Maurice souhaite que les règles d’origine applicables à l’exportation du thon en conserve vers les États-Unis soient rendues flexibles afin qu’elle puisse y établir un marché pour ce produit. Une demande en ce sens sera faite par la partie mauricienne lors du prochain conseil du Trade and Investment Framework Agreement (TIFA), accord cadre de coopération mauriciano-américaine signé en 2006, qui se tiendra à l’hôtel Intercontinental les 16 et 17 janvier 2012. Cette réunion sera également l’occasion pour les deux pays de passer en revue les progrès dans les domaines du commerce et de l’investissement et d’évoquer la possibilité d’une coopération renforcée dans le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC).
C’est une délégation américaine forte de six membres dirigée par Demetrios Marantis, le N°2 du bureau de l’United States Trade Representative (USTR), et comprenant, entre autres, Florizelle Liser, assistante USTR pour l’Afrique, et des officiers du Département d’État, qui fera le déplacement. Le conseil du TIFA se réunit alternativement chaque année à Maurice et aux États-Unis en vue de faire le point sur l’avancement du plan de travail élaboré initialement et de discuter des voies et moyens pour l’élimination de tout obstacle au développement des échanges commerciaux et de l’investissement entre les États-Unis et Maurice. Le plan de travail couvre quatorze items dont la coopération dans les domaines du commerce et de l’investissement, le renforcement des liens entre les secteurs privés des deux pays, la coordination au niveau des deux gouvernements sur des questions touchant l’Africa Growth and Opportunity Act (AGOA), la promotion et la protection des droits de propriété intellectuelle, le développement du commerce des services, la promotion du secteur de la pêche et des produits de la mer, la consolidation des liens d’affaires, la coordination des vues lors des négociations au niveau multilatéral et la promotion du secteur des petites et moyennes entreprises.
Lors d’une conférence de presse, hier, au siège du ministère des Affaires étrangères, en présence d’une délégation de l’ambassade américaine menée par Hugo Jimenez, responsable des affaires économiques et commerciales, Anand Neewoor, secrétaire aux Affaires étrangères, a indiqué que Maurice se propose d’évoquer à la prochaine réunion du conseil du TIFA la question de promotion de l’investissement et de l’exportation de produits de la mer. Il a surtout fait état des règles d’origine contraignantes concernant l’exportation de thon en conserve vers les États-Unis. « Nous voulons exporter un plus fort volume de thon vers les États-Unis et nous aimerions que les règles d’origine soient assouplies. C’est un problème que nous prenons très au sérieux », affirme Anand Neewoor.
Selon le secrétaire aux Affaires étrangères, les Américains exigent que le thon exporté par Maurice soit pêché par des bateaux battant pavillon de l’AGOA. Or, une telle exigence requiert des investissements conséquents dans l’acquisition de la logistique.
Exportations en hausse
Les délégations mauricienne et américaine auront l’opportunité la semaine prochaine d’étudier les possibilités d’une collaboration plus poussée dans le domaine des TIC. Selon Anand Neewoor, les discussions porteront sur un ICT Principle Agreement en vue de promouvoir, entre autres, la transparence dans les opérations et l’interconnexion. Autres sujets à l’agenda : le développement des activités dans le secteur de l’agro-industrie et l’identification de nouveaux items d’exportation.
Il est à noter qu’en 2010 environ 59 % des exportations mauriciennes vers les États-Unis étaient constitués de produits textiles et d’habillement mais, souligne-t-on du côté du ministère des Affaires étrangères, les exportations de produits hors textile ont grimpé au fil des années. Parmi, il y a le diamant non-industriel, les animaux sur pattes, le sucre, les produits de la mer, les verres solaires et appareils optiques. On fait ressortir dans les milieux mauriciens que, dans le secteur textile et de l’habillement, Maurice importe 92 % de son coton brut de pays d’Afrique et qu’elle exporte près de 52 % de ses fils et tissus en coton vers le même continent. Pour Anand Neewoor, l’AGOA a permis d’établir une « regional value chain ».
Par ailleurs, Hugo Jimenez a annoncé que les exportations mauriciennes vers les États-Unis ont crû de 27 % en 2010 pour atteindre US $ 198 M alors que les importations de ce même pays se sont élevées à US $ 109 M. Le TIFA, dit-il, est un important instrument pour la promotion du commerce et de l’investissement et au niveau africain les États-Unis ont signé un accord semblable avec douze pays seulement.
« Les États-Unis représentent un partenaire commercial majeur pour Maurice. Il est extrêmement important de maintenir le dialogue avec ce pays sur tout ce qui touche au commerce et à l’investissement et le TIFA est la plateforme appropriée pour le faire », a observé Anand Neewoor.