Une trentaine de professionnels de l’industrie textile et de l’habillement ont participé hier au siège de la National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), Ébène, à un atelier sur le thème « A world of Cooperation — Enhancing Capital Productivity for Textile & Apparel Enterprises ». Cet atelier a été animé par Giovani Sammariva, expert italien en textile et habillement, et Martin Downey, spécialiste en machines industrielles.
« Le focus de l’atelier d’aujourd’hui (ndlr : hier) est sur deux questions importantes : d’abord les possibilités de coopération entre les grandes et petites entreprises pour améliorer la compétitivité, puis, la productivité du capital (voir encadré) du secteur textile », a précisé l’Officer in Charge du NPCC, Dev Appalswamy, dans le discours d’ouverture. « Il est primordial que chaque entreprise soit consciente de son rôle à améliorer sa productivité afin que cela puisse avoir un impact positif sur la productivité et la performance économique globales du pays », a-t-il ajouté.
Selon l’intervenant, Maurice a connu ces dix dernières années un taux moyen de croissance de seulement 9,6 % dans le secteur du textile à comparer à 17 % pour le secteur non-textile. « Peut-on améliorer ce taux ? », s’est-il demandé.
Dans cette perspective, Dev Appalswamy a rappelé le soutien qu’a donné le NPCC au secteur du textile depuis sa création en 2000. Il a évoqué notamment l’institution de la Textile Emergency Support Team (TEST) en 2001, alors que ce secteur traversait un moment difficile. « Quand la TEST a été instituée, le NPCC a été appelé à analyser la productivité de plusieurs companies textiles et nos conclusions étaient alarmantes : nous prédisions la fermeture de plusieurs d’entre elles », a-t-il indiqué.
Suivant les prévisions alarmistes du NPCC, 137 compagnies de l’industrie textile et de l’habillement ont ainsi fermé leur porte entre 2001 et 2013, a déploré Dev Appalswamy. « Nous pensons que les principales raisons de ces fermetures sont que les entrepreneurs n’ont pu prédire les changements dans les demandes de leurs clients. Ils n’ont pu non plus planifier le démantèlement de l’Accord Multifibre, et plus dramatique encore, ils n’ont pu améliorer la performance globale de leur productivité afin de pouvoir faire face à la multitude de problèmes relevant de la mondialisation de l’industrie du textile et devenir par conséquent résilients », a-t-il élaboré.
Aujourd’hui, a poursuivi l’orateur, Maurice a pu saisir les opportunités qu’offrent l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) et l’African Regional Markets. « Pour tirer profit de toutes ces opportunités, nous devons continuellement améliorer nos procédés, nos outils et nos équipements, ainsi que notre façon de travailler », a-t-il préconisé. Et c’est dans ce contexte que le NPCC a organisé le présent atelier, a poursuivi l’Officer in Charge.
Giovanni Sommariva et Martin Downey ont alors successivement animé l’atelier aidés d’une vidéo projection. Le premier, qui connaît Maurice depuis 2005, a présenté des études de cas sur les moyens pour le secteur textile-habillement d’améliorer sa productivité, et notamment celle du capital. Il a également élaboré sur l’importance de la collaboration entre entreprises dans le contexte économique difficile d’aujourd’hui.
Martin Downey, qui est un spécialiste en machines industrielles, et dont c’est la toute première visite au pays, a, lui, élaboré sur les domaines possibles de collaboration afin que les entreprises mauriciennes qu’il a visitées durant la semaine, puissent rehausser leur efficience et leur efficacité.
Des discussions ont ensuite suivi entre les deux animateurs et les professionnels présents.