Si Floreal Knitwear a pu tenir contre vents et marées, c’est grâce au « génie mauricien », à « l’humain ». Ce sont ainsi ces travailleurs et travailleuses du textile qui étaient à l’honneur de son 40e anniversaire. Un secteur dont le moteur a été productivité et innovation. Un exemple à suivre pour le ministre des Finances et du Développement économique Xavier-Luc Duval, invité d’honneur hier lors de l’événement organisé à l’usine de Mangalkhan.
D’ordinaire, la recette du succès économique repose sur des piliers bien établis : un combiné de savoir-faire, disponibilité des ressources naturelles, de proximité logistique… « Mais à Maurice, on ne plante pas le coton comme au Bangladesh, rappelle Harold Mayer directeur de CIEL Textile, dont Floreal Knitwear est membre. On est un peu perdu au milieu de l’océan. » Pourtant, 40 ans de textile contre vents et marées, un roupie de temps à autre jugée « trop forte », entre autres, témoignent de la résilience du secteur et de la vision de ces Mauriciens – dont sir Pierre Dalais – qui auront cru dans l’aptitude mauricienne. Harold Mayer rappelle : « À l’époque, c’était une question d’audace, mais il faut plus pour s’inscrire dans la durée. » Quelle est la recette de cet « improbable » (aux yeux des autres pays) succès ?
Lors du 40e anniversaire de Floreal Knitwear, célébré hier après-midi à l’usine de Mangalkhan, il était question de rendre hommage aux 100 000 travailleurs qui ont fait prospérer la société. Hommage marqué au « génie mauricien », à « l’humain » et aux valeurs qui font du textile un secteur à la fois passionnant et exigeant. Amour du travail, solidarité… Et de noter cette « audace » nouvelle : l’expertise et le développement de techniques de pointe rarement égalées dans le monde, comme devaient le souligner Sean Thistleton et Jimmy Jackson, respectivement délégués de Woolworths et de l’Australian Wool Innovation Ltd.
Par ailleurs, la résilience avait été le maître mot du précédent exercice budgétaire. Ainsi, le ministre des Finances et du Développement économique Xavier-Luc Duval a poursuivi sur la même lignée, mettant l’accent sur la productivité. « Il est dommage qu’à Maurice, on prenne mal le mot productivité. Quand on dit productivité, on s’imagine des patrons qui tapent sur les employés (…) Mais productivité, cela veut dire avant tout travailler et gagner plus, améliorer le sort de son pays, et améliorer son propre niveau de vie. » Faire de la productivité un acquis, une valeur à part entière dans le paysage économique, semble émerger comme une priorité. « La productivité est essentielle à la croissance, surtout qu’avec un taux de chômage élevé de 27% chez les jeunes… » M. Duval laisse également entendre : « Il est dommage que des Mauriciens rechignent à se joindre au textile et qu’on ait besoin de faire appel aux étrangers. »
Mais Floreal Knitwear s’impose aussi comme un exemple à suivre en termes d’innovation, « élément qui manque encore cruellement aux entreprises locales ». Xavier-Luc Duval souhaite que Floreal continue en ce sens tout en intégrant des objectifs green de même qu’en oeuvrant pour le bien-être des employés en leur offrant, notamment, des services de crèche.
Pour sa part, Arnaud Dalais, président de CIEL Textile, a retracé l’historique de Floreal Knitwear. Cette usine, première de la zone franche à produire des vêtements destinés à l’exportation, a été créée en 1971 par des investisseurs hongkongais en partenariat avec Antoine et René Seeyave. C’est en 1973 que Pierre Dalais, représentant de CIEL, filiale de Deep River–Beau-Champ, rachète 51% de Floreal Knitwear. De là, l’aventure Floreal Knitwear s’étend au Bangladesh dès 2007. Aujourd’hui, Floreal Knitwear produit 5 millions de pull-overs par an grâce à quatre unités de production : une à Maurice, une autre au Bangladesh et deux autres à Madagascar. Le groupe CIEL était d’ailleurs le premier du secteur à tenter de s’implanter à Madagascar – « un pari gagnant ».
Depuis 2001, Floreal Knitwear, Tropic Knits et Aquarelle Clothing, ainsi que leurs filiales, se sont regroupés pour donner naissance à CIEL Textile, au chiffre d’affaires de Rs 8,643 milliards et comptabilisant des profits sans précédent de Rs 515 millions après impôts pour l’année financière 2012. Et Harold Mayer d’espérer que « Floreal Knitwear is not 40 years old, it is 40 years young ».