Dans la nuit de vendredi à samedi, Thierry Roland est décédé à 74 ans. Journaliste sportif le plus connu de France, celui qui a commenté treize Coupes du monde et neuf phases finales de l’Euro laissera une trace indélébile dans l’imaginaire collectif.
Absent de l’Euro 2012 pour des raisons de santé, le célèbre commentateur sportif est décédé à l’âge de 74 ans. Thierry Roland , voix de légende du football à la télévision, est décédé, a annoncé hier matin la direction de la chaîne M6, mandatée par la famille. «Informée par la famille du défunt, M6 a l’immense chagrin d’informer du décès de Thierry Roland. La chaîne transmet son immense affliction à sa femme Françoise et à son fils Gary», a indiqué le directeur de la communication de M6, Yann de Kersauson. La date et les causes du décès n’ont pas été spécifiées. L’Euro 2012 devait signer le grand retour, sur M6, du duo mythique qu’il a formé avec Jean-Michel Larqué, alors qu’ils n’avaient plus commenté de grande compétition internationale depuis l’Euro 2004. Les deux compères s’étaient retrouvés brièvement pour commenter le match Roumanie-France comptant pour les éliminatoires de l’Euro-2012.
Mais Thierry Roland avait dû renoncer le 13 juin, avant le match France-Ukraine, à commenter la compétition, n’étant pas totalement remis d’une opération liée à un calcul biliaire. «L’opération s’est bien passée. Mais ça reste récent, et je suis encore en période de convalescence. Je suis courbatu, j’ai des petits spasmes à droite, à gauche. Donc très sincèrement, je ne me sens pas le courage d’aller en Ukraine», avait expliqué le célèbre commentateur sportif. Il avait estimé que «ça ne serait pas raisonnable d’aller en Ukraine où il n’y a pas de grosse médecine au cas où il (lui) arriverait quelque chose». En plus de 50 ans de carrière, le journaliste, aussi populaire que controversé pour ses débordements verbaux et ses saillies franchouillardes, a commenté 13 Coupes du Monde et 9 Championnats d’Europe des Nations.
Tous ceux qui ont l’âge de s’en souvenir ont encore à l’esprit son «Quel pied! Oh putain!» lors de la victoire de la France à la Coupe du monde 1998:  Thierry Roland, qui a appris à lire dans le quotidien sportif L’Equipe, avait entamé sa carrière à la RTF (Radiodiffusion télévision française) en 1955 avant, cinq ans plus tard, de rejoindre l’ORTF (Office de radiodiffusion télévision française). En 1968, il fit partie des «gauchistes» renvoyés de l’ORTF par le pouvoir gaulliste. Un comble pour celui qui n’a jamais caché son penchant pour la droite, nostalgique de l’Algérie française et partisan du rétablissement de la peine de mort pour les tueurs d’enfants, de personnes âgées et de policiers.
Après une parenthèse de six ans à France-Inter (1969-1975), il revient à la télévision, sur Antenne 2 où officient ses maîtres, Roger Couderc et Robert Chapatte. Et c’est en 1976 qu’il commence à bâtir sa notoriété, traitant un arbitre de «salaud». C’est en 1979 que son duo avec l’ancien joueur stéphanois Jean-Michel Larqué est constitué. Homme de passion, Thierry Roland devient le «Monsieur Foot» de la France lorsqu’il rejoint TF1 en 1984. Présent pour toutes les joies et les peines du football (victoire lors de la Coupe du monde 1998 ou de l’OM en Ligue des Champions 1993, mais aussi au Heysel ou à Furiani), ce pur titi parisien avait pris une courte retraite en juin 2005, mis à la porte de TF1. Mais il avait repris son micro sur M6 dès le mois d’octobre suivant. Il était en outre passionné de hippisme et prodiguait ses pronostics dans la presse régionale.