Le Radeau de La Méduse est un tableau réalisé par le peintre romantique Théodore Géricault, né le 26 septembre 1791. Le calendrier offre l’occasion de revenir sur ce chef-d’oeuvre inspiré de l’histoire réelle du naufrage de La Méduse et sur le drame des rescapés qui ont enduré la faim, la folie et le cannibalisme.
Ce tableau est une des oeuvres capitales du 19e siècle. Le thème est celui du sauvetage de quelques rescapés du naufrage de la frégate La Méduse sombrée, le 2 juillet 1816, près des côtes du Sénégal. Cent cinquante hommes avaient pris place sur un radeau qui dériva pendant dix jours. Quinze mourants subsistaient quand un vaisseau fut en vue. C’est le moment choisi par le peintre pour immortaliser ce drame.
Il représente un épisode tragique de l’histoire de la marine française : le naufrage de la frégate La Méduse, échouée sur un banc de sable au large des côtes de l’actuelle Mauritanie.
Réalisme.
Les rescapés durent se maintenir à la surface de l’eau sur un radeau de fortune; quinze rescapés embarquent le 17 juillet à bord de L’Argus, cinq mourront peu après leur arrivée à Saint-Louis du Sénégal.
Géricault s’est fait conter la tragédie par deux survivants qui lui avaient donné une description exacte du radeau, après avoir enduré la faim, la déshydratation, la folie et même le cannibalisme. Un souci de réalisme a conduit le peintre dans les hôpitaux pour étudier les moribonds et les cadavres. Il voulait voir de ses propres yeux la couleur et la texture de la peau des mourants.
Le résultat est une oeuvre romantique par son inspiration, un sujet d’épouvante puisé dans l’histoire contemporaine. Mais elle est vilipendée au Salon de 1819, tant pour la nouveauté de son interprétation que pour son esprit où on décèle des intentions politiques (le naufrage de La Méduse avait suscité des remous contre le pouvoir); la présence d’un naufragé noir est considérée comme un manifeste contre l’esclavage.
Controverse.
Le tableau provoque la controverse lors de sa première présentation à Paris. Certains s’en font les ardents défenseurs, tandis que d’autres l’ont immédiatement fustigé. Aujourd’hui, Le Radeau de La Méduse compte parmi les oeuvres les plus admirées du romantisme français et son influence est perceptible dans les créations de peintres comme Eugène Delacroix, Gustave Courbet ou encore Édouard Manet. Le tableau, qui souffre d’un assombrissement irréversible dû à un apprêt au bitume de Judée, est conservé au musée du Louvre, qui l’a acheté à un ami de l’artiste peu après sa mort, en 1824.
Géricault avait fait auparavant une chute de cheval. L’abcès qui s’était formé du côté gauche avait été traité, mais la lésion à la colonne vertébrale est passée inaperçue.
Deux nouveaux accidents entraîneront une aggravation de ses lésions : il s’alite en février 1823 et ne se relèvera jamais. Il meurt le 26 janvier 1824 à trente-deux ans, laissant inachevés de grands projets, restés à l’état d’esquisses, traitant de l’abolition de l’esclavage, l’Inquisition et la traite des Noirs.