Deux semaines après la publication des résultats du School Certificate, le critère des cinq « credits » pour avoir accès au HSC fait toujours débat. Alors que parents et étudiants n’ayant pu atteindre ce niveau multiplient les démarches en vue de trouver une solution, enseignants, pédagogues et autorités responsables y vont de leur point de vue sur le bien-fondé de cette mesure. Pour Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU), les cinq « credits » contribueront à rehausser le niveau de l’éducation à Maurice. Bhojeparsad Jugdambi, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), plaide, lui, pour plus d’humanisme envers les plus faibles de la société. Quant à l’ancien ministre de l’Education, le Dr Vasant Bunwaree, il revient sur les raisons l’ayant poussé à adopter la mesure des trois « credits ». Il dit avoir été à l’écoute des difficultés sur le terrain. Les intervenants remettent également en question la nécessité d’en finir avec le SC et le HSC, et d’adopter le GCE O Level et A Level, comme c’est le cas en Angleterre et d’autres pays du Commonwealth.

Bhojeparsad Jugdambi (UPSEE) :« On ne peut privilégier l’élite
au détriment de la masse »

L’UPSEE avait tiré la sonnette d’alarme sur les 5 « credits » depuis longtemps. Quels sont vos sentiments, maintenant que les résultats sont tombés ?
Je sens que les autorités ne comprennent pas la situation. Quand nous avons attiré l’attention du ministère, nous voulions surtout faire ressortir que les cinq “credits” limitent l’accès à l’éducation pour tous les enfants mauriciens. Il ne faut pas minimiser l’impact social. Aujourd’hui, plus de 13 500 jeunes sont laissés sur la touche. Il n’y en a que 5 500 qui pourront faire leur HSC. Je comprends que la ministre veuille rehausser le niveau, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la masse. Il n’y a que 30% de candidats qui n’ont eu les cinq “credits”. Quand on parle des règlements de la Public Service Commission qui requièrent les cinq “credits”, je me demande également quelle est la garantie que ces étudiants avec cinq “credits” auront un emploi dans le gouvernement ? On sait que, dans le privé, on évalue la personne sur ses compétences et non selon ses “credits”.
De plus, quand on parle de rehausser le niveau, il faut commencer au plus bas. Venir parler de niveau en fin de parcours du secondaire, ressemble un peu à un paramètre pour quantifier le nombre d’enfants à passer en HSC. Peut-être que le gouvernement est contraint de revoir ses dépenses au niveau des frais d’examen. Notre souci, c’est que le parcours scolaire d’un jeune s’arrête brusquement à 17 ans. Certains ont essayé deux fois, mais n’y sont pas parvenus. Que vont-ils devenir ? D’autant plus que la plupart viennent de familles démunies. Ne deviennent-ils pas des proies faciles dans une société, où la drogue fait rage et où même des policiers sont pris au piège ? C’est une discrimination envers ces enfants, car ceux dont les parents ont de l’argent et payent pour qu’ils aillent dans un collège privé payant, où les cinq “credits” ne sont pas obligatoires.
Ce que nous préconisons, c’est de maintenir les cinq “credits” et le HSC pour ceux qui le peuvent. Pour ceux qui ont trois ou quatre “credits”, on aurait pu leur proposer, au collège même, le GCE A Level, qui est internationalement reconnu. L’ancien ministre de l’Éducation, Armoogum Parsuramen, a aussi fait cette proposition.

La ministre dit que les étudiants étaient avertis, depuis deux ans, qu’il fallait travailler pour les cinq « credits »…
Vous savez, dans une course comme la Maiden Cup, les chevaux sont aussi entraînés un à deux ans auparavant, mais pas tous remporteront la coupe pour autant. C’est pareil avec les étudiants. Tous n’ont pas les mêmes aptitudes. Je préciserai qu’il y a des enfants qui ont réussi à leurs examens avec deux, trois ou quatre “credits”. Cambridge n’impose pas cinq “credits” pour réussir. Il ne faut pas oublier que le système d’éducation d’aujourd’hui, sera responsable de la société de demain. Ces jeunes qu’on bloque aujourd’hui, risquent de devenir aigris, ils peuvent déraper ou encore, se retrouver sur le marché du travail où ils sont exploités. Il faut trouver un système de repêchage.

