Lorsqu’on évoque le mot atelier “Capsule Wardrobe”, cela ne signifie rien a priori, mais le côté minimaliste, oui. C’est la grande tendance du moment de faire le tri dans ses armoires, mais au lieu de les jeter en pâture aux ordures, The Good Shop vient à la rescousse. Il vous suffit de déposer vos vêtements, ustensiles de cuisine, jouets et autres à Calebasses et Floréal, les deux enseignes de The Good Shop. Cette entreprise sociale, dirigée par des femmes employant des personnes qui éprouvent des difficultés à intégrer le monde professionnel, séduit. The Good Shop utilise notamment les revenus qui proviennent des ventes pour venir en aide aux familles et à des Ongs dans le besoin. Visite guidée de The Good Shop, à Floréal,  avec la pétillante Daisy Yip Tong-Grenade.

Daisy Yip Tong-Grenade (à gauche) et Isabelle Chowree, de The Good Shop

Une petite boutique à Floréal comprend une salle de tri pour tous les nouveaux vêtements et objets déposés par des donataires. On y trouve de tout et, parfois dans ce grand déballage, des objets insolites peuvent faire le bonheur d’une femme élégante à peu de revenus. Il arrive, comme le signale Daisy Yip Tong-Grenade, que des marques comme Zara ou Louis Vuitton peuvent se retrouver parmi tous les déballages de tri. « Il y a des expats qui viennent déposer leurs dons dans la boutique. Un monsieur, qui devait se rendre en Finlande, a pu trouver chez nous trois manteaux Zara. Il y avait la queue pour un sac neuf Givenchy posté sur Facebook et qui a été vendu au premier venu à Rs 499. On a même eu un appareil photo neuf qui peut filmer sous l’eau, vendu à Rs 500, et un sac Daniel Hetcher, Paris, à Rs 299. Autant de trouvailles qui peuvent générer auprès des moins fortunés un sentiment de joie d’avoir pu une fois dans sa vie se permettre ce luxe », souligne-t-elle.

Elle explique néanmoins que The Good Shop collectionne la plupart du temps des objets, comme les articles ménagers et les vêtements, dont les gens ne se servent plus, et les vend dans ses magasins de Calebasses et Floréal à petits prix. Les Mauriciens peuvent aussi y faire des achats au moindre coût, car ces articles sont recyclés. « Nous avons un impact environnemental positif pour prolonger la durée de vie de ces objets et de ces vêtements tout en participant à la réduction des déchets. Notre infrastructure de détail aide à financer et à améliorer l’éducation, l’emploi et les initiatives environnementales », laisse entendre Daisy Yip Tong-Grenade, soulignant dans le même ordre d’idées que The Good Shop est un organisme à but non lucratif et qui suit un modèle d’entreprise sociale basé sur l’engagement. Une des devises premières de The Good Shop est d’avoir un impact positif sur l’environnement en prolongeant la durée de vie de tout objet ou vêtement.

Give, Shop, change a life 

Ce procédé permet dans la même mouvance de  fournir des emplois à des gens avec peu de compétences, n’ayant pas une grande formation académique ou étant dans une situation de précarité.  Daisy Yip Tong-Grenade de renchérir que l’entreprise sociale The Good Shop met l’accent sur l’emploi, l’environnement et l’éducation et que, grâce aux donations des particuliers, un tri se fait dans un premier temps. « Ces dons peuvent générer des emplois pour les gens dans le besoin », dit-elle. Il y a aussi dans le même temps une synergie d’aide pour les Ongs dans le besoin. « Notre but est de redonner de la dignité aux personnes dans le besoin, de les sortir de leur pauvreté tout en nous attaquant aux problèmes de l’emploi et de l’éducation. Nous prônons par nos actes l’économie circulaire. Les articles ménagers collectés fournissent à la communauté une solution de rechange au “dumping”. Notre mission est “Give, Shop, change a life” », explique Daisy Yip Tong-Grenade. Une des possibilités de l’énergie circulaire est que le vêtement ou les objets destinés à la poubelle peuvent avoir plusieurs vies, et ce jusqu’à ce qu’ils soient jugés comme inaptes à l’utilisation.

Daisy insiste sur le fait que le Mauricien doit revoir ses habitudes de consommation et acheter quand il y a une réelle nécessité. « Cela ne sert à rien d’emmagasiner des vêtements juste pour faire tendance dans son armoire. Imaginez le nombre de pollutions que cela entraîne dans l’environnement. On vient en aide aux Ongs, à ceux vivant dans des longères qui ont tout perdu lors d’un incendie, à des femmes dans le besoin qui accouchent. Sur 56 000 items reçus, on peut vendre Rs 24 000 à petits prix et les autres sont donnés aux Ongs. Chaque personne qui fait son shopping chez nous contribue à l’économie circulaire, avec pour mission : “great deal”, “great price”, tout en les encourageant à être responsables de ce qu’ils achètent. »

Conformément au 12e Objectif de Développement durable des Nations Unies, qui concerne la Consommation et la Production responsables, la promotion d’une approche minimaliste stimule la productivité tout en réduisant considérablement la pollution de l’environnement. Avoir une garde-robe minimaliste permet de réduire l’amas de vêtements empilés et oubliés. Et, c’est dans cette optique que The Lux collective avait organisé, l’an dernier, un atelier en partenariat avec The Good Shop autour du thème “Capsule Wardrobe”, au Regional Office du groupe hôtelier, à Floréal. L’idée étant d’amener les employés à faire des choix judicieux de consommation en revoyant la place que les vêtements prenaient dans leur armoire. Une idée qui va en ligne avec le développement durable.

Pour Daisy Yip Tong-Grenade, ceux qui sont des addicts à la mode ignorent le sens des termes achat responsable et durable. Si tel était le cas, on assisterait à une baisse des émissions de carbone et de pollution. « We need to think minimalist et limiter notre surconsommation en optant pour  une consommation responsable », dit-elle. The Good Shop n’est pas une enseigne de charité, mais une alternative à redonner une autre chance dans la vie à ceux en marge de la précarité. De plus, les recettes du magasin sont directement versées à l’expansion des activités des missions et des Ongs partenaires de solidarité.