Les ex-planteurs de Riche-Terre souhaitent reprendre possession des terres offertes par le gouvernement au groupe chinois Tian Li afin de poursuivre leurs activités agricoles. « Puisqu’on ne les développe pas autant nous les rendre ! » ont-ils déclaré mercredi à une conférence de presse de la Mauritius Planters Association.
Jagdish Goburdhun, coordonnateur de la Mauritius Planters Association (MPA), trouve « injuste » que « la promesse d’offrir dix perches de terre aux ex-planteurs de Riche-Terre n’ait pas été tenue ». Il estime ainsi qu’« on ne doit pas tolérer l’injustice ».
« Ces planteurs ont occupé les terres de Riche-Terre pendant trois générations, soit plus de 60 ans. Du jour au lendemain, ils ont dû tout abandonner et partir. Ils sont désormais au chômage alors que Tian Li ou Jin Fei est en train de disparaître. Morcellera-t-on ces terres ? Qui les achètera ? » s’interroge Jagdish Goburdhun.
Le coordonnateur de la MPA souligne par ailleurs que c’est à la demande du Premier ministre Navin Ramgoolam que les ex-planteurs de Riche-Terre n’ont pas saisi la Cour suprême. « Ils ont obtenu une compensation mais point de terre », explique Jagdish Goburdhun. Il lance ainsi un appel au ministère des Terres à résoudre ce problème. Si d’ici un mois rien n’est fait, précise-t-il, les planteurs comptent manifester pour alerter l’opinion publique.
Outre la situation des ex-planteurs de Riche-Terre, M. Goburdhun fait état du cas d’une cinquantaine de familles d’agriculteurs qui possèdent quelque 82 arpents de terre dans cette région et qui n’ont plus accès à l’irrigation. « Elles payaient pourtant pour ce service. Il n’y a plus de canaux pour transporter l’eau jusqu’à leurs terres », fait ressortir le coordonnateur de la MPA. Il espère donc que le gouvernement s’occupera de ces deux dossiers.
Le coordonnateur de la MPA s’est aussi appesanti sur le prix de la bagasse proposé aux planteurs. « À La Réunion, les planteurs reçoivent 13 euros par tonne de canne à sucre fournie à l’usine. Ici on ne nous donne que Rs 7. Les Independent Power Producers (IPP) utilisent la bagasse pour produire de l’électricité qui est ensuite vendue au Central Electricity Board à Rs 10 ou plus l’unité. Ils font ainsi des milliards de roupies sur le dos des malheureux planteurs », déclare M. Goburdhun. Et de s’interroger : « Pourquoi ne devrait-il pas y avoir une commission d’enquête sur la question ? »