Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, qualifie de “vrai scandale” la décision du ministère des Terres et du Logement d’accorder, en août de l’année dernière, un nouveau bail industriel à la Société Mohamed Umeeir Ibne Showkut (SMUIS). “En s’obstinant à n’évoquer que les faits de 2008 tout en faisant l’impasse sur ceux de 2015, Soodhun veut noyer le poisson”, dit le chef de l’opposition qui trouve, en sus, qu’acculé sur ce dossier, mardi, à l’Assemblée nationale, le ministre de tutelle a, “par lâcheté”, tenté de “traîner dans la boue” le député du MMM, Reza Uteem.
Paul Bérenger accuse Showkutally Soodhun d’avoir fait preuve de “lâcheté”, mardi, à l’Assemblée nationale, sur la question du terrain à bail de Grand-Baie initialement alloué à la Compagnie de Culture de Tabac Ltée. Il soutient qu’”acculé” sur ce dossier, le ministre des Terres et du Logement a tenté de “traîner dans la boue” le député du MMM, Reza Uteem. Le chef de l’opposition trouve que la décision du ministre de transférer ses parts, le 14 mai 2015, dans cette société au nom de son fils était, déjà, “anormale”. Le “vrai scandale”, explique-t-il, néanmoins, est la décision subséquente prise par le ministère des Terres et du Logement, le 26 août 2015, d’accorder au fils Soodhun un nouveau bail.
La décision du ministère d’émettre un nouveau bail industriel sur ce terrain de Grand-Baie, jusque-là sous un bail résidentiel, a, dit-il, permis aux détenteurs de mettre en chantier, sur place, leur projet de clinique dentaire et de complexe de bungalows. Selon Paul Bérenger, en s’obstinant à n’évoquer que les faits de 2008 tout en faisant l’impasse sur ceux de 2015, Showkutally Soodhun a voulu noyer le poisson. En vue de mieux convaincre, le ministre des Terres et du Logement aurait pu, selon lui, expliquer qu’il s’est abstenu de décider dans ce cas car son propre fils était concerné.
Pour lui, en effet, l’explication fournie par le conseiller juridique du ministère laissant entendre qu’il a “donné des instructions” aux fonctionnaires pour que ce ne soit pas le ministre qui décide, dans ce cas, ne tient absolument pas la route. Le chef de l’opposition estime qu’en tenant compte du “précédent MedPoint”, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) aurait dû avoir déjà initié une enquête dans toute cette affaire. “Qu’à cela ne tienne, en temps et lieu, ce dossier sera réouvert”, promet Paul Bérenger. Il aborde, parallèlement, les allégations de Showkutally Soodhun à propos du terrain à bail de Quatre-Cocos.  Le leader de l’opposition assure, à ce sujet, que ce terrain est géré “tout à fait légalement” par un Trust dont les bénéficiaires sont les enfants de Reza Uteem. “C’est une pratique répandue à travers le monde et le but fixé par une telle pratique est d’éviter à l’avenir tout problème de succession. Il n’y a rien d’illégal à cela”, soutient Paul Bérenger.
“Tendre la perche aux marchands
de rue”
Le chef de l’opposition allègue, par ailleurs, qu’il y aurait du louche dans les procédures pour l’acquisition par le Central Electricity Board (CEB) de deux turbines à gaz. Il évoque des informations laissant entendre que l’appel d’offres pour les services d’un consultant autour de ce projet aurait été annulé en vue d’être relancé. Paul Bérenger allègue que cette démarche serait “sans doute pour choisir un sousmissionnaire non-qualifié.” Il évoque, de même, “l’empressement”, selon lui, pour la préparation des documents d’appel d’offres pour les deux turbines et la décision subséquente de “tripoter” les spécifications.
Le leader de l’opposition ne manque pas, non plus, de rappeler que le site initialement choisi pour abriter la nouvelle centrale à gaz à Bain-des-Dames a dû être abandonné en raison de la présence, sur place, d’une zone humide. Alors que, rappelle-t-il encore, il avait été subséquemment décidé de transférer le projet au Fort George, la Mauritius Ports Authority (MPA) et le ministre responsable du port, Xavier Duval s’y opposent cette fois, en évoquant notamment les risques de sécurité que représentent de telles installations dans la zone portuaire. Promettant de revenir sur toute la question à l’Assemblée nationale, Paul Bérenger réclame une entière transparence sur ce dossier.
Évoquant le cas des marchands de rue, le chef de l’opposition se réjouit que le président de la Street Vendors Association (SVA), Hyder Rahman, a précisé, vendredi, que ces marchands, revenus à de meilleurs sentiments, n’insistent plus à demeurer dans les rues. Paul Bérenger reconnaît que les membres du public en général apprécient fortement que les rues de Port-Louis ne sont plus encombrées comme jusqu’à récemment. Il regrette néanmoins que, plutôt que de tendre la perche aux marchands de rue, le PM, sir Anerood Jugnauth, a choisi d’être “insultant” et “blessant” à leur encontre quand il les a invités à “anvole”.
Maintenant que ces marchands démontrent de meilleures dispositions pour une solution à la satisfaction de tous, le leader de l’opposition demande au gouvernement de leur renvoyer l’ascenseur en faisant provision pour un minimum d’aménagement sur les sites identifiés pour leur relogement temporaire. Il critique la “grossièreté” des moyens déployés par des estafettes de la police, tard dans la soirée de vendredi, pour remettre sa lettre de révocation au président de l’Equal Opportunities Commission (EOC), Brian Glover, dont le contrat est arrivé à terme.
S’il reconnaît, d’autre part, à Menon Marday, “certaines qualités”, Paul Bérenger considère, néanmoins, que la nomination du candidat battu du MSM à la SBM confirme que cette banque est devenue “un fourre-tout”. Il rapelle à cet effet, que déjà l’ancien député Kee Chong Li Kwong Wing, qui a activement soutenu l’Alliance Lepep aux dernières élections, a lui aussi “eu sa part” à la SBM et que, dans l’intervalle, cette banque d’État “part en lambeaux”.
S’il accueille, enfin, favorablement le projet d’un centre de cancérologie spécialisé, le leader de l’opposition demande au PM d’avoir personnellement un oeil quant au choix du centre spécialisé étranger qui sera le partenaire des autorités mauriciennes de Santé pour ce projet ainsi que par rapport aux équipements de pointe qui seront acquis. “Ce serait un crime si l’on se trompait”, déclare Paul Bérenger. Au passage, il évoque les grandes misères subies jusqu’ici par les patients souffrant du cancer dans le service hospitalier, un nouveau cas ayant, d’ailleurs, été rapporté cette semaine même.