L’enseignement supérieur à Maurice a connu un événement historique hier avec la signature de la Magna Charta Universitatum par l’université de Maurice (UoM). La cérémonie de signature, qui se fait une fois par an, s’est déroulée à l’université de Bologne, en Italie, en présence de la vice-chancelière, le Pr Romeela Mohee, et Mono Bunwaree, chargé de cours à la faculté de sciences, qui a piloté le projet pour l’adoption du processus de Bologne. Recommandée par le rapport du visiteur Dev Manraj en 2013, la signature de ce protocole, qui regroupe plus de 400 grandes universités européennes, donne l’espoir pour une institution tertiaire qui sera désormais appelée à fonctionner dans la transparence et, surtout, vise à mettre l’étudiant au coeur des préoccupations de l’université.
Presque deux ans après les recommandations du visiteur, l’université de Maurice a marqué l’histoire hier en devenant signataire de la Magna Charta Universitatum. Rendu public en mars 2013, le rapport du visiteur Dev Manraj, nommé alors par l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam pour faire la lumière sur les maints problèmes qui surgissaient au sein de l’institution, le rapport du visiteur consacrait une bonne partie à l’importance de promouvoir une plus grande transparence dans les activités et finances de l’institution.
Il recommandait ainsi à l’UoM de signer la Magna Charta Universitatum, qui établit les principes et le rôle qu’une université est appelée à jouer. Des changements aux statuts de l’établissement ont d’ailleurs été apportés afin d’assurer une plus grande « openness and transparency and participative democracy ». Dans le rapport de Dev Manraj, on peut ainsi lire : « The University governance structure and procedures should be geared towards making the institution more dynamic, proactive that would enable it to improve its ranking both at regional and international level and to become a major player in the higher education sector in the region. »
La Magna Charta Universitatum met l’accent sur l’obligation de rendre compte, la transparence et l’assurance de la qualité, qui sont des conditions préalables à la reconnaissance de la liberté académique et de l’autonomie institutionnelle des universités. Seul un tel contrat peut permettre à ces institutions de représenter un apport pour la société et, à travers le libre choix des meilleurs moyens de remplir leur mission, de jouer un rôle actif, à savoir ne pas se contenter de réagir aux changements, mais être l’un des acteurs qui prennent l’initiative d’engager et d’accompagner les évolutions souhaitables. L’année dernière, le conseil de l’UoM, dans sa démarche pour mettre en pratique les recommandations du visiteur, devait procéder à la désignation de Mono Bunwaree, qui est aussi le représentant du personnel académique sur le conseil, pour la rédaction des objectifs de l’institution pour adhérer à la Magna Charta Universitatum. Pendant plusieurs mois, Mono Bunwaree a ainsi piloté cette démarche et la demande fut envoyée au comité de l’Université de Bologne en mars avant d’être approuvée en juin. La signature a eu lieu hier. En tant que signataire de la Magna Charta Universitatum, l’UoM plaide désormais pour une liberté académique, exercée pleinement sur la dimension de la connaissance et sur celle de la recherche. C’est un texte puissant, qui énonce les principes fondamentaux auxquels les universités ne peuvent pas déroger. Leur indépendance par rapport à? tout pouvoir politique, économique et idéologique y est érigée en norme impérative, tout comme le lien indissociable entre la recherche et l’enseignement. La Magna Charta Universitatum se prononce en faveur de la mobilité?, de l’e?change réciproque d’informations et de documentation communes.