Il est impérieux de planifier le développement socio-économique du pays dans le long terme tout en assurant que les exigences à court terme, notamment face à la crise globale, soient satisfaites. C’est l’un des points principaux évoqués, vendredi dernier, au Labourdonnais Hotel, lors du débat consacré à « L’état réel de l’économie mauricienne » organisé par TiE Mauritius.
Réunissant Louis Rivalland, président du Joint Economic Council et chief executive du groupe Swan, Ahmed Parkar, directeur du groupe Star Knitwear, Dan Maraye, ancien gouverneur de la Banque de Maurice, le Dr Ashok Aubeeluck, ancien directeur du Budget, et Sameer Sharma, directeur d’IPRO, ce débat de près d’une heure, animé par l’économiste Eric Ng Ping Chuen, a permis aux intervenants de faire un tour d’horizon rapide de certains enjeux confrontant l’économie mauricienne dans une conjoncture que d’aucuns qualifieraient de difficile. « L’Europe connaît une contraction. L’économie américaine, elle, paraît moins malade alors que la Chine et l’Inde ont revu à la baisse leurs taux de croissance. Maurice a dans le passé réalisé une performance que je qualifierais d’appréciable. Mais il n’est pas dit que ce qui a bien marché dans le passé marchera à l’avenir », a dit en substance Louis Rivalland. Pour le président du JEC, il faut nécessairement définir une vision à long terme de notre développement socio-économique tout en assurant que les exigences du court terme soient satisfaites. Il faut, ajoute Louis Rivalland, se donner les moyens de nos ambitions dans toutes les sphères de la vie socio-économique du pays.
« Il faut savoir dans quelle direction on veut aller », a déclaré le Dr Aubeeluck. « Doit-t-on se satisfaire d’un taux de croissance de 3% et d’un taux de chômage de 8% ? » s’est-il demandé. L’ancien directeur du budget estime que beaucoup de ressources restent inutilisées et que le pays est en train de produire en dessous de ses capacités. L’intervenant est d’avis qu’avec une utilisation efficace de la technologie et des ressources humaines mieux exploitées, le potentiel de croissance de l’économie mauricienne se situerait entre 6% et 8%.
Abondant dans le même sens, Sameer Sharma considère que les défis sont grands notamment concernant la productivité. Selon lui, le secteur financier fait face à un manque de ressources humaines qualifiées.
Maurice, fera ressortir Louis Rivalland, est passée d’une économie basée sur la monoculture à une économie diversifiée avec la manufacture, le tourisme, les TIC, les services financiers, le seafood, entre autres. « Il faut reconnaître qu’il y a eu aussi des manquements au niveau de notre système éducatif. Le déséquilibre entre les besoins du marché en termes de compétences et la formation académique est décrié », a-t-il observé.