Les syndicats des collèges d’État sont pour le maintien des cinq « credits ». Est-ce seulement le problème des collèges privés ?
Il ne faut pas que nos camarades dans les collèges d’État ne pensent qu’à eux. Ils ont les meilleurs éléments dès l’admission en Grade 7. Quand vous entendez dire que le QEC a eu 100% de réussite, c’est parce qu’il a les meilleurs éléments. J’aimerais que nos grands pédagogues viennent travailler avec nos élèves du privé et on verra s’ils peuvent faire mieux. Quand vous travaillez avec des enfants faibles, délaissés, aigris, avec leurs problèmes sociaux, vous ne pouvez penser ainsi. Un enfant perturbé émotionnellement ne peut se concentrer sur son travail à l’école. C’est cela la réalité des collèges privés. Je crois qu’il faut faire preuve d’humanisme. J’ajouterai qu’il y a des échecs malgré tout dans les collèges d’État, même au collège Royal. De même, pas tous les candidats des collèges d’État ont eu cinq “credits”. Sans oublier que ces collèges ont un gros problème de combinaison qui oblige parfois les élèves à se tourner vers les collèges privés.

Pourquoi est-ce si difficile d’atteindre les cinq « credits » aujourd’hui, alors que c’était appliqué par le passé ?
Auparavant, tous les enfants qui passaient leur SC n’allaient pas automatiquement en HSC. L’examen était payant et beaucoup de parents n’avaient pas les moyens. Ils allaient chercher un travail. Même la police recrutait avec deux “credits” à l’époque. Beaucoup quittaient l’école en Form IV pour les mêmes raisons. Aujourd’hui, les examens sont pris en charge par le gouvernement. Il y a plus de candidats, donc plus d’échecs également. Vasant Bunwaree était conscient de ce problème, c’est pour cela qu’il avait ramené à trois “credits”. Mais peut-être que ce n’était pas la solution idéale. Nous disons qu’il faut donner différentes options aux étudiants et non privilégier une élite.

Pensez-vous que le SC et le HSC sont toujours adaptés au contexte mauricien ?
À l’étranger, on ne parle plus de HSC, mais de GCE A Level. Maurice est très conservateur. Notre système d’éducation est très conservateur. Nous imposons encore le HSC, avec un “credit” obligatoire en anglais. Est-ce que quelqu’un qui se “computer analyst”, par exemple, a besoin d’un “credit” en anglais pour faire son travail ? De plus, Cambridge va aujourd’hui vers le bilinguisme, et dans certains pays, les candidats étudient à la fois en anglais et dans leurs langues maternelles. Qu’en est-il pour Maurice ?

Que pensez-vous de l’option formation technique ?
J’ai lu dans la presse qu’il n’y avait que 1 000 places disponibles dans les polytechniques alors que nous avons 13 500 jeunes qui ne peuvent accéder au HSC. Là également, il faut avoir trois ou cinq “credits”, pour être éligibles. Cela veut dire qu’il y aura encore des enfants qui seront rejetés. De plus, les créneaux proposés sont assez limités. À mon avis, il faut plus d’institutions comme le Collège Saint Gabriel. Le Public Private Partnership doit se développer dans ce domaine également. Selon moi, le polytechnique peut permettre une ouverture à la longue, mais pas dans l’immédiat. Entre-temps, avec les cinq “credits”, c’est la mort graduelle des petits collèges. Sans compter qu’avec les académies, on ne sait ce qui se passera après la Grade 9.

Dr Vasant Bunwaree (ex-ministre de l’Éducation) :« Trois “credits” dans
l’intérêt des enfants »

DR VASANT BUNWAREE (ex-ministre de l’Éducation)

Pourquoi avoir introduit le critère de trois « credits » pour pouvoir faire le HSC en 2012 ?
Je dois d’abord préciser que lors des dernières élections générales, j’ai soutenu le gouvernement, et c’est toujours le cas. Toutefois, je dois avouer que la décision des trois “credits” avait été prise dans l’intérêt des enfants. Ce n’est pas sorti de mon esprit comme cela. Quand j’étais ministre, j’ai rencontré beaucoup de personnes, rendu visite à beaucoup de familles et j’ai été à l’écoute des préoccupations. J’ai eu beaucoup d’informations et de requêtes au sujet des enfants qui n’arrivaient pas à continuer leurs études après le School Certificate à cause des cinq “credits”.
J’ai organisé des rencontres avec tous les “stakeholders”, à plusieurs niveaux, ainsi que les techniciens du ministère en vue de trouver une solution. Déjà, à l’époque, certains exigeaient les cinq “credits”. Ils n’arrivaient pas à penser “out of the box”. Nous avons pesé le pour et le contre, et je suis parti au Cabinet avec la proposition de trois “credits”. J’ai dû convaincre le Cabinet pour cela. C’était une décision du gouvernement. Il a fallu faire des amendements à cet effet. Cette décision était applaudie par la grande majorité des “stakeholders”. À l’exception de ceux qui exigeaient les cinq “credits”. Généralement ceux-ci sont en faveur des leçons particulières à outrance.

