Ça y est, le gouvernement a finalement lâché du lest, en acceptant deux des trois revendications de Jeff Lingaya. Mais le plus important reste toujours en suspens : la révocation de la licence Environment Impact Assessment (EIA) accordé à CT Power. Le risque pour la santé de milliers de personnes qui émanera de cette centrale est toujours présent comme une épée de Damoclès.
Les Mauriciens ne sont pas dupes. Beaucoup ont l’impression que pour le gouvernement, l’écologie et la santé de la population ne sont pas prioritaires. Alors que de nombreux témoignages de sympathie ont plu de toute part concernant la maladie d’un politicien, il a fallu une semaine aux autorités pour commencer à prendre en considération les revendications de Jeff Lingaya concernant la santé publique.
Entre révolte et consternation, la population se demande ce qu’attend le gouvernement pour réagir et révoquer ce permis accordé à CT power. « 6 zour misie la pa manze, gouvernman ki pe atann pou fer kitsoz » lançait Laura, 28 ans, mardi.
Ram, 45 ans, préfère regarder les choses de loin. Il évite de trop s’exprimer sur le sujet de peur de perdre son emploi. D’ailleurs il a longtemps hésité avant de nous donner son prénom. Mais il dit ne pas comprendre comment le ministère de l’Environnement a pu donner son accord sans penser au public et à sa santé. « Avan pran bann desizyon parey bizin demann lepep so lopinion », s’écrie-t-il.
Salim Muthy, président du Front Commun des Travailleurs Sociaux (FCTS), se montre inquiet pour la santé de Jeff Lingaya. Pour avoir lui-même fait plusieurs grèves de la faim, il fait savoir que les séquelles durent toute une vie. « A partir du 6ème jour on commence à faire de l’hypoglycémie », témoigne-t-il.
Alors que la grève de la faim de Jeff Lingaya se prolonge, les Mauriciens se demandent ce que fera le gouvernement si Jeff Lingaya décède.
CARINE ANDY (24 ANS)