Il est l’invité principal du Festival Kaz’Out et le parrain de l’événement. À 50 ans, Thierry Gauliris, leader, chanteur et guitariste du groupe réunionnais Baster, qui compte trente-deux ans de scène, est fier qu’après toutes ces années de combat, la musique engagée réunionnaise soit reconnue et respectée. Sur le Main Stage de Kaz’Out, le samedi 7 novembre à 21h, l’artiste, entouré de ses talentueux musiciens, exprimera sa fierté d’être des nôtres et vivra un moment de partage vrai et sincère avec le public mauricien.
Comment se porte Baster, plus de trente ans après ses débuts ?
En 2013, nous avons fêté nos trente ans d’existence. Le groupe, le projet, tout comme moi, nous avons bien vieilli. Aujourd’hui, je suis l’un des seuls rescapés du mouvement, qui date de 1981. Ce que je peux dire, c’est qu’au bout de toutes ces années, le combat que nous avons mené a porté ses fruits. Nous avons milité pour la reconnaissance de l’identité culturelle réunionnaise à travers des chansons engagées. Nous sommes fiers de voir aujourd’hui que les jeunes formations musicales peuvent, sans aucune difficulté et sans obstacles, s’exprimer dans leur langue. Car il est important de se dire que pour réussir dans sa vie, il faut être fier de ce que l’on est. C’est ce que Baster a toujours voulu faire comprendre.
Même si nous savons et constatons que la musique, le métier que nous pratiquons, est de plus en plus difficile à exercer avec les avancées technologiques et le téléchargement, nous nous adoptons aux évolutions. Nous continuons nos concerts. Il faut dire que nous jouons pas mal dans les pubs et autres lieux, malgré la baisse des sorties sur scène. Nous persévérons. Nous n’attendons pas que les choses viennent à nous. Nous bougeons, nous avançons.
Baster est un groupe qui compte plusieurs albums et qui connaît déjà le succès. Pour 2016, nous avons des projets en tête. Mais nous devons bien réfléchir sur la manière de procéder pour publier un album, tout en sachant que nous ne vendrons pas autant de disques qu’avant. Cela devra se faire sans que nous prenions le risque de perdre de l’argent. L’autre projet concerne la réalisation d’une vidéo interactive pour enseigner aux gens comment jouer les accords de Baster. C’est une façon de leur dire que l’original reste la base, que les accords travaillés à l’époque doivent être respectés pour dire qu’on joue du Baster.