Il y a tout de même des interrogations sur le nombre d’étudiants avec trois “credits” ayant réussi leur HSC…
Moi, je dis qu’il faut se baser sur les faits. Est-ce que le taux de réussite au HSC a chuté avec les trois “credits” ? Je trouve que le ministère aurait dû faire une analyse de ces 5 à 6 années où l’on a appliqué les trois “credits”. S’il y avait eu un nivellement par le bas, comme le disent certains, le taux aurait dû baisser drastiquement. Je dirai même d’aller plus loin, de voir au niveau de l’université combien ont décroché leurs diplômes avec trois “credits”.
Là où ça pose problème, c’est au niveau du service civil, et nous étions conscients de cela. Étant donné que le critère des trois “credits” émanait du Conseil des ministres, la Public Service Commission aurait dû saisir la balle au bond et procéder au changement nécessaire. Mais cela ne s’est pas fait. Nous avons quitté le gouvernement en 2014 et le nouveau gouvernement a opté pour un retour en arrière. Ce faisant, ils ont bloqué des enfants. Je suis inquiet pour cette génération de frustrés et de déprimés qu’on est en train de créer. Je suis également sceptique quand le Premier ministre dit qu’il ne croit pas qu’il y ait des “late developers”. On n’a beaucoup d’exemples devant nous. L’autre jour, il y a un avocat qui m’a appelé pour me dire qu’il veut me soutenir car lui-même n’avait pas cinq “credits”. Pourtant, il est en train de plaider pour de grandes causes, même à l’international.

Quel est votre constat de la situation après les résultats du SC ?
Actuellement, j’ai des filles qui viennent me voir avec leurs parents parce qu’elles sont en train de déprimer. Elles ont réussi leur SC, mais n’ont pas obtenu cinq “credits”. Dans un cas, j’ai dû soigner la maman et la fille en même temps. J’espère qu’il n’y aura pas de choses plus graves. Il y a un cas où un étudiant du collège Royal de Port-Louis a obtenu un A+ en “add maths”, A en maths, mais n’a pas cinq “credits”. Ce jeune n’a pu faire mieux car il devait en même temps aider sa maman au champ. C’est pour cela que je demande au Premier ministre de prendre les bonnes informations et d’être attentif à ce qui se passe.

Que pensez-vous de l’option polytechnique ?
Vous savez, les études techniques, c’est bien, mais tout le monde n’est pas intéressé avec cette filière. N’a-t-on pas besoin aussi de psychologues, de sociologues, d’assistants sociaux ? Si un étudiant a réussi son SC et qu’il souhaite aller à l’université, pourquoi lui imposer le polytechnique ? Est-ce que ces cinq “credits” ont été appliqués afin de pouvoir remplir les bancs des polytechniques ? Ce qui se passe en réalité, c’est que les parents optent pour deux choix : que l’enfant poursuivre ses études dans un collège privé payant ou que l’enfant redouble le SC. Dans les deux cas, il faut avoir de l’argent pour cela. Sans compter qu’il faudra donner encore plus de leçons. Ceux qui n’ont pas les moyens, eux, restent derrière. Dans ce contexte, comment un gouvernement peut-il dire qu’il est à l’écoute de ceux dans le besoin ?

Ne faut-il pas solidifier la base, dès le primaire, pour éviter l’échec au secondaire ?
Quand j’étais ministre, nous avons travaillé beaucoup en ce sens. À l’époque, il n’y avait que 86% d’enfants en âge d’aller à l’école dans le préscolaire. Nous avons mis des écoles partout, nous avons donné le transport gratuit, pour inciter les familles à envoyer ces enfants à l’école. Autrement, ils arrivent en Std 1 avec deux ans de retard, et c’est là que les problèmes commencent. Au primaire, on avait introduit le Sankoré, soit la digitalisation de l’éducation, pour amener les enfants à apprendre d’une autre manière. J’ai également introduit le HSC Pro, pour mieux préparer les étudiants au marché du travail.
J’avais aussi fait bannir les leçons en 4e et permis aux enfants de rester à l’école jusqu’à 17h30 pour faire des activités. Mais aujourd’hui, avec le PSAC, les leçons ont repris dès la 3e, car il y a la première partie des examens en Grade 5. L’accès aux collèges est toujours basé sur la performance. Moi, quand j’avais planifié le Nine Year Schooling, l’objectif était que des classes entières, filles et garçons, bougent ensemble en Grade 7. Nous avions déjà fait un “mapping” pour cela.

