Pour sir Anerood, la population a le droit légitime de se sentir en sécurité. Or, selon lui, il règnerait un «climat de terreur» dans le pays avec une «escalade de la violence». Le leader du Remake 2000 en veut pour preuves le récent cas de kidnapping d’un receveur d’autobus avec demande de rançon de même que les cas rapportés de crimes de ces derniers jours, notamment à Sébastopol, Cent Gaulettes et Vacoas.
«Certains sont prêts à tout», trouve-t-il. L’ancien Président est d’avis que des problèmes sociaux tels la drogue, les jeux de hasard, le chômage et la pauvreté favorisent la criminalité. SAJ critique, de nouveau, le Premier ministre pour ce qu’il juge être son incapacité à assurer le maintien de l’ordre et de la paix dans le pays. Aussi, pour lui, il n’y a aucun espoir que les choses changent «aussi longtemps que Navin Ramgoolam sera au pouvoir». D’où l’utilité, selon lui, d’un nouveau gouvernement pour faire prévaloir le «law and order».
Critiques réitérées aussi de sir Anerood à l’encontre de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Pour le leader du Remake 2000, la Commission anticorruption s’est discréditée et n’inspire pas confiance. Il trouve que l’ICAC n’est qu’un instrument politique au service du pouvoir en place. SAJ ne se prive pas pour évoquer les cas d’officiers de la Commission qui sont au nombre de deux qui ont investi de l’argent dans des Ponzi Schemes mis au jour il y a quelque temps. «Cela est-il acceptable?», se demande-t-il.
ICAC: «Rien contre la fraude et                la corruption»
Rappel, tout aussi, du cas du Chief Investigating Officer impliqué dans une allégation de fraude ainsi que celui d’officers de la Commission qui se prêtent et qui s’empruntent de l’argent. Pour sir Anerood, l’ICAC n’a «rien fait» contre la fraude et la corruption. Évoquant l’affaire alléguée de trafic d’armes, il se demande comment  les hommes de loi de la famille Mohamed ont eu vent que l’accusatrice dans cette affaire, l’Américaine Kathi Lynn Austin, était entendue par des officiers de l’ICAC à la Haute commission mauricienne à Londres.
Revenant sur le terrible accident du 3 mai dernier à Sorèze qui avait fait plusieurs morts, SAJ s’insurge que la police veuille maintenant faire porter le chapeau au conducteur et au receveur de l’autobus Blueline de la CNT impliqué. Pour lui, les «vrais coupables» sont «le Premier ministre, le ministre de tutelle, Anil Bachoo ainsi que les responsables de la CNT». Le leader du Remake 2000 soutient, à cet effet, que des «pressions» ont été exercées sur la CNT pour faire l’acquisition d’autobus défectueux.
Il rappelle que les rescapés de cet accident ont tous témoigné que le chauffeur les avait avertis de prendre des précautions car les freins avaient lâché. «Il avait tout entrepris pour éviter le pire au risque de sa vie puisqu’il est mort et le receveur a été grièvement blessé», dit sir Anerood. D’où son incompréhension quant à la supposée «faute» du conducteur et du receveur. Le leader du Remake 2000 ajoute qu’il est connu que si le chauffeur avait refusé de faire rouler l’autobus, il aurait été remercié. Ce qui lui fait dire que les autorités agissent sans aucune considération pour les travailleurs.
La situation au niveau de l’Enseignement supérieur fait aussi l’objet de commentaires de SAJ. Il évoque la décision de la Universities Grant Commission (UGC) indienne de confirmer la non-accréditation d’un certain nombre d’institutions dont le «branch campus» de la EIILM University de la famille Jeetah.
«Des centaines d’étudiants se retrouvent ainsi dans une situation difficile», explique sir Anerood. Il souligne qu’après avoir été contraint, à l’Assemblée nationale, de reconnaître qu’il était un «trustee» du Jeetah Trust qui gère ce «branch campus», le ministre de tutelle, Rajesh Jeetah est venu dire le contraire lors d’une conférence de presse. Pour le leader du Remake 2000, Rajesh Jeetah n’a jamais fini de «fané» depuis qu’il a été nommé ministre. «Même son père est venu dire qu’il y avait conflit d’intérêt», esplique SAJ.
Par ailleurs, l’ancien Président condamne, lui aussi, le coup d’État en Égypte qui a renversé le président démocratiquement élu, Mohamed Morsi. Il dit souhaiter que les Égyptiens reprennent rapidement,la voie de la démocratie. Par rapport à la situation à Madagascar, sir Anerood se réjouit que le bon sens semble finalement prévaloir et dit espérer que les prochaines élections dans ce pays seront libres et justes pour que la Justice et le Droit l’emportent à Madagascar.
À l’heure des questions, SAJ devait avouer qu’il est assez réaliste pour convenir que seul le MSM ne pourrait remporter des élections. Il rappelle que c’est quand le leader du MMM, Paul Bérenger lui a proposé de prendre la tête du Remake 2000 regroupant le MSM et le MMM qu’il a décidé de quitter le Réduit pour se jeter dans la bataille. Il assure que si après la défaite du gouvernement sortant MSM/MMM en 2005, il avait dû subir les pires humiliations de Navin Ramgoolam, ce dernier devait, par la suite, le «supplier» de ne pas partir au moment où le Remake allait se constituer.
Sir Anerood dit «faire confiance» à Paul Bérenger comme lui-même assure toujours honorer sa parole. Il dit n’avoir «aucun doute» d’un 60/0 en faveur du Remake 2000 aux prochaines élections. Par rapport à la réforme électorale, SAJ dit ne pas comprendre Navin Ramgoolam qui, tout en assurant un jour que c’est lui qui fera aboutir la réforme, vient un autre jour demander aux journalistes d’aller voir l’opposition.