Les procédures dans le recrutement du Registrar, du responsable des Finances et celui de l’Information Services ont été suivies. C’est ce dont fait état la direction de l’Université de Technologie de Maurice dans deux récents communiqués. Toutefois, aux dires de l’University of Technology Mauritius Employees Union (UTMEU), les procédures n’ont pas été respectées dans ces trois recrutements depuis l’installation de la direction les quatre derniers mois.

La nomination de Sadhna Juwaheer en tant que Registrar de l’UTM a été décriée par l’UTMEU. Selon le président du syndicat, Vikash Sewsagur, le public est le « meilleur juge ». « How can a scheme of service which clearly stipulates that the candidate should have different types of experience in Universities be overlooked in favour of someone who does not have human resource management, administrative, research and consultancy activities etc. in Universities? », se demande-t-il.

Vikash Sewsagur avance que ce poste requiert un degré élevé d’éthique et d’intégrité. N’abordant pas le cas de fuite alléguée de papier d’examens, le syndicaliste estime que cette dernière n’aurait pas dû être nommée et fait ressortir n’avoir rien de personnel contre elle. Et de se demander pourquoi la direction de l’UTM a offert à la nouvelle Registrar sa lettre de nomination aussi rapidement. Vikash Sewsagur affirme que l’UTMEU n’a jamais été en accord avec l’Officer in Charge de l’UTM ni avec le conseil d’administration car le processus de recrutement comporte des failles et que cet exercice est caduc.

L’une des remarques de la direction émise dans le communiqué concerne l’amélioration des infrastructures. Si l’union concède une amélioration, les autres « nouveautés », comme le fait ressortir la publication, sont « des activités continuelles dans la mise en place de l’université » et que rien n’est « extraordinaire ». Selon Vikash Sewsagur, le fait de rendre publics deux communiqués est un « exercice de relations publiques vide » et qui rend l’institution la « risée aux yeux du public ». Selon lui, l’UTM fait tout pour « sauver la face » et cache la vérité car les politiques et les actions entreprises sont sur une base de « trial and error ». « La mise en place de la plupart de ces politiques est mise en question », dit-il. Le syndicaliste fait ressortir que les nombreux changements apportés dans la politique de l’UTM « ne sont pas adaptés » avec les réalités de l’UTM car ces politiques, dit-il, n’ont pas été élaborées après des consultations avec les différentes écoles et le personnel. « Ce qu’a fait l’Officer in Charge entraîne des ‘dommages irréversibles’ aux procédures établies de l’institution et ce qu’il fait n’est pas dans son ‘domaine de compétence’. Répondant aux différents points émis par la direction de l’UTM, le syndicaliste avance qu’aucune consultation n’a été faite avec les responsables des écoles s’agissant des changements qui ont été apportés à la politique de modération.

Cette politique, selon le syndicaliste, a été publiée le 9 octobre de cette année, puis amendée de nouveau et rediffusée le 17 octobre 2018, puis à nouveau modifiée et rediffusée le 23 octobre. « Cela montre sans doute l’approche amateur dans laquelle une affaire sérieuse est traitée », dit-il.
La fermeture de la School of Health Science sans un processus de diligence raisonnable est une « démarche controversée » selon le syndicaliste. Accusant l’Officer in Charge de cette fermeture, il avance que le conseil académique n’était même pas conscient de ce changement au niveau de la structure académique de l’institution. Un autre changement, selon le syndicaliste concerne le Research Degree Committee où le Quality Assurance Officer a été retiré du RDC. « This clearly goes against the TEC recommendations of Audit Report of Nov 2008 », écrit-il.

Un autre point qui ressort dans la réponse de Vikash Sewsagur concerne le paiement des frais d’études pour les étudiants dont la situation financière est difficile. Si le délai de paiement pour les études de ces étudiants a été étendu à deux reprises, il soutient que l’Officer in Charge opère de sa « tour ivoire » et qu’il n’est pas en ligne avec la réalité. Il regrette également que le ‘Needs-Based Scholarship’ octroyé aux étudiants qui sont dans le besoin a baissé de 20 à 4. « Ceci n’est pas justifiable », fait-il ressortir.
Par ailleurs, la rencontre formelle entre la direction et l’UTM Staff Union et l’Union des Étudiants est un « joke » selon le syndicaliste. « Following meetings of Union with management, no notes of meeting are circulated. What is worse is that the name of the Union is being used at the Board level as having agreed to the shortcomings in the performance management to mislead board members. If the Union has reached the stage of raising its voice in public it is because it is being taken for a ride and its name was being used to whiten the dubious things done by management », dit-il.

Le syndicaliste est aussi remonté concernant l’absence d’un exercice de promotion pour les employés académique et non-académique de l’UTM. Un exercice, qui, dit-il, n’a pas été effectué depuis les cinq et dix dernières années respectivement. « Différents types de rémunération aux employés et autres sont en suspens depuis plus de trois ans. Plusieurs employés n’ont même pas encore été payés leurs heures supplémentaires », fait-il ressortir.