Faut-il maintenir le SC et le HSC selon vous ?
Ce système est un système colonial. Nous n’arrivons pas à nous en débarrasser alors que l’Angleterre elle-même a déjà changé ses examens. Aujourd’hui, les pays du Commonwealth font l’IGCSE, le O level, le A level… Il n’y a qu’à Maurice où le SC et le HSC existent encore. C’est un peu comme le dodo… Soit dit en passant, Cambridge n’a jamais imposé cinq “credits”. Les critères pour réussir son SC, c’est d’avoir un “aggregate” de 36 au maximum, avec deux “credits”, et trois “pass” au minimum dont en anglais. Si l’examinateur, lui, décide qu’avec cela, le candidat peut faire son A level, pourquoi lui en imposer plus ? De plus, on ne fait que trois A level en HSC, alors que les universités en acceptent deux.
Ce critère de cinq “credits” est au détriment des collèges privés subventionnés, qui se retrouvent avec des classes vides. À la longue, c’est la survie de ces collèges qui est menacée. Malheureusement, à chaque fois qu’ils se tournent vers la PSEA, on dit qu’ils viennent chercher de l’argent. Mais le problème est tout autre. J’ai soutenu les collèges privés subventionnés et je n’ai jamais gaspillé les fonds publics. Il y a un collège, par exemple, qui a investi dans les infrastructures, avec piscine, théâtre en plein air, etc. C’est dans l’intérêt des enfants.

YUGESHWUR KISTO (président GSSTU) :« Réinstaurer la
compétitivité et la discipline »

YUGESHWUR KISTO (président GSSTU)

Une semaine après les résultats du SC, quel est le constat dans les collèges d’État ?
Le pourcentage des candidats qui ont obtenu leur SC est plus ou moins similaire aux années précédentes. Je tiens à faire ressortir qu’il y a une augmentation au niveau de ceux ayant obtenu cinq “Credits”. La GSSTU lance donc un appel au ministère pour que ces élèves puissent avoir les options nécessaires pour monter en Grade 12. Nous demandons de revoir le nombre minimal d’élèves requis afin qu’un établissement secondaire puisse offrir une matière en Grade 12. De même, que le ministère et les recteurs montrent plus de flexibilité envers les combinaisons offertes afin d’accueillir le maximum d’élèves. Au cas contraire, beaucoup d’éducateurs se retrouveront en surnombre. Si les éducateurs de MEDCO peuvent être absorbés par le système, ce n’est pas compliqué d’étendre le même principe aux éducateurs d’État.
Deux semaines après la grande rentrée, force est de constater que l’exercice de transfert des éducateurs n’est pas encore achevé. Pire, beaucoup d’éducateurs et de recteurs ont été pris au dépourvu avec le chamboulement désordonné à la veille de la rentrée. Cette année, pour la première fois, on n’a pas cru valable de consulter les syndicats des éducateurs. Ce qui a résulté en un exercice chaotique. D’autre part, il y a des collèges qui manquent toujours d’enseignants.

On dit que lorsque les élèves travaillent mal, les enseignants sont aussi responsables. Qu’en pensez-vous ?
À Maurice, à chaque fois qu’on a les résultats, c’est la même chanson. Quid des élèves, des responsabilités parentales et conditions de travail ? L’échec d’un enfant peut être attribué à une panoplie de facteurs. Notre système d’éducation doit être remis en question. La réalité de la classe est tout autre : l’accès à l’Internet est risible, les classes sont bondées, plusieurs outils pédagogiques ne sont point disponibles… Une table ronde avec les parties prenantes de l’éducation s’impose pour pouvoir remédier à la situation.
Aussi le travail des éducateurs est vérifié par les responsables du ministère, des recteurs et des officiels de la Quality Assurance and Inspection Division. Nous avons les formulaires du Performance Management System à remplir, les programmes de travail quotidien, hebdomadaire et pour le trimestre, y compris les contrôles académiques. Mais la question que l’on se pose : depuis l’avènement de la QAID est-ce qu’il y a une amélioration des résultats ? Avec l’augmentation des “paperworks”, est-ce que l’apprentissage se fait mieux ? Les officiels de la QAID sont censés être des facilitateurs, est-ce le cas pour tous ?

