Rupture signifie étymologiquement rompre, briser, casser. C’est le postulat des travaux montrés ici, expression d’une « logique de rupture » récurrente qui se consolide, allant encore plus loin en s’inscrivant dans l’Absurde, le Non-Sens et l’absence de sujet en tant que tel. Mettre en contact des éléments qui n’ont rien en commun et par là même créer un ensemble cohérent qui ne « raconte » rien, qui ne se réfère à aucune réalité extérieure. Puiser dans le Langage Plastique, le Vocabulaire Esthétique et l’Historicité de l’Œuvre issue des « réalités psychiques » de l’Artiste en tant que créateur d’Objets d’Art et d’Objets de Connaissance.
La notion de rupture implique un avant et un après. La rupture donc, n’est qu’un Passage, un Instant. Pour qu’il y ait rupture il faut un préalable, une situation, un état avec lequel on rompt et de ce fait même naît une situation, un état nouveau. Dialectique ! Autrement dit, la rupture est la résolution d’une contradiction antagoniste, la remise en question d’une situation, d’un état et qui ouvre sur d’autres perspectives.
Mon Travail a toujours été en rupture constante avec lui-même, les différentes périodes en témoignent, mais en se référant constamment à sa propre Histoire en mouvement perpétuel. « L’Art ne vit pas en dehors du temps et de l’espace, l’artiste en dehors de ce qu’il est, de ce que les circonstances ont fait de lui. » Elsa Triolet – in « Le Monument ». J’ai rompu avec les notions de Beauté, les règles académiques (particulièrement occidentales et judéo-chrétiennes), avec les écoles, les tendances, les modes, les courants, comme j’ai jeté aux orties les formats, le châssis, l’encadrement. Mon Histoire personnelle est une longue histoire de fractures, de ruptures. Rupture avec le système d’éducation, l’ordre, la discipline, l’autorité, les hiérarchies, les modes vestimentaires, les mondanités, la coiffure, l’ordre moral, les moeurs, les conventions sociales, les codes de comportements, les idéologies dominantes, les valeurs culturelles, les classes sociales, le parti, l’état, les croyances, les cultes, les religions, la foi, les dieux, les chefs, et tout le bataclan des hommes pour que le plus fort puisse asseoir son petit pouvoir provisoire sur les autres.
Mon rejet constant, ma rupture brutale et sans compromis avec toutes ces choses a engendré celui que j’ai façonné, qui est aujourd’hui cet homme rigoureux, pointu, et en retrait. Eternel réfractaire,  je cultive mon hostilité, la subversion, la transgression et l’insoumission. Je hais la méchanceté, la bêtise, l’hypocrisie, le mensonge, la manipulation, la paupérisation intellectuelle et la misère esthétique. Je me tiens loin de ces sociétés hideuses, pas par peur de contagion, je suis depuis longtemps immunisé, mais elles me salissent. D’ailleurs je me lave constamment au savon antibactérien.
Je n’ai jamais cru et encore moins appartenu à toute cette pourriture. Aujourd’hui je sais l’inutilité de la Vie et des Choses. Je ne crois définitivement plus en rien. Rien ne sert à rien. La Vie c’est le Temps qu’on prend pour mourir. « C’est comment qu’on freine, je veux descendre de là » Alain Baschung. Il n’y a plus rien, sinon que cette vieille manie, cette habitude tenace de vivre et de faire.  
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J’interdis formellement que l’on me prenne en photo ou que l’on me filme sans autorisation préalable. Seuls les photographes de presse, dans l’exercice de leur profession et dans le cadre strict de mon activité d’artiste, sont exemptés. Toute tentative de contourner cette injonction rencontrera une réaction brutale et hostile de ma part.