L’ex-athlète Aurélie Alcindor pourrait être appelée à restituer le montant de sa bourse. En décembre 2016, elle avait reçu son chèque du président du TFES, Thevarajen Ponambalum

Le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) attend toujours des preuves tangibles pour décider de la marche à suivre concernant l’ex-athlète, Aurélie Alcindor qui avait bénéficié d’une bourse sport études à partir de janvier 2017 aux États-Unis, mais qui a mis fin à sa carrière en août dernier. Pour justifier sa décision, celle-ci avait écrit au TFES pour dire qu’elle avait été victime de harcèlement sexuel de la part de son coach à l’université.

Pris au dépourvu par ce cas présumé, le TFES a demandé à l’Association mauricienne d’athlétisme d’enquêter sur le bien-fondé d’une telle accusation qui autrement « est considérée très grave », déclare la directrice exécutive (CEO) de la fondation, Sheila Seebaluck. « Ce n’est qu’après avoir obtenu un rapport officiel sur ce cas allégué que le TFES pourra agir et en toute transparence et dans la légalité. Pour l’instant aucune décision n’a été prise. Mais le TFES pourrait éventuellement demander à l’ex-athlète de lui restituer l’aide financière qu’elle aura bénéficié. Car c’est quand même un investissement de l’État. »

Selon le TFES, Aurélie Alcindor devait s’entraîner tout au long de la durée de sa bourse et communiquer ses résultats et ses performances à l’AMA qui l’avait recommandée pour l’obtention de sa bourse. Aurélie Alcindor, 23 ans, avait bénéficié d’un chèque Rs 240 000 de la part du MJS et le Trust Fund for Excellence in Sport (TFES) avant son départ en janvier 2017 au Cowley College, Arkansas. Elle avait par la suite fait une demande en début d’année pour le nouvellement de sa bourse académique au TFES pour un montant de Rs 200 000. « Elle nous avait dit qu’elle devait payer ses études pour avoir droit à une ‘full scholarship’ à l’université. Le board a agréé à sa demande. Et elle a ainsi obtenu une bourse complète à l’Oklahoma City University (OCU), ce qui est un privilège, même pour les étudiants américains », souligne Sheila Seebaluck.

Bourses allouées sur une base contractuelle

Si les allégations étaient fondées, l’ex-athlète aurait normalement dû avoir consigné une déposition à la police américaine, estime le TFES. Or, il semblerait que le cas n’aurait pas été rapporté… « La thèse de harcèlement n’est pas crédible à ce stade. On croirait plutôt qu’elle a berné tout le monde. C’est dommage, car son attitude nous contrarie vraiment dans notre démarche de venir en aide aux sportifs qui ont le véritable désir de réussir. Elle ferme la porte aux autres derrière elle, » avance encore la CEO de la Fondation.

Le TFES a accueilli tout récemment trois nouveaux membres pour composer un nouveau board. C’est aussi la raison qui l’oblige à attendre avant d’agir. Mais une décision devra être prise en janvier. Les trois nouveaux membres sont issus du secteur privé. Il s’agit d’un employé de la SBM, d’un lecturer de l’Open Université of Mauritius et d’un homme d’affaire.
Le présent cas oblige aussi le TFES de réagir en venant de l’avant avec le projet d’octroyer des bourses sur une base contractuelle pour se mettre à l’abri de toute forme de non-respect des conditions établies. Le président du board, Thevarajen Ponambalum abonde dans ce sens. « Nous comptons, en effet, revoir les conditions d’allocation de bourses pour se protéger. Les bénéficiaires devront en contrepartie donner des garanties. Et ces conditions seront aussi valables pour les encadreurs, fédérations sportives, DTN et coaches. Un suivi systématique et constant sera exigé, » soutient-il.

Le président du TFES affirme que « lorsqu’on a demandé à Aurélie Alcindor qui était rentrée définitivement à Maurice en août dernier, de produire les justificatifs académiques de sa bourse, elle a disparu. La thèse de harcèlement ne tient pas la route. Cette affaire a fait beaucoup de tort au TFES. Nous comptons convoquer Aurélie Alcindor devant un board pour s’expliquer ».