Dans son intervention parlementaire hier, le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication a souligné que l’Internet à haut débit « a un impact positif sur le produit intérieur brut ». Et de préciser que le taux de pénétration d’Internet à Maurice est au-dessus de la moyenne africaine. Tassarajen Pillay Chedumbrum a par ailleurs annoncé que son ministère procède à la mise en place d’une Académie de formation de ressources humaines qui « répondra aux besoins spécifiques de l’industrie des Tic dans le temps voulu ». Le concept sera, dit le ministre, comparable à celui de l’École Hôtelière.
Alors que le Plan stratégique national pour les Technologies de l’information et de la communication (Tic) – 2007-2011 – prévoyait que le secteur serait le cinquième pilier de l’économie de Maurice, le secteur, s’est targué Tassarajen Pillay Chedumbrum, a été propulsé au troisième rang. Cela, précise le ministre des Tic, « avec une contribution de 6,4 % au produit intérieur brut (PIB) et une contribution anticipée de 6,8 % d’ici la fin de l’année ». Le ministre a ensuite souligné que le secteur emploie plus de 15 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de plus Rs 30 milliards.
Tassarajen Pillay Chedumbrum a cité la publication récente d’une étude de la Banque mondiale montrant que la contribution du haut débit au PIB varie de 0,25 à 1,38 pour chaque 10 % d’augmentation de pénétration de haut débit dans une économie. Selon les indications de l’intervenant, le taux de pénétration d’Internet à Maurice est actuellement à 29 % contre 4 % en 2005. « Ce taux fort louable de 29 % atteint par notre pays est au-dessus de la moyenne africaine. Selon les projections basées sur les actions menées jusqu’ici, nous sommes confiants d’atteindre 35 % l’année prochaine et une projection de 60 % en 2014. En appliquant la formule de la Banque mondiale, nous pouvons facilement prévoir une croissance du PIB que le pays pourrait enregistrer dans les prochaines années ».
Dans cette même optique, le ministre des Tic a indiqué qu’un National Broadband Policy est en cours d’élaboration dans le cadre du déploiement du haut débit. « Cette politique permettra d’adopter une approche holistique afin de rendre la bande passante abordable, fiable et accessible. » Le gouvernement, poursuit Tassarajen Pillay Chedumbrum, veut s’assurer que les personnes « économiquement vulnérables ne sont pas laissés pour compte. Les gens ont besoin d’accéder à l’information et à des services, indépendamment de leur statut social et économique ». Dans cette perspective, 190 clubs informatiques seront crées à travers l’île en vue de permettre à ceux ne disposant pas d’un ordinateur chez eux d’avoir accès aux outils informatiques et à l’Internet.
Et en vue d’assurer une connexion à haut débit dans le pays, un deuxième câble optique sous-marin sera opérationnel d’ici mi-2012, a ajouté le ministre des Tic. « Ce développement majeur va non seulement augmenter notre capacité à la bande passante à l’international mais améliorera notre résilience et consolidera notre position en tant que destination de choix pour les Technologies de l’information et de la communication ».
S’agissant du projet de remplacer les cartes identités actuelles par des « highly secure identity documents based on smart card technology », Tassarajen Pillay Chedumbrum estime qu’outre l’aspect sécurité, les nouvelles cartes « will open up opportunities for the citizens and the business community to interact with Government electronically in a secured manner ». Et parce que la sécurité est primordiale dans cette ère de technologies, une Computer Emergency Response Team a été mise en place en vue de contourner le nombre croissant de menaces à la cybersécurité informatique.
Quant à la création annoncée de l’Académie de formation de ressources humaines qui répondront aux besoins des Tic, elle aura non seulement pour but de pallier le manque de compétences, selon le ministre, mais aussi d’attirer davantage de jeunes vers « ce secteur prometteur ». « L’Académie sera bientôt agréée par l’Union internationale de télécommunication (ITU) comme un centre d’excellence pour la région. Ceci aura pour effet de donner un rayonnement à la formation suivie par les candidats et augmentera leurs chances de trouver un emploi taillé selon leur profil. »
Selon Tassarajen Pillay Chedumbrum, il importe d’améliorer notre visibilité sur le paysage international afin de faire du secteur des Tic un pilier phare de l’économie. « Nous devons nous concentrer dans des niches à forte valeur ajoutée où notre pays a un avantage compétitif par rapport à d’autres pays concurrents. » À ce propos, le ministre a cité deux moyens de développement. D’abord, « la promotion de notre pays comme un Disaster Recovery Center qui s’appuiera sur notre avantage géographique, notre très bonne connectivité à l’international et une main d’oeuvre compétente ». Ensuite, « attirer des investisseurs et des entreprises de renommée internationale en matière de Tic-BPO pour les marchés traditionnels aussi bien qu’émergents ».
Commentant la taxe imposée sur les SMS et MMS, le ministre des Tic a estimé que « ce n’est rien en comparaison aux mesures rigides prises dans les pays développés. Même avec cette mesure, le prix d’un SMS à Maurice reste en dessous de ceux pratiqués dans d’autres pays ». Et de se dire « surpris » et « révolté » des propos du leader de l’opposition mardi, qualifiant cette taxe comme une taxe pour les jeunes. D’autant que Paul Bérenger, souligne Tassarajen Pillay Chedumbrum, « a augmenté et taxé impitoyablement les plus démunis en majorant la TVA de 5 à 15 % en tant qu’ancien ministre des Finances ».