L’Indianapolis Fringe Festival (IndyFringe) accueille en ce moment une pièce mauricienne intitulée The Invisible Man. Ce drame sur la solitude humaine est la première pièce écrite en anglais par Sedley Assonne. C’est Ashish Beesoondial qui joue et met en scène l’histoire de Jack, ancien employé d’un centre d’appels devenu sans domicile fixe. Sa prestation a été très appréciée lors de la première, jeudi dernier. Lorven Vydelingum assure toute la partie technique.
Six représentations de The Invisible Man sont à l’affiche de l’IndyFringe Festival. La première a eu lieu le jeudi 13 août. Sedley Assonne explique : « La salle n’était pas remplie, car c’était un jour de semaine, mais ceux qui étaient présents ont été unanimes à reconnaître qu’Ashish Beesoondial a livré une très bonne prestation. » The Invisible Man a été jouée à nouveau pendant le week-end du 15 et 16 août. Il est une fois de plus à l’affiche ce soir ainsi que le vendredi 21 et le samedi 22 août.
Cette première pièce en anglais de Sedley Assonne raconte l’histoire de Jack, ancien employé d’un centre d’appels qui se retrouve à la rue par un concours de circonstances. L’auteur déclare avoir ainsi voulu démontrer l’enfer de la solitude. Le paradoxe veut aussi que Jack dorme dans la rue à côté d’un hôtel cinq étoiles.
De même, dans son texte, Sedley Assonne s’appesantit sur le paradoxe qui veut qu’on se trouve très « entouré » sur Facebook, avec 5 000 « amis », alors que quand on a besoin d’aide dans la réalité, on se retrouve rejeté, isolé. Nul selfie alors, d’Instagram, de Facebook ou de Linkedl. On est déconnecté des réseaux sociaux, envoyé dans un autre monde.
C’est justement là tout le talent d’Ashish Beesoondial, qui a su emporter le public dans son monde intérieur, étant devenu « invisible » aux yeux des autres. Tout ceci est appesanti par les jeux de lumière de Lorven Vydelingum et la musique en sourdine signée Ram Joganah. Le metteur en scène-comédien joue plusieurs rôles à la fois, notamment celui de Jack et de son patron, qui le licencie. C’est cette capacité d’Ashish Beesoondial à changer de peau et à susciter l’émotion du public, qui est particulièrement appréciée.
Seul un éboueur, joué par Vishal Mooneea, apparaît en deux occasions sur scène aux côtés du personnage principal. Il est celui qui balaie les ordures dans la rue et parmi lesquelles se trouvera, à la fin, le cadavre de Jack, balayé lui aussi pour nettoyer la ville.
Après la première prestation, Ashish Beesoondial n’a pas caché sa satisfaction : « J’ai joué à Londres et en Inde, et c’est la première fois que je joue aux États-Unis. Ce qui est surprenant à l’IndyFringe, c’est que quand les gens sont contents, ils laissent un ‘tip’. Je trouve ça drôle, car ce n’est pas souvent que le public montre son appréciation en laissant une pièce. Les Américains ont réagi positivement aux propos de la pièce, car elle leur parle. »
De son côté, Sedley Assonne se dit heureux de cette première expérience. « The Invisible Man est ma première pièce présentée à l’étranger. Et pour ce genre de première, je ne pouvais pas rêver mieux. J’ai fait appel à Ashish car j’estime qu’il incarne le nouveau théâtre mauricien », dit-il.
Lorven Vydelingum, qui avait lui déjà participé au San Francisco Fringe Festival en compagnie de Gaston Valayden, se dit fière de la pièce. « J’ai participé à plusieurs Fringes, mais c’est la première fois que je reçois un tel retour. Surtout de la part du technicien qui m’assistait à la console. Lui-même avait une pièce à l’affiche et, pourtant, il m’a dit avoir été impressionné par The Invisible Man. Il aurait pu nous considérer comme des concurrents, mais il a été assez honnête en disant ‘It’s fantastic, your show is very very good’. »