Après dix jours de préparation spirituelle et physique, c’est dans le respect des traditions millénaires que des milliers des Mauriciens ont porté le cavadee hier dans une ambiance de piété et de dévotion pour obtenir la grâce du dieu Muruga. Cette fête, la plus importante dans le calendrier religieux tamoul, est l’aboutissement de dix jours de purification, d’abstinence, de prières et d’offrandes dans les kovils du pays. Des prières dédiées au dieu Muruga se sont élevées à travers le pays, faisaient souffler des ondes positives sur les dévots.
Le Président de la République, Kailash Purryag, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, le vice-Premier ministre, Showkutally Soodhun et les ministres Pravind Jugnauth, Ivan Collendavelloo, Yogida Sawmynaden et Santaram Baboo étaient présents au Sockalingum Meenatchee Kovil de Route Nicolay, à Port-Louis, pour assister aux célébrations du Thaipoosam Cavadee.
Après des prières sur l’autel familial, les dévots se sont rendus en procession sur les berges des rivières pour accomplir des rituels sacrés et se faire transpercer des parties du corps avec des aiguilles en argent, symbolisant le vel de Muruga, la manifestation de la force divine représentant la victoire du bien sûr le mal. Après ce rituel, les dévots portent le cavadee, structure en forme d’arche composée de bois et de bambou, orné de fleurs, de plumes de paon, d’effigies des divinités, de limons et autres, et convergent vers les temples.
C’est au rythme de chants religieux et de la danse folklorique, le kolattam, que les dévots accomplissent l’ultime étape. Cet acte de dévotion symbolise le pèlerinage d’Idumbon portant les cimes de deux montagnes accrochées à un bâton sur ses épaules. Les dévots sont vêtus de vestis, de saris ou d’habits fuchsia. Certains d’entre eux font voeu de silence. Les dévots prêtent une attention particulière aux sambous, des récipients placés aux deux extrémités des cavadees. Au cours de leur pèlerinage, les pénitents passent aussi au-dessus des gens malades afin de leur assurer la guérison.
Au kovil, le dévot suit un rituel de rotation avant d’entrer. On lui enlève alors les vels et, tenant ses deux sombous, il se dirige vers le prêtre officiant et lui dit son nom. L’officiant récite alors une prière et mentionne le nom du dévot avant de verser le lait provenant des sombous sur la statue de Muruga. Un peu de ce lait est également offert au dévot pour le purifier. Le Codi Irakkam (la descente du pavillon), qui met fin au jeûne, aura lieu ce soir dans tous les temples du pays.