On nous avait annoncé un “spectacle musical chanté et dansé”. Au final, nous avons eu droit à un ballet féerique et onirique, aux qualités indéniables, qui a mis en valeur les décors, les costumes et les chorégraphies. Il faut saluer le travail ingénieux d’Emilien Jubeau (qui a choisi de playmobiliser en quelque sorte l’univers de Tikoulou) et de Florence Draschler (dont les costumes collaient admirablement au parti pris merveilleux de la mise en scène).
Les concepteurs de Tikoulou et le Souffle Magique ont choisi de mettre en avant le corps de ballet, placé sous la direction d’Eva Caillé et de Thabo Legrand, également coproducteurs du spectacle. Ce faisant, ils ont transformé Tikoulou et ses amis en simples figurants. Alors que ces personnages avaient toutes les qualités pour nous transporter, en paroles et en musique, dans le monde de l’enfance et de l’innocence. Mieux encore : ils avaient tout le loisir de distiller, aux petits comme aux grands, des messages forts (que l’on retrouve dans les albums de Tikoulou), en comptines, en ballades ou en chansons. La contribution de Richard Beaugendre s’est résumée à quatre ou cinq créations, fort bien défendues par Emanuel Desroches. Il nous semble que le talent d’auteur-compositeur du premier aurait dû être davantage exploité pour donner un vrai souffle poétique à l’aventure du personnage principal et de ses amis. Quand on a des enfants talentueux qui savent chanter, pourquoi leur imposer ces rôles de cinéma muet ?
Par ailleurs, il est quand même étonnant que le spectateur se retrouve à deviner ce qui se passe sur scène alors qu’une simple voix off ou un narrateur plus présent aurait fait l’affaire. Un texte de liaison, décliné en un ou deux couplets et un refrain, aurait permis de saisir le propos des tableaux, qui voulaient “célébrer la beauté et la diversité” de notre île.
Il y avait tout dans le personnage de Tikoulou pour faire un vrai spectacle musical. Où les mots et la musique servent à réveiller nos âmes d’enfants et nous donner des leçons de vie. Où l’on s’amuse dans la cour de récréation, tout en apprenant les vraies valeurs qui nous aident à grandir. Un spectacle vraiment mauricien d’où l’on sortirait emballé. Dommage !