Selon vous pourquoi est-il difficile pour la majorité des candidats d’obtenir ces fameux “Credits” ?
C’est un amalgame de facteurs, y compris un manque de volonté et d’assiduité de la part de certains élèves, la surexposition aux médias sociaux pour des fins non-pédagogiques, la surtolérance et le laisser-aller parental. L’indiscipline qui est un gros souci et on demande au ministère de venir rapidement avec des solutions concrètes. Il y a le manque de considération pour le sacrifice personnel lié à l’éducation car presque tout est gratuit. Considérons également la présence des parents aux réunions parents-enseignants ou quand ils sont convoqués. Le manque de communication entre parents, enfants et enseignants ne joue pas en notre faveur. Il y a aussi des facteurs externes tels que le microcosme familial, le voisinage, les groupes d’amis, etc. Je fais un appel aux parents afin que leurs enfants continuent le travail académique à la maison et à les inculquer, en simultané, les valeurs sociales et morales.

La GSSTU est pour le maintien des cinq “Credits”. Pourquoi ?
Pour la bonne et simple raison que la qualité de l’éducation est importante. La ré-introduction des 5 credits aidera petit-à-petit a ré-instaurer la culture de la compétence, de la compétitivite et de la discipline. Parents et élèves finiront par en réaliser l’importance. Nos ressources humaines sont très importantes, on ne peut accepter un nivellement vers le bas. Démocratiser l’accès à l’éducation ne veut pas dire finir en une nation d’assistés. Combien de ceux qui sont parvenus en Grade 12 avec 3 credits ont-ils reussi leur HSC? Même au niveau des universités, on est en train de pointer du doigt le niveau des admis, alors quid de nos professionels de demain? Mais ca ne veut pa dire qu’il faut négliger ceux n’ayant pas obtenu les 5 credits, d’ailleurs ils ont la possibilite de reconcourir pour le SC, ou de s’acheminer vers les centres de formation. Il faudra sensibiliser la population sur  l’éducation vocationnelle qui ne doit pas etre considérée comme un echec academique. Cela passe par une évolution de la mentalité et de la perception des choses.

Vous avez exprimé votre désaccord sur la notation pour l’Hinduism aux examens du SC 2019. Pourquoi ?
Les élèves ayant obtenu une moyenne de 50 points au dernier SC ont décroché un ‘E’. Pour un «credit», ils devaient obtenir une moyenne de 70 points. Ce n’était pas le cas auparavant. Au titre comparatif, pour la majorité des autres matières, le «credit» tourne autour de 40 points ou moins, quand on regarde le seuil de classement de Cambridge. Les élèves croient qu’obtenir une moyenne de 50 points leur donne un «credit» – comme c’est le cas lors des examens internes de grade 7 à 11 et les mock exams. Donc, enseignants et élèves ont été pris de court avec ce changement si drastique et inattendu. Avec cette mesure qu’on juge inappropriée, 249 élèves ont obtenu un «pass» de 8 et 254 ont obtenu un «pass» de 7. Si barre n’avait pas été placée si haute pour l’hinduism, ils auraient pu obtenir un «credit» et accéder en grade 12.

Selon vous, le SC et le HSC sont-ils toujours adaptés pour Maurice ?
C’est un débat qui requiert une réflexion et une analyse approfondies. Le gouvernement projette la vision d’une île moderne avec plus d’ouverture et d’opportunités pour nos jeunes au niveau académique ou vocationnel. Mais tout cela demande une structure bien définie. On doit aussi prendre les opinions des acteurs du secteur et non faire semblant, comme cela a été le cas pour les nouveaux manuels. Les chapitres ont augmenté mais le temps de travail attribué aux enseignants a diminué, malgré la protestation des éducateurs. Le secteur éducatif étant dynamique, on doit considérer la demande sur le marché. Le pays a beaucoup de défis à relever. Alors, on a besoin d’une méthode de pensée avant-gardiste, structurée et préemptive et non renfermée, qui doit se traduire en une refonte du système en éliminant les superflus bureaucratiques, la paperasserie et en se concentrant sur le rehaussement soutenu de la compétence à tous les niveaux.