Ils ont refusé de travailler hier et aujourd’hui. Un groupe d’employés de l’usine de textile Thunnan Creations Ltd, située à Poste-de-Flacq, a saisi le ministère du Travail pour « dénoncer » les conditions de travail dans cette usine : salaires impayés depuis mars, langage abusif, conditions d’hébergement déplorables. À l’heure où nous mettions sous presse, un accord a pu être dégagé avec l’employeur qui a été convoqué durant la matinée au ministère du Travail en vue de fournir des explications. Celui-ci a donné la garantie que les droits et acquis des travailleurs étrangers seraient rétablis.
Une trentaine de travailleurs bangladeshis de Thunnan Creations Ltd ont sollicité l’aide de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU). Leurs griefs concernent principalement des salaires de mars et d’avril non versés et le non-paiement de la compensation salariale obligatoire de Rs 600 depuis janvier 2015. La situation n’a que trop duré, estiment les travailleurs bangladeshis que nous avons rencontrés juste avant qu’ils ne fassent une nouvelle dénonciation contre leur employeur au ministère du Travail et des Relations industrielles. Présents à Maurice depuis trois ans pour certains ou à peine quelques mois pour d’autres, ils ont approché le ministère du Travail pour un éventuel retour dans leur pays natal. Les yeux larmoyants, un d’entre eux explique avoir tout sacrifié, et souhaite malgré tout retourner au Bangladesh.
L’électricité a été coupée dans un de leurs dortoirs situés à Poste-de-Flacq et certains affirment ne plus toucher de “meal allowance”, ne comptant que sur la solidarité de leurs collègues et d’autres bienfaiteurs. Ces employés soutiennent par ailleurs que leur passeport a été confisqué par leur employeur et dénoncent son « langage abusif », voire « ordurier », leur donnant le sentiment d’être maltraités. Un des employés soutient pour sa part avoir été malmené physiquement par l’employeur, ce que ce dernier a nié en présence des hauts cadres du ministère du Travail ce matin.
Convoqué en vue de fournir des explications, l’employeur a donné la garantie que la situation au sein de l’usine serait rétablie en fournissant un “undertaking” que ces employés allaient être payés. Il a accepté de verser les salaires du mois de mars avant le jeudi 14 mai, les salaires d’avril le 21 mai et le salaire de mai à la fin du mois. Il a également promis que les arrérages de la compensation salariale de Rs 600 seraient payés à chacun des employés, et que les “meal allowances” seraient rétablis. L’employeur s’est engagé à utiliser un langage plus approprié et a promis de rétablir l’électricité dans le dortoir dépourvu de courant. Sollicité au téléphone pour un commentaire, l’employeur est resté injoignable.
Du côté de la FTU, on dit suivre la situation de très près pour que l’employeur respecte ses engagements. « C’est une situation de semi-esclavagisme », déclare Atma Shanto, porte-parole de la FTU, qui insiste lourdement que l’employeur se doit de respecter les lois mauriciennes afin de garantir les droits des travailleurs étrangers. Le syndicaliste réclame une enquête approfondie sur la compagnie de textile et la situation de l’ensemble des travailleurs étrangers à Maurice.