistis ».

« Le terrain appartient aux villageois. Nous avons envoyé une lettre au ministère des Arts et de la Culture ainsi qu’au Logement pour une enquête approfondie sur cette affaire », relate-t-il.

Kolektif Vilaz Morne estime que l’État a « une part de responsabilité » dans ce contentieux et doit « tenir ses engagements auprès de l’Unesco », qui a classé Le Morne comme patrimoine mondial.

Du côté du Rezistans ek Alternative, Stephan Gua a relevé que « sa bann dimounn la pa pe demann lasarite me lazistis ».

Le porte-parole de parti éco socialiste a soutenu que les habitants du Morne subissent une « inégalité structurelle ». La solution, selon lui, serait de mettre en pratique les recommandations de la Commission Justice et Vérité.

Il a plaidé pour la mise sur pied d’une National Land Audit Commission afin que la population puisse partager son opinion sur la question des terres à Maurice.

Il est également d’avis que « le Morne Heritage Trust Fund doit rétablir le dialogue avec les habitants du village ».


Une lettre de Petit Morne Ltée (15 juillet 2019)

Monsieur le rédacteur-en-chef,

Nous faisons suite à l’article publié dans votre journal en date du 11 juillet rapportant la conférence de presse du Kolektif Vilaz Morne et de Rezistans ek Alternativ ayant pour thème « Stop Persekisyon Lor zenfan vilaz Morne ».

En 1986, Le Petit Morne Ltée a acquis un terrain situé derrière le village du Morne, et ce, en vertu d’un titre de propriété dûment enregistré au Volume 1702 No.82. Le Petit Morne Ltée, ainsi que sa Directrice Mme Agathe Desvaux de Marigny, ont dû alerter la police et avoir recours aux tribunaux à la suite d’incidents concernant ce terrain (intrusions, constructions illégales, destructions de propriété en bande, agressions à l’encontre de Mme Desvaux et des employés de la Compagnie).

La conférence de presse que vous avez rapportée, sans solliciter notre version des faits, avait pour but de présenter les actions logées en Cour par Le Petit Morne Ltée comme une « persékisyon » contre des « zenfan vilaz Morne ». Or le recours à la justice dans un État de Droit n’a rien d’une persécution, les juges veillant à ce que les droits des parties à un procès équitable soient respectés. Par ailleurs, aucun « enfant » n’est concerné, seuls des citoyens majeurs, responsables de leurs actes et de leurs paroles ayant fait l’objet de poursuites civiles.

Les propos tenus lors de cette conférence de presse sont diffamatoires et constituent un outrage à la Cour. Des actions seront donc prises afin que les personnes concernées ne perturbent plus le bon déroulement des procédures judiciaires initiées à leur encontre.

Le 7 Juillet 2015 la Juge de la Cour Suprême, Mme A F Chui Yew Cheong, a émis contre plusieurs personnes, y compris Louis Fabrice (Yoni) Auguste and Milain Jean, un ordre les enjoignant d’évacuer le terrain du Petit Morne Ltée (serial no. 2016/2014), reconnaissant ainsi les droits de notre Compagnie sur le terrain en question.

Le 17 Septembre 2017, M. Yoni Auguste a fait l’objet de poursuites pour « Contempt of Court » pour avoir violé l’ordre du Juge Mme A F Chui Yew Cheong. Afin de mettre fin aux poursuites à son encontre, Yoni Auguste s’est engagé devant la Cour Suprême à ne pas commettre d’intrusions sur le terrain appartenant au Petit Morne Ltée et à n’interférer en aucune manière avec la jouissance paisible de son terrain par la Compagnie. A aucun moment dans son « undertaking » devant la Cour Yoni Auguste a mentionné ses « ancêtres esclaves ».

Nous tenons à votre disposition la déclaration de M. Auguste devant la Cour Suprême (SCR 113317 – 5A/153/16) N’en déplaise à Rezistans ek Alternativ, la Compagnie Le Petit Morne Ltée, certaine de son bon droit, continuera à faire appel à la justice contre tous ceux qui chercheront à accaparer son bien.

Enfin, nous vous rappelons, Monsieur le Rédacteur-en-Chef, (voir le Mauricien en date du 20 Janvier que le projet du Petit Morne Ltée sur ce terrain inclut la construction pour les villageois du Morne de logements sociaux sur une superficie de 12 arpents, ce qui est unique à notre connaissance dans le cadre d’un développement privé à l’île Maurice.

Recevez, Monsieur le Rédateur-en-Chef, l’expression de nos salutations distinguées.

Le Petit Morne Ltée.