C’est la « septième fois » que Le Petit Morne Ltée, qui a comme directrice Agathe Desvaux de Marigny, poursuit en justice des familles résidant sur un terrain à l’arrière du village du Morne, a regretté Yoni Auguste du Kolektif Vilaz Morne.

« Mme Desvaux de Marigny dit que les habitants ne comprennent pas, qu’ils sont violents, que nous ne savons pas vivre… Li pe denigre nou », a-t-il dénoncé le mercredi 10 juillet.

Un bras de fer oppose des familles du Morne à Agathe Desvaux de Marigny, propriétaire d’un terrain de 43 arpents dans ce village du Sud. Yoni Auguste a fait état des « persécutions de la police » envers des familles qui revendiquent une portion de terre qu’occupaient leurs ancêtres esclaves.

Epaulé par Rezistans ek Alternativ, Yoni Auguste a déploré la précarité et le manque de logement dans cette région de l’île.

« Lazistis ».

« Le terrain appartient aux villageois. Nous avons envoyé une lettre au ministère des Arts et de la Culture ainsi qu’au Logement pour une enquête approfondie sur cette affaire », relate-t-il.

Kolektif Vilaz Morne estime que l’État a « une part de responsabilité » dans ce contentieux et doit « tenir ses engagements auprès de l’Unesco », qui a classé Le Morne comme patrimoine mondial.

Du côté du Rezistans ek Alternative, Stephan Gua a relevé que « sa bann dimounn la pa pe demann lasarite me lazistis ».

Le porte-parole de parti éco socialiste a soutenu que les habitants du Morne subissent une « inégalité structurelle ». La solution, selon lui, serait de mettre en pratique les recommandations de la Commission Justice et Vérité.

Il a plaidé pour la mise sur pied d’une National Land Audit Commission afin que la population puisse partager son opinion sur la question des terres à Maurice.

Il est également d’avis que « le Morne Heritage Trust Fund doit rétablir le dialogue avec les habitants du village ».