À 75 ans, Philippe Wai Ping sera le doyen des bénéficiaires de l’allocation offerte par le gouvernement aux anciens sportifs ayant brillé dans des compétitions d’envergure. S’il se trouve être un inconnu pour la présente génération, il n’en demeure pas moins qu’il a donné au sport mauricien ses premières lettres de noblesse en décrochant la médaille d’argent au cours des championnats d’Afrique d’haltérophilie tenus en Égypte en 1978. Il concourait alors dans la catégorie -56 kg.
« J’avais montré la voie », s’exclame aujourd’hui celui qui n’avait pourtant débuté sa carrière de leveur de fonte qu’à l’âge de 28 ans, après s’être adonné au culturisme. Sa prestation lors de cette compétition continentale est d’autant plus remarquable, car il n’avait pas bénéficié de l’apport d’un entraîneur qualifié et qu’il avait appris les rudiments de cette discipline à travers des magazines. Il n’empêche que l’haltérophilie mauricienne connaissait une certaine popularité au cours des années 1970. Et ce, à travers la prestation des Gérard Nadal, Alan Tan Yan, Lindsay Loiseau, Gérard Yip, Steward Lai Cheong et Adinarain Pyndiah, mais les moyens faisaient assurément défaut.
Reste que vu sa notoriété acquise suite à sa prestation africaine et sa cinquième place aux championnats du Commonwealth à Edmonton au Canada, Philippe Wai Ping aura la particularité d’avoir fait fuir l’opposition aux deux premières éditions des Jeux des îles. S’il s’était retrouvé seul sur le podium en 1979, il n’y avait que le Réunionnais Sinama qui avait osé lui tenir tête six ans plus tard, mais en vain. Ce sera au cours de cette deuxième édition qu’il pourra finalement travailler sous la férule d’un entraîneur étranger, à savoir le Russe Valeri Samouelov. « Il a décelé mes défauts et je suis heureux que mes records nationaux tiennent toujours », souligne-t-il.
Aujourd’hui à la retraite, l’ancien enseignant au collège St Joseph revit ces grands moments qui ont marqué sa carrière. « Je regrette toutefois de n’avoir pu débuter plus tôt. Ma première médaille en haltérophilie n’a été obtenue qu’à l’âge de 35 ans. Néanmoins, j’ai été très heureux d’avoir figuré parmi les sportifs invités lors des célébrations du 80e anniversaire de l’ancien Premier ministre sir Seewoosagur Ramgoolam. » Avec cette allocation, Philippe Wai Ping, grand-père de quatre petits-enfants, bénéficiera donc d’une nouvelle reconnaissance de l’État. L’occasion de remettre en lumière ceux qui ont su faire honneur au pays, malgré les moyens du bord de l’époque.