Empruntons le titre de cette célèbre série américaine pour évoquer deux éléments de l’actualité qui nous ont frappés cette semaine.

D’abord et toujours, l’épidémie de Covid-19, qui continue de nous mettre à genoux. Mais aussi et surtout la fin atroce d’un petit ange en la personne de Farida Jeewooth. A 10 ans, ce petit bout d’enfant aurait subi les pires sévices entre les mains de sa mère biologique et du compagnon de celle-ci, selon l’enquête en cours et les dires des voisins, qui ont raconté le calvaire de la jeune fille.

Retour en arrière. En début de semaine, ce lundi 30 mars, un planteur découvre dans son champ un petit corps mal caché sous un tas de fumier. Cette découverte macabre aurait pu avoir été totalement éclipsée par la virulente épidémie de Covid-19, qui sévit depuis quelques semaines déjà dans notre pays, s’il n’y avait eu ces détails traduisant un cas qui dépasse largement la rubrique des faits divers. Et pour cause : après enquête, les policiers procèdent à l’arrestation de la mère biologique et du compagnon de celle-ci. Quand ils passent aux aveux, c’est l’horreur : la jeune fille aurait provoqué leur colère sans bornes, les amenant à la frapper (à mort) parce qu’elle… tardait à finir son repas ! Et le pire est encore à venir, si on croyait être servi en matière d’abomination. En effet, le couple explique avoir voulu se débarrasser du petit corps inerte par des moyens les plus atroces que l’on puisse penser ! On passe sur les détails.

Au final, parce qu’aucun des terribles moyens envisagés ne marchait, ils ont fini par abandonner le corps dans ce champ, à la merci « d’animaux », ainsi qu’ils l’ont déclaré… Peut-on imaginer une fin plus terrifiante pour une petite fille sans défense, et qui n’a commis d’autre crime que de… manger lentement ? Quelle mère commet un acte d’une telle bestialité ? Comment arrive-t-on à être aussi dénuée de tout attachement émotionnel, d’amour maternel, de toute forme d’affection, au point de prendre la vie de l’être qu’on a mis au monde ?

Qui plus est, des proches et voisins n’ont pas hésité à raconter comment la jeune fille était « exploitée » par ses parents, « maltraitée physiquement » et même « abusée sexuellement » auparavant. Et des autorités qui ne semblent pas avoir fait grand cas, malgré les appels de personnes bien intentionnées. Son dossier est resté comme tant d’autres : sans suite. Jusqu’à ce que sa mort survienne.

Un immense sentiment de révolte, d’indignation et d’impuissance a uni de nombreux Mauriciens cette semaine autour de la disparition violente et prématurée de cette petite fille. Pourquoi tant de brutalités envers un être aussi inoffensif ? Comme Farida Jeewooth, ils sont hélas nombreux, les petits Mauriciens, à subir des traitements similaires, à tomber sous les coups de leurs tortionnaires, qui sont pour la plupart des proches, et surtout des adultes. Honte à ces derniers !

Pour en revenir au Covid-19, avec le nombre de décès qui va en augmentant, de même que le nombre de malades contaminés, certains n’ont pas apprécié le coup de sang du Dr Vasantrao Gujadhur, directeur de la Santé, cette semaine. En effet, le bon médecin a carrément opté pour la stratégie de la frayeur pour évoquer – et c’est sa formule – les « cocovid » qui ne respectent aucune consigne de sécurité et qui agissent de manière irresponsable. Doit-on lui en vouloir ? Quel autre moyen a-t-il à sa disposition quand parler et sensibiliser ne portent plus leurs fruits ? Comment enfoncer dans la calebasse endurcie de certains qu’ils se mettent et mettent les autres en danger par leur comportement à risques ?

Oui, en effet, il existe une flopée de cas « genuine » de familles mauriciennes qui vivent au jour le jour, des démunis qui travaillent le matin pour se nourrir le soir. Et pour ceux-là, l’état a la responsabilité de subvenir à leurs besoins. Un système de distribution alimentaire a déjà été mis en opération. La société civile donne également un coup de main en ce sens. Et pour ce qui est de contrer le Covid-19, pourquoi est-ce que l’Etat ne procède pas à des dépistages de masse ? Pourquoi ne pas profiter de la réouverture des supermarchés pour installer sur les aires de stationnement de certains complexes commerciaux des espaces de dépistages massifs, comme cela se fait ailleurs ?

Le Covid-19 fait peur, assurément. Parce qu’il tue. Contrairement au sida, il n’a pas le pendant sexuel dans son mode de transmission, qui cause un tabou dans la société. De ce fait, cela devrait encourager un grand nombre de Mauriciens à se faire tester, non ? Est-ce que l’Etat ne dispose pas d’assez de moyens pour mettre tout cela en œuvre ? Le gouvernement se retrouve dans une configuration inédite. Pourvu qu’il prenne les mesures et décisions adéquates. Le challenge est immense, mais pas impossible.