Tizan ar so 8 frer contient des thématiques les unes plus d’actualité que les autres. La famille est omniprésente, mais ce sont les multiples façons dont elle est déclinée qui fait son originalité.

Les parents, dans l’extrême pauvreté, vivent la terrible ambivalence de se séparer de leurs enfants dans l’espoir d’un avenir meilleur pour eux au contact de personnes qui les recueilleraient éventuellement.

L’abandon, suivi de la culpabilité, s’invitent tout naturellement dans cette trame dramatique, que seuls Tizan e so 8 frer défieront tout au long de l’histoire, au péril de leur vie.

À côté de la vie, sont abordés les thèmes de la peur, de l’angoisse, allant jusqu’à la mort violente, caractérisée et symbolisée par la présence et l’action non intentionnelle du méchant ogre, chez qui les enfants auront trouvé refuge.

Le jeu occupe une place importante à côté de cette tendresse bordant sur la grande souffrance maternelle et parentale, en certains endroits de l’histoire. Il renvoie, en fait, à la relation première de l’être humain pour faire face à son destin d’abandonné dans une perspective psychanalytique.

Sont aussi intéressantes la solidarité des enfants entre eux et leur capacité de débrouillardise.

Au-delà de toutes les thématiques abordées, le fait même de faire évoluer autant de personnages ouvre des espaces illimités en matière de personnalités différentes, soulignées de traits spécifiques.

Finalement, c’est le thème de l’imaginaire qui est le véritable fil conducteur de cette comédie musicale. Un imaginaire qui, analysé de la perspective de Lacan, prend effectivement une signification par le fait qu’il dépasse le symbole pour devenir symbolique parce que symbolisé de manière thérapeutique.